Un mélange harmonieux de styles

RÉDACTION PUBLICITAIRE / L’hôtel de ville de Chicoutimi, monument portant la signature de l’architecte Alfred Lamontagne, figure parmi les plus beaux édifice anciens de Saguenay.

L’imposant édifice, construit par la firme Lamontagne, Gravel, Brossard, présente un amalgame de styles architecturaux. En scrutant le bâtiment, on remarque tantôt une influence Art Déco, des marques du savoir-faire des Beaux-Arts, tantôt des caractéristiques gothiques ou encore des traits de l’ère moderniste.

Chantiers de la Crise économique
Haut lieu de la vie politique municipale, de Chicoutimi et, depuis la fusion de 2002, de Saguenay, l’hôtel de ville de Chicoutimi a été érigé en 1932, et sa réalisation a été rendue possible grâce au programme d’aide aux chômeurs pendant la Crise économique. Ce dernier a d’ailleurs donné naissance à plusieurs grands chantiers dans les années 1930, dont l’ouverture de la rue de l’Hôtel-de-Ville, suite à la canalisation de la rivière aux Rats.

Influence Art Déco et gothique
Le contraste marqué entre la pierre de granit noire des marbriers Delwaïde et Goffin qui pare le bâtiment, et les accents de pierre claire des contreforts stylisés, évoquent les inclinaisons Art Déco de l’École d’Amsterdam (Amsterdamse School), un style très populaire dans les années 1910 à 1940. L’École d’Amsterdam, un mouvement d’architectes inspirés des grands courants de l’époque comme l’art déco, le Bauhaus et l’expressionnisme, se caractérise par ses façades arrondies organiques, ainsi que ses éléments purement décoratifs et non-fonctionnels (par exemple, des pinacles, des sculptures et des fenêtres originales.

Le parement de pierre texturée rappelle également la tradition gothique. D’ailleurs l’apparence rugueuse de la pierre donne au bâtiment une certaine austérité qui vient amplifier la silhouette trapue de la tour de l’horloge et l’élancement de l’ordonnance.

Formes modernistes
Autre trait architectural digne de mention : la forme du bâtiment. L’hôtel de ville de Chicoutimi arbore un volume cubique aux formes épurées typique du modernisme.

Des aménagements marqués par les beaux-Arts
L’intérieur de l’hôtel de Chicoutimi met en valeur le savoir-faire des Beaux-Arts. Cette influence se voit notamment dans l‘assemblage savant de la commodité des services ainsi que dans la solennité des espaces de représentation.

La prochaine fois que vous passerez sur la Racine ou que vous ferrez une halte à la Place du Citoyen, attardez vous aux détails architecturaux de l’hôtel de ville de Chicoutimi, vous découvrirez un bâtiment d’une grande valeur architecturale.

Source : Lucie K. Morisset, Luc Noppen, Patrick Dieudonné, Patrimoines modernes : L’architecture du vingtième siècle à Chicoutimi.

LE CÉNOTAPHE DE CHICOUTIMI

Le Cénotaphe de Chicoutimi, est une œuvre de l’artiste sculpteur Armand Vaillancourt. Ce monument forme un assemblage de plaques de fer, soudées les unes aux autres, selon les lignes plus ou moins régulières. Fixée à la base, une table de bronze solide reproduit les noms des dix-sept Chicoutimiens morts sur le champ de bataille. Dans la base de ciment, il y a une plaque qui indique qu’on y a déposé de la terre en provenance d’un cimetière de Normandie qui a été prise sur une tombe d’un Chicoutimien décédé lors du débarquement en juin 1944. (Cette terre a été recueillie par le Sergent Robert Tremblay lors de son voyage au couronnement de la Reine Elizabeth II en 1953.)

Le Cénotaphe peut suggérer l’idée d’un arbre déchiqueté, privé de ses branches. Les uns y voient la bouche d’un canon éclaté, après le passage d’un obus. D’autres y reconnaissent un amas de ferrailles que l’on rencontre sur les théâtres de querres. Certains y voient la silhouette d’un homme élevant les bras d’un geste de supplication.

L’initiative d’ériger un tel monument et sa réalisation reviennent au Jeune Commerce de Chicoutimi de l’époque.

Source: www.armandvaillancourt.ca

Le Cénotaphe de Chicoutimi.