Organisation conceptuelle du site - Fenêtre sur le fjord.

Trois projets pour revaloriser le site de la Consol

RÉDACTION PUBLICITAIRE / Dans le cadre du Congrès de l’Ordre des architectes du Québec (OAQ), qui s’est déroulé à Saguenay les 20 et 21 septembre derniers, le Cégep de Chicoutimi a été l’hôte d’une charrette portant sur la requalification du site de l’ancienne usine de Port-Alfred, à La Baie.

L’exercice de création, auquel ont participé des architectes du Québec, des urbanistes et des étudiants en architecture du Cégep de Chicoutimi, a eu lieu au Département de Technologie de l’architecture. 

Au total, trois équipes multidisciplinaires ont participé à la charrette. Chaque équipe devait imaginer un projet visant à transformer le site désaffecté de la Consol et bien sûr, rendre ces installations accessibles à la population. 

«L’un des principaux défis de la charrette résidait dans le fait que les participants devaient avoir une vision du futur, tout en étant réalistes et créatif. L’objectif était de créer un lieu attractif qui s’imposerait comme un incontournable, tout en répondant à des besoins immédiats et futurs», souligne l’architecte Maude Thériault.

«Dès les premiers instants de la charrette, nous avons pu constater que nous étions en présence de trois types de concepteurs très différents. Une première équipe était formée de créateurs beaucoup plus cérébraux. La seconde équipe était davantage orientée vers le technique et les technologies. Tandis que la troisième équipe formait un mélange de gens cartésiens et techniques. Ce qui a donné des résultats très intéressants».

Parvis des marées, plan été.
Parvis des marées, plan hiver.

Le parvis des Marées

L’équipe Les touristes - formée des architectes Jean Beaudoin, Stéphanie Caron et Maude Hallé-Saint-Cyr, de la communicatrice Christine Lanthier et de trois étudiantes du programme de technologie de l’architecture du Cégep de Chicoutimi, Mélissa Gagné, Isa Hérode et Marianne Lafrance - a choisi de baser son concept sur deux grands thèmes, soit le plan d’eau et l’arrimage à la ville.

Les membres de cette équipe étant tous de l’extérieur de la région ils ont été fort impressionnés par les imposantes marées de 6 mètres, ce qui est exceptionnel quand on est situé à quelque 1000 km de la mer. Aussi, celles-ci sont devenues le point d’ancrage de leur concept. Jouant avec les thèmes entourant la marée  pour créer des repères - marée haute/ basse, marée d’une rive industrielle et collective à une rive naturelle, marée humaine, plan d’eau et plan de glace – Les touristes se sont appuyés sur une perception de l’espace en fonction des attraits qu’offrent la ville et le fjord pour élaborer leur concept.

Un aperçu du type de cabanes proposé pour le projet le Parvis des marées.

Autre point notable, le Parvis des Marées a été pensé pour  profiter du site été comme hiver, un élément important, puisqu’il se déroule déjà des activités majeures dans le secteur durant ces deux périodes, ce qui facilitera l’appropriation des lieux par la population. 

Voici les principaux éléments du projet :

  • Relocalisation de la voie ferrée pour faciliter l’accès au site.
  • Utilisation de l’espace riverain par les touristes et la population 
  • Arrimage à la ville par la création d’un lien (un long trottoir qui serait le prolongement du parvis) qui part de l’église Saint-Édouard pour se terminer dans les eaux de la baie des Ha ! Ha !, des percées visuelles à partir des Avenues, des terrasses en escaliers jusqu’au plan d’eau dans lesquels seraient intégrées différentes infrastructures (bibliothèque linéaire, école, commerces et habitation) pour attirer la population et faire vivre ce lieu. 
  • La création d’un espace boisé entre la rue et la plage.
  • Arrimage du site au fjord par la création d’une piscine dans la baie et l’ajout de 300 cabanes. Ces cabanes à pêche seraient à la fois des éléments artistiques sur la plage, des lieux récréotouristiques et des éléments d’expression architecturale.
Consol@ 2 nids

Consol @ 2 nids

Les Denis-Veaux - équipe formée des architectes Marika Frenette, Luc Fortin et Denis S. Bergeron, du professeur Paul Hortegat, enseignant belge invité du département technologie de l’architecture, de l’urbaniste Yan Claprood, d’une étudiante du programme d’architecture de l’Université Laval, Mia-Kim Bouchard et de deux étudiants du programme de technologie de l’architecture du Cégep de Chicoutimi, Simon Maltais et Florence Gagnon -  a quant à elle, décidé d’orienter son projet en fonction de la vision des citoyens. Elle a donc greffé à son équipe deux étudiantes en technologie de l’architecture, ainsi qu’un résident de La Baie. Le résultat de ce travail de concertation a donné le projet Consol @ 2 nids.

Consol @ 2 nids étant un concept axé sur l’humain, il se dégage de ce dernier un certain bien-être. D’entrée de jeu, l’équipe a choisi de créer une interaction entre le Privé, le Public et la population, pour s’assurer que tous les types d’utilisateurs seraient intégrés au projet. Pour imaginer le concept, l’équipe s’est basée sur une perception de l’espace en fonction des accès terrestres et maritime.
On y retrouve donc d’importantes percées visuelles des Avenues à partir du boulevard de la Grande Baie.

Consol @ 2 nids se distingue par :

  • Son accès dans le prolongement de l’église Saint-Edouard vers un «Lieu de
    mémoire» racontant l’histoire de l’usine, du quartier, des gens qui y ont vécu et travaillé.
  • Une esplanade, avec fontaine qui s’avance sur la baie et au bout de laquelle on retrouve un impressionnant plan d’eau miroir. 
  • Un accès en terrasse au-dessus des voies ferrées. 
  • Une esplanade d’observation près de la Baie. 
  • Des services de proximité sur la plage.
  • Une jetée sur la baie. 
  • L’usage hivernal du plan de «glace» patin, kite surf, pêche 
  • L’usage de nuit grâce à l’éclairage des sentiers piéton et patin.
    L’éclairage de nuit s’inscrit dans l‘ère des nouveautés actuelles et c’est la seule équipe qui a pensé à cet aspect.
Fenêtre sur le fjord

Fenêtre sur le fjord

L’équipe formée des architectes Luc Beaumier et Guillaume Poitras et de trois étudiants du programme de technologie de l’architecture du Cégep de Chicoutimi, Mathieu Larouche, Marc-Antoine Cauchon et Jérémy Verville a pour sa part choisi d’exploiter le plan d’eau en se référant à son histoire (le flottage du bois) et à la glace.

Parmi les points forts de ce projet, soulignons sa zone bien définie. En effet, les participants ont pris soin de bien délimiter l’espace. Ainsi le projet s’étendrait du quai d’escale jusqu’au Musée du Fjord, et les accès principaux serait situés  dans l’axe de l’église Saint-Édouard, sur la 1re Avenue et à l’extrémité Est du site.

Autre élément distinctif, le parc aménagé entre l’église et la 1re Rue, soit l’espace qu’occupait jadis le stationnement de l’usine.  

Voici d’autres caractéristiques du projet :

  • Des gradins au fil de la marée, permettant de s’imprégner du jeu des marées. 
  • Un usage de la plage et le développement d’un volet récréotouristique quatre saisons par le biais de : refuges pour les sports d’hiver et d’été,  pavillon les «pieds dans l’eau», de l’hébergement permettant de vivre l’expérience des marées, ainsi que des espaces de détente et d’observation.
  • Des installations facilitant la pratique de sports nautiques : kayak, pêche estivale et hivernale, kite, etc.

Des concepts harmonieux

«Chaque concept présenté comportait des éléments distinctifs, mais il est aussi intéressant de constater qu’il y avait un fil conducteur d’un projet à l’autre. Je pense, entre autres, à l’intention de créer un site accessible à l’année, à l’utilisation de l’église Saint-Édouard comme pôle d’entrée, à l’exploitation de la marée comme élément actif de la vie du plan d’eau, à la voie ferrée, considérées par toutes les équipes comme un obstacle à contourner pour accéder au site, à l’intégration des usages existants, notamment de la pêche, à l’idée d’habiter le site de façon permanente ou temporaire et au désir de favoriser la prise en charge des lieux par la population », note Mme Thériault.

Dépôt à la ville

Les trois projets issus de la charrette multidisciplinaire ont été remis à la Ville de Saguenay et Mme Thériault assure qu’elle fera un suivi auprès des instances municipales.