La firme ARDOISES architecture a investi plus de 2,5 M$ pour donner une seconde vie au 250 rue Racine Est, mieux connu sous le nom d’édifice Chlorophylle.

Recyclage de bâtiment: l'édifice Chlorophylle revit

RÉDACTION PUBLICITAIRE / Le 250 rue Racine Est, mieux connu sous le nom d’édifice Chlorophylle revit. La firme ARDOISES architecture, qui s’est portée acquéreur du bâtiment en janvier 2017, a investi plus de 2,5M$ pour donner une seconde vie à cette emblématique bâtisse et la mettre en valeur.

Le bâtiment, qui occupe le grand terrain à la jonction des rues Racine et Lafontaine, a été entièrement restauré et arbore aujourd’hui un nouveau visage; apportant du même coup un vent de dynamisme à ce secteur du centre-ville.

«Mes partenaires d’affaires et moi recherchions un bâtiment au centre-ville qui pourrait à la fois nous permettre de relocaliser notre firme d’architecture et servir de vitrine à notre expertise. Notre intention était de concevoir un projet dans le respect des valeurs du développement durable. Puisque la récupération de bâtiment est l’une des premières valeurs, nous voulions réaliser notre projet à partir d’un bâtiment existant. Aussi, nous lorgnions le 250 Racine Est, depuis un certain temps. Ce bâtiment industriel est bien construit et nous considérions qu’il avait encore beaucoup de potentiel. De plus, l’emplacement et la notoriété de ce dernier sont très intéressants. Bref, il nous apparaissait comme le lieu parfait pour se lancer dans un projet de recyclage de bâtiment », explique Bastien Boudreault, architecte et responsable du projet.

L’opportunité d’acquérir le bâtiment convoité s’est finalement présentée aux hommes d’affaires à la fin de 2016 et ces derniers n’ont pas hésité à saisir l’occasion. Au début de janvier 2017, ils devenaient officiellement propriétaires du 250 Racine Est.

Seuls le parement extérieur au fini cuivre, la marquise qui marque l’entrée et la nouvelle fenestration indiquent que le bâtiment a été rénové.

Un passé industriel toujours bien présent

La bâtisse datant d’une quarantaine d’années a maintenant une vocation d’édifice à bureaux, mais elle a tout de même conservé son cachet industriel. En effet, les architectes ont tenu à préserver la personnalité du bâtiment en donnant une facture industrielle aux aménagements.

La structure du bâtiment a été très peu modifiée, pour ne pas dénaturer le bâtiment. Un seul agrandissement a été effectué pour accéder à l’étage et pour apporter de l’éclairage naturel au centre de l’édifice. Par contre, tout ce qui touche les systèmes électromécaniques (entrée électricité, ventilation, climatisation, plomberie, etc.) a été replacé.

«Le caractère du bâtiment n’a pas été changé. Pour mettre en valeur le cachet, nous avons essentiellement misé sur l’éclairage et les composantes existantes, comme les planchers de béton et les éléments structuraux. Même lorsque nous avons remplacé les fenêtres, nous avons pris soin de choisir un modèle qui n’altèrerait pas la personnalité du bâtiment», affirme M. Boudreault.

Vu de l’extérieur, le 250 Racine Est arbore sensiblement le même style. Seuls le parement extérieur au fini cuivre, la marquise qui marque l’entrée et la nouvelle fenestration indiquent que le bâtiment a été rénové.

Par contre, lorsqu’on entre, on a l’impression d’entrer dans un édifice neuf. Tout a été refait. Les deux éléments architecturaux les plus marquants sont assurément l’imposant escalier jaune qui mène au bureau d’ARDOISES architecture et la structure en bois massif.

«Nous avons utilisé le langage industriel dans toute notre architecture. Par exemple, dans le bâtiment principal, la structure de béton a été laissée apparente. Nous avons aussi mis en valeur le bois, une ressource naturelle avec laquelle nous aimons travailler et qui, de plus, est en lien avec le développement durable. L’annexe, dont la structure mixte est en bois et en acier, en est un bel exemple. Le pontage apparent en bois fait un rappel à la facture industrielle, tandis que le parement de bois, qui sert à la fois d’éléments décoratifs et de contrôle acoustique, met quant à lui davantage en valeur l’aspect esthétique du bois», explique l’architecte associé d’ARDOISES architecture.

L'imposant escalier jaune est l'un des éléments architecturaux les plus marquants.

Le temps : un défi de taille
L’équipe d’ARDOISES architecture a eu plusieurs beaux défis à relever avec ce projet. En outre, le respect des délais s’est avéré un enjeu majeur, car la firme ne disposait que de quelques mois pour effectuer l’ensemble des travaux. Le 1er juillet ARDOISES architecture devait être en mesure d’emménager dans ses nouveaux bureaux et le 1er août, le Moulin à Cie venait s’installer à cette adresse. De plus, le siège social de Chlorophylle devait pouvoir maintenir ses activités.

Pour respecter toutes ces exigences, les promoteurs ont opté pour le « design built », c’est-à-dire qu’ils réalisaient les travaux au fur et à mesure que les plans étaient élaborés. Au final, huit lots de construction ont été faits pour mener à bien ce projet.

Le pontage apparent en bois fait un rappel à la facture industrielle.

Recycler au lieu de démolir et reconstruire
Les architectes et associés d’ARDOISES architecture n’ont pas fait le choix de recycler le 250 Racine Est par souci d’économie, mais bien par désir de conserver un édifice sain, rempli de potentiel et qui, de surcroit, est représentatif pour le secteur du centre-ville de Chicoutimi.

Il faut dire que la firme d’architecture a plusieurs projets de recyclage de bâtiments à son actif au centre-ville. C’est le cas, notamment de l’édifice de la BDC - Banque de développement du Canada, situé sur la rue de l’Hôtel de Ville.

Alors que les centres-villes perdent de leur personnalité au détriment de constructions neuves, que pour récupérer des terrains on choisit de passer de vieux bâtiments sous le pic des démolisseurs au lieu de les rénover ; le projet de recyclage de l’édifice Chlorophylle démontre qu’on peut faire du neuf avec un vieux bâtiment et surtout, qu’en donnant une seconde vie à un édifice emblématique on contribue à conserver le cachet authentique d’un secteur, tout en revitalisant ce dernier.

Le parement de bois du corridor au rez-de-chaussée sert à la fois d’éléments décoratifs et de contrôle acoustique.