Avant de mettre le cap sur Syracuse, Éric Veilleux assiste fièrement au camp d’entraînement de son fil Alexim à Victoriaville.

Une vie de nomade

Un premier match préparatoire dans la LHJMQ, ça amène à l’aréna des parents fiers de leur fils.

Pour certains, ce sera la seule occasion de toucher à ce calibre de jeu, après y avoir rêvé depuis qu’ils sont gamins. Pour d’autres, c’est la première étape d’une carrière junior qui peut s’étirer sur cinq ans. Dans les deux cas, il y a de la nervosité dans l’air, et pas seulement sur la surface de jeu! Dans les gradins, il y a d’ailleurs bien souvent plus de familles de joueurs que de fans en août…

Éric Veilleux s’est faufilé parmi cette foule de plus de 800 personnes dimanche après-midi. L’ex-pilote des Cataractes – le seul en cinq décennies à avoir mené l’équipe à un championnat – n’était pas en complet comme à son habitude. Non, il était en mode «vacances», venu épier son garçon Alexim qui tente de se faire une place chez les Tigres. Alexim a joué dans le junior A ontarien l’an dernier, il essaie de créer une surprise en forçant la main de Louis Robitaille et de Kevin Cloutier, à 18 ans. Il a sensiblement le même gabarit que son papa... et il aime aussi déranger sur la glace. Son père s’est fait une place sur le tard dans la LHJMQ, il rêve du même tour de force. «Mon seul conseil fut de grinder sans relâche. Ce n’est pas évident en match simulé face à des gars de la même organisation mais là, c’est contre une autre équipe. Il n’y a pas d’excuse pour ne pas avoir la pédale au plancher», racontait Veilleux entre deux poignées de main.

Un coup de fil qui a tout changé

On reconnaît là le petit général, débarqué au Centre Gervais Auto avec ses proches et ses amis. S’il a passé la dernière semaine à Victoriaville, ce sera vraisemblablement sa seule visite à Shawinigan puisqu’il va bientôt mettre le cap sur Syracuse. Pour ceux qui auraient raté la nouvelle en pleine canicule estivale, Veilleux a effectivement abandonné son titre de pilote des Mooseheads pour aller seconder Benoît Groulx dans la Ligue américaine.

«J’ai reçu un coup de fil pour savoir si j’avais de l’intérêt, puis tout s’est enchaîné», explique simplement Veilleux. «J’avais dirigé avec Ben il y a quelques années à la Super Série Subway, nous sommes toujours restés en contact. Nous avons eu de bonnes discussions hockey à travers les années. Je ne serais pas retourné n’importe où comme adjoint, ni avec n’importe qui. Mais avec Ben, je sens qu’il peut m’apporter des choses, et que le contraire est vrai, alors c’est très intéressant. Et puis, l’organisation en est une de première classe. Tu le vois juste en réunissant trois entraîneurs-chefs au sein d’une même équipe que cette organisation a une vision… J’ai eu le goût d’embarquer là-dedans.»

Veilleux précise qu’il était loin d’être malheureux à Halifax. À titre de pilote du club hôte du tournoi, il a mené les Mooseheads en finale de la Coupe Memorial le printemps dernier. Les Mooseheads seront à nouveau dans la course cette année… avec Benoît-Olivier Groulx comme l’un des chefs de file de l’équipe. Mais Veilleux a plutôt choisi de faire équipe avec son père au sein du club-école du Lightning de Tampa Bay dans la Ligue américaine!

Cette décision va lui permettre d’épingler une nouvelle ville à sa tournée nord-américaine. Après avoir quitté Shawinigan au printemps 2012, il a dirigé à Baie-Comeau, Norfolk, San Antonio et Halifax. Ah oui, il avait aussi accepté le poste de pilote et de directeur-gérant des Tigres de Victoriaville, qu’il a occupé le temps de quelques semaines seulement durant un été où finalement, il a préféré retourner chez les pros! «Disons qu’on commence à être pas pire pour faire des boîtes», sourit Veilleux, en convenant imposer une vie de nomade à son petit clan. «Le hockey est un milieu où tu dois saisir les bonnes opportunités… Les déménagements, ça vient avec!»

Pendant ce temps, Alexim ne demande certainement pas mieux que de s’enraciner quelques années dans les Bois-Francs…