Jean-François Damphousse côtoie maintenant les dépisteurs et les journalistes sur les galeries de presse, après avoir accepté un nouveau défi proposé par la LNH.

Un nouveau défi stimulant pour Damphousse

CHRONIQUE / C’est un ex-choix de première ronde qui a maintenant le mandat d’épier les meilleurs éléments qui seront éligibles au prochain repêchage de la LNH.

L’Aleximontois Jean-François Damphousse s’est joint à la centrale de recrutement de la LNH en début de saison, après deux ans passés à la tête du programme des Aigles bleus de l’université de Moncton. Il a obtenu le mandat de couvrir la LHJMQ, et doit aussi passer du temps en Ontario et aux États-Unis pour être en mesure d’avoir un regard complet sur la prochaine fournée du circuit Bettman.

«Je suis content, c’est une très belle opportunité», sourit Damphousse, qui a posé sa candidature lorsque celui qui occupait le poste auparavant s’est joint aux Blues de St.Louis. «Je n’avais pas pensé à levé la main mais il m’a invité à le faire, alors j’ai mis mon nom dans le chapeau! J’ai eu de bonnes discussions avec les gens de la LNH, et j’ai été très heureux d’avoir été choisi.»

C’est un poste à temps plein, exigeant par les nombreux déplacements qui viennent avec. Damphousse a donc dû renoncer à son poste avec les Aigles bleus, lui qui avait auparavant dirigé pendant de nombreuses années l’équipe junior A de son patelin d’adoption, Dieppe. «C’est différent de ce que je faisais avant, mais j’adore ça. J’ai la chance de côtoyer beaucoup d’hommes de hockey d’expérience, de parler avec eux du métier et de confronter nos idées. J’aime beaucoup ces discussions, c’est très enrichissant. À la fin de la journée par contre, c’est mon évaluation des joueurs que je transmets», souligne-t-il.

Il n’est évidemment plus aussi souvent à la maison. Le plus gros deuil, il l’a encaissé… dans le hockey mineur. Habitué de diriger son fils depuis ses premiers coups de patin dans le hockey organisé, il a dû se résoudre à remettre son sifflet. «Mes enfants sont plus vieux, à la maison ça passe mieux si je suis moins présent. J’avoue toutefois que j’ai trouvé difficile de ne plus être sur la glace avec mon garçon, qui évolue dans le peewee AAA», confie Damphousse. «J’essaie de ne pas me tenir trop loin de l’équipe, mais c’est ce n’est pas pareil. L’équipe a été choisie pour participer au tournoi peewee de Québec, j’espère que mon horaire va me permettre d’assister au tournoi!»

En passant, Benjamin n’a pas suivi les traces du paternel. C’est le poste de défenseur qui l’a séduit. «Et c’est bien correct comme ça! Enfant, on lui avait acheté un petit équipement de gardien, pour s’amuser à la maison, mais ça ne l’a jamais vraiment attiré…», confie celui qui a disputé six matchs dans la LNH, coincé dans une organisation – les Devils du New Jersey – qui s’appuyait sur un certain Martin Brodeur entre les poteaux à cette époque.

Plus près de papa

Ce que Damphousse a perdu à la maison, il compense un peu en renouant davantage avec son papa, qui réside toujours à Saint-Alexis-des-Monts. «En étant basé à Dieppe, je ne le voyais pas autant que je le voulais depuis plusieurs années. Voilà que mon travail m’amène beaucoup plus souvent au Québec, j’en profite pour passer du temps avec lui. Je viens régulièrement couché à Saint-Alexis-des-Monts, c’est un des beaux côtés de mon nouvel horaire.»

Damphousse se voit épouser ce nouveau mode de vie pendant un bon bout de temps. «C’est un très beau tremplin pour moi. La synergie au bureau de la Centrale est stimulante, j’aime travailler en équipe. On me demande parfois si j’espère ensuite me joindre à une équipe de la LNH mais je te dirais que pour l’instant, je me plais énormément dans mes nouvelles fonctions.»

Un peu plus à l’écart du hockey junior depuis quelques années, il découvre un calibre de jeu enrichi à ses yeux. «À mon époque aussi, il y avait de bons joueurs, mais il y avait également plusieurs joueurs de rôle. De nos jours, il y a certainement plus de talent sur la glace, plus de profondeur dans les habiletés. C’est très intéressant à regarder!

Les rangs universitaires, une carte cachée

Fraîchement sorti du réseau universitaire canadien, Jean-François Damphousse croit que les dépisteurs de la LNH devraient s’intéresser un peu plus à ce calibre de jeu.

«Pour moi, c’est certainement une carte cachée. Dans les Maritimes, entre deux matchs, il n’est pas rare de voir des dépisteurs assister à un match universitaire et ils sont toujours impressionnés par le calibre de jeu. On pourrait facilement bâtir une équipe professionnelle qui serait compétitive à partir des joueurs dans cette ligue», affirme-t-il.

Pourtant, contrairement à la NCAA, les rangs universitaires canadiens sont actuellement boudés par le public… et la majorité des équipes du circuit Bettman. 

«C’est la faute à qui? La réponse n’est pas simple. La Ligue peut certainement en faire plus pour mousser son produit. Localement, les équipes ont elles aussi un travail à faire. Si on pouvait placer des matchs au petit écran, la notoriété de ce calibre de jeu serait à la hausse à mon avis.»