Un mariage douteux

COMMENTAIRE / Au moment où l’occasion était parfaite de se tourner vers les jeunes, Marc Bergevin pige dans le passé pour tenter de secouer son équipe.

Il y a 10 ans, signer Ilya Kovalchuk aurait constitué un coup de maître. Un des joueurs les plus électrisants de sa génération. Mais, ce joueur n’existe plus, sauf dans les archives. Le Russe n’est plus qu’une pâle copie de lui-même, rattrapé par le temps. Même les Kings de Los Angeles, pourtant désespérément à la recherche d’attaque, l’ont fichu à la porte cet automne. Depuis, il attendait près du téléphone. Disons que ça ne s’est pas précipité pour l’embaucher, ça fait un mois et demi qu’il est sans emploi…

Bien sûr, Marc Bergevin a raison, son embauche ne coûte rien. Ça peut même donner quelques jours de répit à son monde dans le chaud et bouillant marché montréalais. L’embauche de Kovalchuk a d’ailleurs été saluée par pas mal de partisans sur les médias sociaux.

Mais bon, ce sont sûrement ces partisans qui ont fait la vague au dernier match de l’équipe, quand le Canadien tirait de l’arrière. Des confrères ont fait remarquer que c’était la première fois de leur carrière qu’ils voyaient ça! Ce public se contente maintenant de très peu.

Reste à voir combien de temps Kovalchuk pourra survivre sous les ordres de Claude Julien. À tort ou à raison, Julien a la réputation de ne pas être friand de la science des joueurs russes. Ce qui est certain, c’est que les attaquants créatifs qui ne sont pas trop soucieux des revirements, ce n’est pas sa tasse de thé. Kovalchuk est pile dans cette catégorie.

Il fera certainement des efforts pour tenter de plaire à Julien. C’est son dernier tour de piste dans la LNH, Kovalchuk peut tirer profit de tous ces blessés à l’infirmerie s’il gère bien la rondelle. Mais, à 36 ans, peut-il réellement changer son ADN de joueur sur une base permanente? Permettez-moi d’en douter. Jusqu’à preuve du contraire, c’est un mariage douteux.

Si on regarde le verre à moitié plein, il ne peut faire pire que les Barber, Peca, et autres joueurs de la Ligue américaine dans l’alignement actuellement. Si on le regarde à moitié vide, on ne peut s’empêcher de croire que sa présence va enlever du temps de jeu de qualité en avantage numérique à des jeunes comme Kotkaniemi et Poehling. Je penche vers la deuxième option, alors que le Canadien est déjà à six points d’une place en séries.

Scandella, une bonne prise

Le geste de Bergevin posé la veille pour amener Marco Scandella dans sa ville natale est plus malin. Rien à perdre à tenter de relancer Scandella, dont la mobilité est une qualité de plus en plus recherchée dans la nouvelle LNH. Bergevin sort Mike Reilly, incapable de jouer tous les soirs et assis sur un contrat toujours valide l’an prochain, et il entre un vétéran dont le pacte se termine dans quelques mois. Voilà une belle manœuvre, susceptible de fortifier le front défensif de l’équipe. Scandella va mieux paraître devant Carey Price que devant les gardiens des Sabres. Et puis, si le Canadien continue de descendre au classement et que Scandella retrouve ses repères, il pourrait rapporter un choix intéressant en vue du prochain repêchage.