Steve Turcotte
Gordie Dwyer pourrait être de retour derrière le banc des Cataractes la saison prochaine.
Gordie Dwyer pourrait être de retour derrière le banc des Cataractes la saison prochaine.

Un flirt qui pourrait se prolonger

CHRONIQUE / Les Cataractes et Gordie Dwyer s’étaient entendus pour un simple flirt. Jamais, toutefois, ils n’auraient cru que ce serait si court!

Avec toutes les activités de la LHJMQ qui ont été annulées jusqu’à la saison prochaine, Dwyer est de retour à l’Île-du-Prince-Édouard avec les siens. Ça fait un bout de temps qu’il est rentré à la maison. Quand il a mis les voiles, il croyait bénéficier d’un week-end de congé, avant de se remettre au boulot afin de planifier les séries. Il sait maintenant que cette escapade sera bien plus longue qu’anticipée.

«J’étais confiant que ça repartirait, quand ils ont annoncé la fin de la saison régulière. On avait du temps devant nous, j’étais optimiste. Mais bon, on a vu depuis que cette crise est majeure. Elle touche tout le monde, partout. C’est très décevant ce qui se passe en ce moment avec notre ligue, mais ça reste du hockey. Il y a des choses plus urgentes à s’occuper comme société en ce moment.»

Dwyer aura finalement passé un mois à Shawinigan : un départ sur les chapeaux de roues, puis une séquence de trois défaites pour terminer qui établit son règne à ,500 (6-6). Avec Mavrik Bourque qui arrivait en renfort au prochain match, tous les espoirs étaient néanmoins permis pour les deux premières rondes des séries. «J’ai eu peu de temps pour travailler mais je suis fier de ce que nous avons mis en place. Il y avait plus de structure dans notre jeu, de meilleures habitudes défensives étaient en train de s’implanter. L’objectif, c’était de se préparer pour les séries, afin de pouvoir y faire du bruit et j’estime que nous étions sur la bonne voie. Les gars répondaient très bien aux directives, je voyais qu’ils voulaient apprendre», explique Dwyer, qui n’aura finalement pas eu le temps de diriger le meilleur joueur de l’équipe. «Je suis tellement déçu pour Mavrik. Il avait travaillé si fort pour revenir. Il insistait pour participer aux meetings, même blessé. C’est un athlète affamé qui allait rejoindre ses coéquipiers. J’aurais bien aimé voir les dommages sur la glace qu’il aurait pu faire!»

Dwyer n’a pas eu le temps de tenir les traditionnelles rencontres de fin de saison avec ses hommes. Il leur a quand même transmis un petit message via leur groupe Messenger. «Restez en santé. Restez affamés.»

De retour l’an prochain?

Ce n’était peut-être qu’un simple au revoir. Même si le mandat de Dwyer est terminé, il est possible qu’il débouche sur une entente de plus longue durée.

Soyons clairs: Dwyer est agent libre. Un homme de hockey avec son vécu, en saison morte, est susceptible d’avoir quelques options sur la table. Malgré ça, l’ex-joueur du Canadien de Montréal ne cache pas son intérêt pour un retour en Mauricie.

«J’ai adoré mon temps à Shawinigan. J’ai été très bien accueilli par l’organisation, les joueurs, les partisans. Ma famille a bien aimé ça elle aussi quand elle est venue me visiter. Cette équipe a un beau futur devant elle, tout le monde le sait. Maintenant, je n’ai pas de boule de cristal, je ne sais pas ce qui va se produire. Les Cataractes vont évaluer leurs options, j’imagine. Je vais évaluer les miennes. Je m’attends à avoir des discussions avec eux. On verra bien. J’étais prêt pour cette aventure (de terminer la saison), on a appris à se connaître à travers ces semaines-là. Ce fut intense! Pour moi, tout ce qui s’est passé à Shawinigan, c’est très positif.» Dwyer comprend que ces discussions ne sont peut-être pas pour demain matin, que le monde du hockey tourne au ralenti en ce moment. Voilà pourquoi c’est son rôle de père qui occupe actuellement la majorité de ses pensées depuis quelques semaines. Tenez, au moment de l’entrevue, en milieu de semaine, il sortait de la maison pour la première fois en trois jours, afin d’aller récupérer le panier de basket-ball qui soulignera la fête de l’un de ses trois fils la semaine prochaine. «On essaie de sortir le moins possible. On doit tous faire notre part», lance Dwyer, en ajoutant que les mesures d’isolement sont encore plus importantes à l’Île-du-Prince-Édouard. «Si tu sors de l’île, peu importe où tu vas, c’est deux semaines en isolement à la maison! Remarque, c’est peut-être plus facile à contrôler, puisqu’il n’y a que trois façons d’entrer et de sortir : le pont, l’aéroport et le traversier. Nous avons trois cas en ce moment, on s’attend à en avoir un peu plus dans les prochains jours. Mais on pense que cette mesure va atténuer la crise par ici.»