Joël Bouchard porte les chapeaux de directeur-gérant et d’entraîneur-chef de l’Armada.

L’Armada en quête d’immortalité

Le système du junior est différent de celui de la LNH. Parce que les joueurs sont en transit pendant un maximum de cinq saisons, il devient bien difficile d’être parmi les meilleures équipes de la ligue année après année. Pour avoir une véritable chance de soulever la Coupe du Président, les équipes ont tendance à travailler par cycle, une ou deux saisons plus difficiles préparant une, deux campagnes en avant de la parade.

Voilà un concept auquel n’adhère pas Joël Bouchard. L’Armada est en train de signer une septième année de plus de 40 victoires en huit saisons, un rendement infernal.

Seulement cinq autres équipes dans les cinq décennies d’histoire de la LHJMQ ont une feuille de route similaire, notamment les Draveurs de Trois-Rivières – devenus les Faucons de Sherbrooke dans l’intervalle – entre 1988 et 1996. Avant l’Armada, la dernière franchise au tableau de chasse aussi étoffé fut les Remparts de Québec de Patrick Roy et Philippe Boucher, entre 2008 et 2015. L’Armada est donc en excellente compagnie avec ces succès en saison régulière. «C’est une statistique que je ne connaissais pas. J’essaie de ne pas trop m’attarder aux journaux ou aux réseaux sociaux, afin de mettre mon énergie là où ça compte. Mais bon, oui, c’est un beau palmarès! Le mérite va aux joueurs, ce sont eux qui embarquent dans ce qu’on leur propose», sourit Joël Bouchard.

Ce dernier porte les chapeaux de directeur-gérant et d’entraîneur-chef. Il sourit quand on lui demande lequel de ces deux aspects de son travail a eu le plus d’influence. «C’est loin d’être un one man show, même si c’est moi qui a toujours le micro. Tout le monde pousse dans la même direction, du personnel de l’équipe jusqu’aux joueurs. D’aucune façon je ne veux prendre seul le crédit pour ça.»

Bouchard ne veut pas trop non plus s’étendre sur le sujet, à deux semaines des séries. L’homme de hockey sait que tous ces succès en saison rappellent que l’Armada est toujours à la recherche d’une première Coupe du Président. Le monsieur a faim pour quelque chose de plus corsé. «Toutes ces saisons gagnantes ont été un peu essouflantes mais c’est l’fun. On fait du hockey pour gagner et même l’année où on n’a pas atteint le plateau des 40 victoires, ce fut extraordinaire comme parcours avec, en prime, une des plus grosses surprises de l’histoire de la ligue au premier tour quand nous avons sorti les Foreurs», rappelle-t-il. «Maintenant, ces statistiques sont réelles, tangibles, mais elles ne changent rien à ce qu’on tente d’accomplir. On a deux demi-finales, une finale mais il nous manque la Coupe du Président. Dans la vraie vie, c’est ce qui compte par-dessus tout. J’ai eu la chance de vivre la conquête de la médaille d’or avec Équipe Canada junior cette année, ça me rappelle à quel point c’est précieux de créer quelque chose qui reste pour toujours. On a un bon leadership, pas mal d’expérience, il faut juste se concentrer sur le processus afin de maximiser nos chances. Ça ne sera pas facile, il y a plusieurs bons clubs en séries. Tous ces clubs y croient. Notre travail, c’est de mettre un plan en place et de tout donner pour l’exécuter.»

Par le passé, Bouchard n’était pas le gérant le plus agressif sur le marché des transactions. Pas trop son genre de mettre toutes ses billes au centre de la table, ce qui provoquerait une reconstruction. Depuis deux ans par contre, il semble avoir un peu modifié son approche, lui qui s’est payé les Pierre-Luc Dubois, Alex Barré-Boulet, Drake Batherson et Mikhail Denisov. Bouchard se défend par contre de travailler différemment. «Demande aux autres directeurs généraux de la ligue, ce n’est pas si facile de boucler des échanges. Je me souviens d’une année où je me suis choqué, car je n’arrivais pas du tout à m’entendre avec mes homologues. Depuis deux ans, la différence c’est que le mariage était plus facile à arranger avec les Screaming Eagles et les Voltigeurs. Nous sommes chanceux d’avoir obtenu ces joueurs. On va tenter de s’en servir au maximum.»

Parmi eux, il sera intéressant de voir comment va réagir Alex Barré-Boulet, lui qui vient tout juste de signer un premier contrat professionnel à titre d’agent libre avec le Lightning de Tampa Bay. Cette grosse étape peut enflammer un jeune, comme elle peut le rendre moins affamé… « Si tu deviens moins affamé, ça veut dire que tu n’es pas un vrai joueur de hockey. J’ai eu des Xavier Ouellet et des Cédric Paquette qui se sont défoncés jusqu’à la dernière goutte de sueur dans leur corps, même s’ils avaient un contrat à leur dernière année. Barré-Boulet traverse une saison de rêve et tout le mérite lui revient, il a embarqué dans le plan même si nous avons été exigeants avec lui. Il a progressé tant hors glace que sur glace. Je ne suis vraiment pas inquiet.»

CHIFFRE DE LA SEMAINE

8

C’est le nombre de points glanés par le Drakkar en cinq matchs, soit depuis que Mario Durocher est venu seconder son bon ami Martin Bernard derrière le banc. Ça frise la perfection! Seul un revers de 5-4 face aux puissants Mooseheads d’Halifax a plombé la récolte. Cette poussée a permis au Drakkar de se hisser en 13e position au classement général, soufflant dans le coup des détenteurs du 12e rang, les Screaming Eagles du Cap-Breton.