Après avoir été choyés en une décennie à la barre des Cataractes, les actionnaires de l’équipe voulaient offrir un gros party aux partisans pour les remercier. À ce chapitre, c’est réussi.

La fierté avant le fric

Autour d’une bière entre amis en été, c’est une idée lumineuse.

Revenir aux racines du sport avec une Classique hivernale, dans un décor aussi enchanteur que les Grandes Estrades Coors Banquet de Saint-Tite et créer un happening de hockey, difficile de trouver mieux pour couronner le 50e anniversaire d’une franchise junior.

Dans les faits, les Cataractes ont accepté de flirter avec la haute voltige en se lançant dans une telle opération. Les coûts sont exorbitants. Et puis Dame Nature fait bien ce qu’elle veut, hein?

Remarquez, la bande à Roger Lavergne savait tout ça, elle avait organisé la première Classique hivernale de la LHJMQ en 2015. Grâce à un week-end parfait côté température, les Cataractes avaient réussi in extremis à boucler le budget.

Ce ne sera vraisemblablement pas le cas cette année. Les fans ont été moins nombreux à lever la main en prévente, même si les Cataractes ont étiré les festivités sur 10 jours. Le blitz du dernier mois a corrigé un peu le tir et à l’interne, on se disait qu’avec de bonnes recettes aux guichets, on pourrait ne pas être si loin des chiffres de 2015.

C’était avant que la météo ne perturbe la journée de vendredi. Les vents violents ont convaincu certains invités, dont Pascal Dupuis, de rester à la maison. On peut deviner facilement que ceux qui attendaient à la dernière minute pour décider s’ils allaient se pointer à Saint-Tite ont penché pour regarder le tout sur les ondes de TVA Sports. Les Remparts vont attirer davantage samedi, mais l’opération globale va s’écrire à l’encre rouge.

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Fierté

Ça ne va pas empêcher les actionnaires de l’équipe de dormir, cela dit. Les deux dernières saisons ont été plus difficiles pour eux, mais ils ont été choyés en une décennie à la barre de l’équipe. Ils voulaient offrir un gros party à leurs partisans pour les remercier. À ce chapitre, c’est réussi.

Fallait voir quelques centaines de personnes danser au tailgate une bonne heure avant le match pour saisir que ceux qui étaient là ont eu du gros fun. Trente minutes auparavant, le blizzard avait dispersé les troupes. Quand Dame Nature s’est calmée le pompon un brin, le band de musique n’a eu aucun mal à faire grouiller cette foule festive.

Ce tailgate était fidèle aux promesses de l’organisation. Digne des ligues majeures, mes amis. Vous savez, avec la vente de billets un peu décevante, les Cataractes auraient pu revoir les dépenses à la baisse. Couper un peu à gauche, un brin à droite. Ce fut le contraire! Tant qu’à être là, ils ont ajouté volontiers quelques factures, pour être certains de ne pas avoir de regrets quand l’événement se terminera dimanche. La fierté avant le fric, en somme.

Pas de truc du chapeau

Il y a eu une première Classique à Saint-Tite en 2015. Il y en a eu une deuxième dans le cadre du 50e anniversaire, en 2019. Mais pas question d’y aller avec un tour du chapeau!

Les Cataractes vont maintenant passer le flambeau aux autres franchises. «Il y en aura peut-être une autre… pour le 100e anniversaire de la franchise! Rendu là, ce sera d’autres crinqués qui auront pris notre relève», sourit Lavergne.

Il sera intéressant de voir si, d’ici là, d’autres franchises prendront le pari de tenir l’événement dans leur cour.

La Ville de Drummondville a épongé un déficit dans les six chiffres l’an dernier. Les images ont beau être belles sur les écrans géants, et l’activité générer de l’activité sur les médias sociaux, reste que le risque financier associé à un tel événement donne un peu le vertige.

Gilles Courteau a dit vendredi soir être convaincu que quelqu’un d’autre lèverait la main. Il a cité les villes de Québec et Sherbrooke parmi les intéressées. Il n’a toutefois pas été en mesure de cibler une prochaine date. Ou même une saison. «C’est sûr que l’événement a grossi. Ça n’a pas besoin d’être un événement annuel. Mais je sais qu’il y en aura d’autres. Ça ne sera pas la dernière. Les retombées d’une Classique hivernale sont inestimables pour une organisation et une région.»

À condition de vouloir acquitter la facture qui vient avec. En attendant de savoir qui sera assez brave pour s’y risquer, il nous reste le match de samedi face aux Remparts à nous mettre sous la dent. Les Cataractes ont livré une bonne bataille à l’Océanic vendredi. Avec un peu plus d’opportunisme en deuxième, le scénario aurait pu être bien différent. Face aux Remparts, les deux équipes lutteront davantage à armes égales. Ça ne peut que contribuer au spectacle!