Après quatre ans passés chez les professionnels, l’ex-pilote des Cataractes Éric Veilleux dit avoir appris à encore mieux contrôler ses émotions.

Déjà vu pour Éric Veilleux

CHRONIQUE / Il a beau avoir passé les quatre dernières saisons dans le pro, Éric Veilleux est toujours le même. Tiré à quatre épingles 90 minutes avant les matchs, fier comme un coq, il avait l’air d’un politicien en campagne électorale tôt vendredi soir à Shawinigan, où plusieurs anciens compagnons d’armes sont venus lui serrer la pince.

Veilleux a évidemment marqué la ville de l’électricité, étant le seul entraîneur en cinq décennies de hockey junior à avoir gagné le dernier match de la saison.

C’est d’ailleurs cette conquête de la Coupe Memorial en mai 2012 qui l’a mené chez les Mooseheads, club hôte du tournoi au printemps prochain. Bobby Smith et Cam Russell cherchaient un pilote d’expérience pour guider leur équipe jusqu’à la terre promise. Ils n’ont pas lésiné sur les moyens pour attirer Veilleux chez eux.

«C’est sûr que l’expérience de 2012 va servir quand il y aura des tempêtes. Ce n’est pas un secret pour personne, ce fut une année difficile pour les partisans, le directeur-gérant, les entraîneurs, le capitaine, pour tout le monde en fait. On s’est retroussé les manches tous ensemble même si elles étaient assez longues merci pour se créer un moment magique et c’est sûr que nous avons tous appris là-dedans.»

Veilleux a retrouvé une ligue moins physique, plus axée sur les habiletés individuelles. Pour le reste, le junior reste du junior! «Notre équipe n’a pas été impliquée dans une seule bagarre jusqu’ici», sourit le petit général. «Lors de mon passage à Baie-Comeau, nous avions une équipe très robuste, mais certaines pouvaient rivaliser avec nous de ce côté. Cette dimension n’est plus très présente. Pour le reste, ça se ressemble. On doit rassurer un peu les jeunes qui en sont à leur année de repêchage. Certains ont besoin d’être poussés, d’autres moins. Et je répète à mes gars de mettre des bas quand ils vont à l’école pour ne pas attraper la grippe!»

Le pilote, lui, dit avoir appris à encore mieux contrôler ses émotions au niveau supérieur. «Je suis un peu plus calme. Je l’ai toujours été derrière le banc, mais parfois dans le vestiaire, c’était autre chose. J’ai un peu plus de retenue. Sinon, je suis le même!»

Ne vous attendez donc pas à voir Veilleux développer de l’urticaire puisque deux équipes sont devant ses Mooseheads au classement général en ce moment. Il a toujours utilisé le calendrier régulier d’abord et avant tout comme préparation pour la grande danse du printemps…

«Je suis encore en train d’apprendre à connaître mes joueurs. Je suis parti depuis un bout, j’en avais une vingtaine à apprivoiser, et vice-versa. Dans un mois, on aura un portrait plus exact de notre situation», lance-t-il, en acceptant tout de même de comparer ses Mooseheads à l’édition championne du printemps 2012.

«Je dirais que j’ai plus de talent sous la main maintenant. Mais probablement un peu moins de profondeur. Pour l’instant», sourit-il, faisant probablement référence à la prochaine période de transactions qui approche à grands pas. Veilleux prend toutefois le soin d’ajouter qu’il n’a pas confectionné de liste de cadeaux pour son directeur-gérant. «Moi, je ne demande rien. Mais je serai prêt s’il a des questions à me poser!»

Russell a déjà pas mal amélioré sa troupe avant la saison, avec l’ajout notamment de Jordan Maher et Antoine Morand, deux gars qui ont soulevé la Coupe du Président puis la Coupe Memorial l’an dernier. Puis en début de saison, il a ajouté un autre ancien du Titan, Samuel Asselin, et l’Européen Ostap Safin. «C’est sûr que les gars qui ont gagné l’an dernier nous amènent un bagage. Aucun championnat ne se gagne sans passer à travers des épreuves. Quand on en aura besoin, ils pourront partager ça avec leurs coéquipiers.»

LES YEUX SUR LAFRENIÈRE

La LHJMQ sera très bien représentée au camp final d’Équipe Canada junior. Le contingent sera de huit joueurs, qui seront à Victoria en Colombie-Britannique du 10 au 14 décembre, pour tenter de mériter un casier sur cette prestigieuse formation qui tentera de défendre son titre durant le temps des Fêtes.

Du lot, les yeux seront tournés vers Alexis Lafrenière, qui tentera de devenir le premier Québécois de 17 ans à être choisi depuis Jonathan Drouin en 2013.

Les autres joueurs retenus sont Maxime Comtois, Joe Veleno et Nicolas Beaudin des Voltigeurs, Raphaël Lavoie et Jared McIsaac des Mooseheads, Noah Dobson du Titan d’Acadie-Bathurst et Pierre-Olivier Joseph des Islanders de Charlottetown. Comtois, vétéran de l’an dernier, part avec une longueur d’avance. Dobson devrait logiquement lui aussi être retenu. Pour les autres, le camp de sélection final sera crucial.

Le nombre de huit joueurs, dont six Québécois, est de beaucoup supérieur à celui de l’an passé (3). Les autres joueurs qui se rapporteront à Tim Hunter proviennent de la Ligue junior de l’Ontario (14), de la Ligue junior de l’Ouest (7) et de la NCAA (4).

Alexis Lafrenière pourrait devenir le premier Québécois de 17 ans à être choisi sur Équipe Canada junior, depuis Jonathan Drouin en 2013.