Marc Bergevin n’a pas le choix d’aller se chercher des renforts. Son équipe a maximisé son potentiel la dernière saison, et elle a quand même raté les séries.

Bergevin doit magasiner du renfort

CHRONIQUE / Ma consoeur de travail Louise Michaud ne sera pas fière. Au beau milieu de ses vacances, j’écris sur le hockey. Celle qui m’aide dans la confection de nos pages sportives croyait en avoir fini pour un bon bout de temps avec notre sport national quand les Blues ont levé le gros trophée la semaine dernière.

«C’est l’été, il commence à faire beau, on passe aux sports d’été!», m’a lancé celle qui est l’une des doyennes de notre salle de rédaction, le soir de la consécration de l’ex-Estacades Samuel Blais et de ses potes.

Ça va venir, ma chère Louise.

Mais pas avant le 1er juillet. D’ici là, il y aura beaucoup de mouvements dans la LNH, occasionnés par le repêchage cette fin de semaine, puis par le marché des joueurs autonomes lors de la fête du Canada.

Avec une bonne dizaine de millions $ à dépenser, un gros bouquet de choix pour les deux prochaines années et des jeunes espoirs qui ont cartonné la saison dernière, Marc Bergevin dispose des moyens s’il veut améliorer son équipe.

Le directeur-gérant n’a pas trop le choix, d’ailleurs, de se magasiner du renfort. Son équipe a maximisé son potentiel la dernière saison, et elle a quand même raté les séries.

Or derrière le Canadien, quelques clubs ont déjà amélioré leur position.

Les Panthers vont être plus structurés avec Joel Quenneville derrière le banc, les Devils vont profiter du retour en santé de Taylor Hall et de l’arrivée de Jack Hughes. Les Flyers ont eux aussi misé sur un entraîneur chevronné en Alain Vigneault, et ils ont des millions sous le plafond à dépenser. Il faut se méfier également des Sabres et des Rangers, qui misent sur un paquet de jeunes surdoués en formation.

Devant, des questions légitimes se posent sur la capacité des Islanders à garder le même niveau de performance. Et les Blue Jackets devraient perdre quelques morceaux via le marché des agents libres. Mais pour le reste du peloton, rien n’indique un ralentissement. Donc, il se dessine une lutte à huit équipes, pour deux laissez-passer en vue des prochaines séries. Bonne chance!

Le message de Price

Même si certains jeunes poussent, le statu quo est une bien mauvaise idée. D’abord, les Suzuki, Poehling, Brook et Primeau ont beau être prometteurs, aucun ne joue à l’aile droite ou du côté gauche de la défensive, les deux cratères à boucher dans la formation de Claude Julien. Pas besoin non plus de s’étendre trop longtemps sur les effectifs à Laval, encore là il n’y a aucun candidat qualifié pour les chaises disponibles.

Ce qui nous amène au petit message de Carey Price, lancé au bilan de la dernière saison. L’Élu a fait savoir qu’il avait soif de gagner, en laissant entendre que sa fenêtre se refermait tout doucement. Si c’est ce que pense Price, on ose à peine imaginer comment ça se passe dans la tête de Shea Weber, lui dont le ralentissement est déjà bien réel. Si Bergevin veut garder ses leaders dans de bonnes dispositions, il a intérêt à injecter des munitions de qualité dans son vestiaire.

Stratégie risquée

Pour ça, il peut toujours attendre au 1er juillet, mais ce serait une stratégie risquée. De un parce que ça ne se bouscule pas aux portes pour venir jouer à Montréal. De deux, parce que c’est la journée de l’année où tu dois surpayer pour mettre des joueurs potables sous contrat. De trois, parce que la cuvée 2019 des joueurs autonomes est pauvre en ce qui concerne les cibles à atteindre pour le Canadien.

Le marché est beaucoup plus attrayant en ce qui concerne les joueurs autonomes avec compensation. Les Mitch Marner, Mikko Rantanen, Brayden Point pourraient tous doper le flanc droit tricolore. Mais, ça ne donne rien de s’exciter avec un scénario du genre, Bergevin a presque montré du dédain lorsqu’il a été questionné sur ce dossier. Voyez-vous, dans le boys club de la LNH, c’est mal vu de déposer une offre hostile!

Il reste donc les transactions. À ce chapitre, Bergevin a montré de l’audace depuis le début de son règne. Et sa moyenne au bâton n’est pas si vilaine. Après avoir perdu la transaction Subban-Weber, il a gagné Galchenyuk-Domi et il a su bien monnayer Max Pacioretty dans des circonstances difficiles. Quant à Drouin-Sergachev, il est encore trop tôt pour statuer. Dans les deux villes, ces surdoués laissent les hommes de hockey un peu sur leur appétit pour le moment.

Actuellement, les noms de Shayne Gostisbehere, Nick Leddy et Jason Zucker alimentent les rumeurs aux autres coins de la LNH. Je me demande aussi si un gars comme Anthony Mantha ne pourrait pas bouger à Detroit, lui qui n’est clairement pas le préféré de son entraîneur. Il y a des clubs coincés sous le plafond, d’autres qui n’ont pas obtenu les résultats désirés l’an dernier. À quelques jours du repêchage, le climat est propice aux discussions.

Chose certaine, Bergevin a les poches pleines pour magasiner. À lui de s’en servir judicieusement. Ça fait trois fois au cours des quatre dernières saisons que son club ne danse pas au printemps. Geoff Molson a beau l’aimer comme un frère, il va bien finir par exiger des résultats…