Danny Dupont, dépisteur de l’Océanic, a fait un beau cadeau à son organisation en insistant pour repêcher Frédéryck Janvier en neuvième ronde en juin dernier. Le jeune homme a percé la formation dès son premier camp d’entraînement.

5 pieds 5 pouces de dynamite

CHRONIQUE / Déjouer les calculs, Frédéryck Janvier en a fait une spécialité depuis qu’il lace ses patins.

C’était par nécessité, puisqu’il a toujours eu une tête de moins que les autres. Pour grimper les échelons, ces négligés doivent en faire plus que les autres sur la glace pour se faire remarquer… pour les bonnes raisons!

Fidèle à ses habitudes, Janvier s’est donc présenté au dernier camp de l’Océanic sans complexe. Choix de neuvième ronde? Et puis après! Les entraîneurs n’arrêtent pas de dire qu’il n’y a pas de ronde écrite sur les chandails. Janvier a cru en lui et il s’est donné une seule mission: tout laisser sur la glace. Le reste relève de l’exploit.

«Avant de me présenter ici, j’étais quand même un peu sceptique sur mes chances de faire l’équipe, je savais que l’Océanic misait sur beaucoup de vétérans. Je suis parti du camp après 48 heures, pour garder mes droits aux États-Unis. Mais après quelques heures, je suis revenu, car je me sentais tellement bien ici.»

La première impression avait été bonne aux yeux de Serge Beausoleil, qui a donc volontiers accepté son retour. Mais rien n’était joué pour autant, le camp ne venait que commencer. «Et en toute honnêteté, on ne voulait pas garder de joueur de 16 ans cette année», sourit Beausoleil. Il nous a forcé la main. C’est aussi simple que ça. J’enlève du temps de jeu à des plus vieux pour lui donner…»

Janvier a noirci la feuille de pointage durant le camp, mais il s’est surtout attiré les éloges par sa fougue et par son attitude hors glace. Cinq pieds cinq pouces de dynamite, le Trifluvien. «C’est un passionné. Ça se voit sur la glace, dans le vestiaire. On a du temps pour le développer, je pense qu’à 18 et 19 ans, il sera en mesure de faire pas mal de dégâts offensivement», analyse Beausoleil, qui trace un parallèle avec Philippe Sanche, qui a connu un beau parcours avec l’Armada.

«On veut surtout qu’il garde cet enthousiasme. Je ne suis pas le seul à avoir remarqué ça, nos partisans aussi l’ont adopté. Ils réagissent chaque fois qu’il a la rondelle au bout de la palette.»

Le jeune homme de 16 ans rougit un peu quand on lui rapporte les propos de son patron. «Tant mieux si mon jeu plaît aux partisans! Je peux te dire que je me plais énormément à Rimouski. J’ai trouvé ma place. Pour y rester, je vais continuer à jouer avec la même énergie présence après présence», lance Janvier, qui veut partager un peu les projecteurs avec Denis Francoeur, qui l’a formé avec les Panthères du CMI.

«On ne fait peut-être pas tant de structure avec les Panthères, mais c’était l’environnement idéal pour maximiser mes outils. Denis m’a appris à croire en moi.»

Sans surprise, il puise dans le parcours de Martin Saint-Louis son inspiration. Il rêve de se faire repêcher par une équipe de la LNH, ou à tout le moins de remplir le filet dans quelques saisons avec l’Océanic. En attendant, il veut bien partager sa recette avec les jeunes hockeyeurs de la Mauricie. «Si j’avais un conseil à leur donner, c’est de ne jamais lâcher et de croire en soi. Tu t’entraînes fort durant l’été, tu joues avec passion quand tu embarques sur la glace. Avec ça, tu peux faire un bon bout de chemin!»

Pour Janvier, ça l’a au moins mené à percer la formation de l’une des équipes les plus talentueuses de la LHJMQ à 16 ans. Le match de samedi dernier face aux Cataractes était d’ailleurs un peu spécial à ses yeux. «C’est l’équipe de mon enfance, j’ai rêvé de jouer pour eux, alors oui c’est spécial. Mais bon, mon équipe maintenant, c’est l’Océanic», conclut celui qui montre une fiche d’un but et quatre passes en 12 matchs depuis le début de la saison.