Après 20 ascensions des escaliers des 27 étages de la Tour Deloitte, à Montréal, le Jonquiérois d’origine, Yoan Desgagné, a effectué une dernière montée avec le jeune Milan sur son dos. Le pompier a gravi les marches des 29 étages qui mènent jusqu’au toit de l’édifice pour couronner avec succès sa mission du Défi Gratte-Ciel au profit de la dystrophie musculaire.

Yoan Desgagné réussi le Défi Gratte-ciel

Vingt montées en solitaire des escaliers des 27 étages de la Tour Deloitte à Montréal pendant quatre heures et une ultime montée de 29 étages avec un jeune ambassadeur de trois ans sur le dos. Voilà le défi colossal qu’a relevé samedi le pompier natif de Jonquière, Yoan Desgagné, dans le cadre du Défi Gratte-ciel au profit de la Dystrophie musculaire.

Joint dimanche, Desgagné avait les jambes un peu lourdes, mais il avait surtout le cœur léger d’avoir vécu d’aussi beaux moments. « Je ne retiens que du positif de cette journée ! Ç’a été une journée bien remplie, autant physiquement que sur le plan humain. Aujourd’hui (dimanche), les jambes sont pesantes un peu, mais ça va super bien quand même. Au final, ma campagne de financement a explosé après la publication de l’article et ç’a permis d’amasser un total de 4400 $ pour ma participation ! J’ai trouvé que les gens avaient été extrêmement généreux », souligne-t-il avec un brin de fierté.

Yoan Desgagné a en effet plus que doublé son objectif initial de 2000 $. Il était également très fier de souligner qu’à l’issue de la 22e édition, le Défi Gratte-Ciel pourra remettre un montant d’un peu plus de 330 000 $ (330 692 $ selon le site) à Dystrophie musculaire Canada. « C’est merveilleux ! »

Version extrême

Le Saguenéen d’origine a prouvé qu’il n’avait pas froid aux yeux en choisissant de s’inscrire au volet « Extrême endurance » du défi, un ambitieux pari qu’il a gagné haut la main. Est-ce que ç’a été plus difficile que ce à quoi il s’attendait ? « Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, car je n’avais pas parlé à des gens qui l’avaient déjà fait. Oui, je m’étais beaucoup entraîné, mais ce n’est jamais comme la journée de l’épreuve en soi où l’on voit si on s’est bien entraîné ou non. »

« Par contre, j’ai été agréablement surpris, car ç’a bien été. Même après la 20e ascension, il me restait encore du temps. J’aurais peut-être pu en faire un petit peu plus, mais je voulais me garder de l’énergie pour la dernière montée avec Milan et aussi pour passer un peu de temps pour partager avec les gens qui s’étaient déplacés pour cette journée. »

Montée des héros

La 21e et dernière ascension, la « montée des héros » n’a pas été du gâteau, puisqu’il lui fallait gravir les marches des 29 étages avec Milan (environ 30 livres) assis dans une chaise sac à dos. « Rendu au 7e étage, c’était plus difficile en sachant qu’il en restait encore 20-22 à monter. Je ne me suis jamais remis en question à savoir si je le ferais ou pas, mais j’ai rapidement constaté que ça allait être très difficile. Le souffle était plus court et le réservoir d’énergie assez vide merci ! », avoue-t-il.

Mais ce fut quand même le plus beau moment de ce défi. « La dernière montée, c’était la plus difficile, mais aussi la plus stimulante et la plus positive de toutes ! », assure celui qui a aussi pu compter sur la présence de ses parents, Fabien Desgagné et Jocelyne Gagnon, et de plusieurs membres de sa belle-famille pour l’encourager.

Source d’espoir

« Pour une première expérience, ça n’a été que du positif ! Milan a super bien fait ça. Son père (Alexandre Rizzoli) nous a suivis dans la cage d’escalier pour le sécuriser parce que c’était ma plus grosse crainte. Mais ça s’est super bien passé. Rendu en haut, Milan était souriant et ç’a été une belle expérience pour lui aussi. Je ne sais pas s’il va s’en souvenir à son âge, mais il a semblé apprécier. »

La mère de Milan, Alexandrine Primeau-Broué, s’est beaucoup impliquée dans ce projet et le couple a bien aimé son expérience. Cela dit, malgré la générosité des gens, le Jonquiérois a pu constater qu’il est plus difficile de recueillir de l’argent pour la recherche que pour quelque chose de plus concret comme l’achat d’équipement par exemple. Pour les gens, c’est moins concret, même si la recherche contribue à améliorer la qualité de vie des personnes touchées par les différentes formes de dystrophie.

Pour Milan (dystrophie de Duchenne) et ses proches, la recherche est une grande source d’espoir. « C’est sûr que sa famille compte beaucoup sur la recherche. (Ses parents) ne savent pas à quoi s’en tenir (quant à l’évolution de la maladie), mais ils le font évoluer dans un environnement positif », a constaté le Bleuet qui a aussi fait le défi en hommage à son oncle Jean-Guy Gagnon, atteint de dystrophie. Décédé en 2017, cet oncle a toujours été un exemple de force morale pour lui.

Alexandrine Primeau-Broué, la mère de Milan, 3 ans, le jeune ambassadeur du Défi Gratte-Ciel jumelé à Yoan Desgagné, s’assure que fiston est bien installé pour l’ultime ascension des 29 étages de la Tour Deloitte dans le cadre du Défi Gratte-Ciel. Le pompier natif de Jonquière a amassé 4400 $ au profit de la recherche sur la dystrophie. L’événement a récolté un total de 330 692 $.

« Quand j’étais tout seul (dans les escaliers), je n’avais que ça à faire, penser et réfléchir, alors c’est sûr que ça m’est venu en tête à quelques reprises. Surtout quand je trouvais ça difficile. Je pensais alors à ce que (mon oncle et) ces personnes ont traversé ou vont traverser », relate Yoan Desgagné qui trouvait ainsi une bonne façon de se motiver.

Pour l’instant, le pompier de Montréal ne sait pas s’il refera cet imposant défi. « Je décante un peu la première année et je verrai ce que l’avenir me réserve. Peut-être que je ferai des activités de financement différentes pour mousser un peu le projet », a-t-il conclu.