Malgré la popularité et le coût abordable de la Course des zombies au mont Jacob, les organisateurs ont dû annuler la 4e édition, entre autres en raison du nombre de plus en plus élevé de participants qui attendent à la dernière minute pour s'inscrire, causant ainsi un véritable casse-tête logistique.

Y a-t-il trop d'événements sportifs?

Y a-t-il trop d'événements sportifs liés ou non à de bonnes causes pour le dollar-loisir disponible dans la région? La question risque de se poser dans un avenir rapproché. Non seulement le nombre d'événements ne cesse de se multiplier et de se diversifier, mais dans plusieurs cas, les participants attendent de plus en plus à la dernière minute pour s'inscrire, ce qui complique grandement la tâche des organisations.
Un premier événement vient d'être annulé en raison des difficultés logistiques qu'entraînent des inscriptions de plus en plus tardives. DG d'Événements 123 Go, Frédérick Lessard a dû se résoudre à contrecoeur à annuler la 4e édition de la Course des zombies, qui devait être présentée au mont Jacob de Jonquière le 30 septembre.
En entrevue téléphonique, Frédérick Lessard explique que le rythme de la préinscription était trop faible par rapport à l'an dernier. «Les inscriptions ne roulent pas comme par le passé. Je constate, avec les événements que j'organise au fil des années, que de plus en plus de gens attendent à la dernière minute pour s'inscrire. Au point de vue logistique, c'est très lourd à supporter», fait-il valoir.
«Au cours des deux dernières éditions, l'événement avait attiré quelque 1000 participants. Historiquement, à pareille date, je suis à 50 % (d'inscrits) et là, je n'avais même pas 10 %. Les inscriptions ne roulent pas toutes. Ça devient quasi impossible à gérer sur le plan logistique. Il y a plein de choses que nous devons calculer, que ce soit le nombre de lunchs, la sécurité, l'encadrement, etc. En plus, il est de plus en plus difficile de recruter des bénévoles et il devenait difficile de prévoir le nombre de bénévoles en fonction de l'événement.»
«Lorsqu'on organise un événement, il y a une grande chaîne logistique à mettre en oeuvre et tout au long de ce processus. Malheureusement, compte tenu de plusieurs facteurs, dont le taux d'inscription et le nombre de bénévoles disponibles, après avoir consulté les partenaires et plusieurs conseillers, nous avons pris la décision d'annuler l'événement. Décision difficile qui s'imposait pour le bien de l'ensemble des acteurs impliqués», explique M. Lessard sur la page Facebook en précisant que les remboursements seront effectués au cours des prochains jours. «Les gens sont vraiment déçus et comme organisateur, ç'a été une décision dure à prendre», indique le DG, en mentionnant que l'annulation de l'événement implique aussi des frais. Frédérick Lessard tentera, au cours des prochaines semaines, de trouver une formule qui inciterait les gens à s'inscrire d'avance. Cela dit, pas question d'abandonner l'inscription sur place le jour de l'événement. «Pour moi, ça représente plus de la moitié des inscriptions», dit-il.
Une clientèle plus difficile à fidéliser
Le nombre et la diversité des événements sportifs n'ont cessé de croître au cours des dernières années. Juste pour la course à pied, les adeptes ont maintenant le choix entre de la course sur route, en sentier, avec un chien attelé, des courses à obstacles, etc. À titre d'exemple, en fin de semaine, au moins cinq événements sont au programme, dont la plupart sont associés à une bonne cause. Pas étonnant qu'avec autant de choix, les organisations doivent maintenant composer avec une clientèle de plus en plus volatile.
Grand manitou de l'athlétisme à Saguenay, Gino Roberge organise régulièrement des événements d'envergure. Il estime qu'il y a non seulement beaucoup d'événements offerts dans la région, mais qu'en plus, la diversité est telle que les gens ont l'embarras du choix pour investir leurs dollars-loisirs.
Ce qui complique d'ailleurs la vie des organisations qui ont fait des événements leur gagne-pain et qui investissent dans des infrastructures.
Dans son cas, il a décidé d'annuler le Cross des couleurs (civil) programmé pour le 23 septembre au parc Rivière-du-Moulin, entre autres pour éviter d'essouffler son organisation.
« On a quand même beaucoup d'événements au cours des prochaines semaines et ça devenait difficile pour nous. Et comme il y avait une classe ouverte lors du Championnat régional du 14 octobre, nous allons plutôt inviter les adultes qui voulaient venir courir au parc Rivière-du-Moulin le 23 à venir le faire le 14 octobre.
« Comme il y a beaucoup d'événements, ça devenait difficile pour nos bénévoles et notre organisation. Juste pour notre organisation, nous fermerons le parc pour des événements le 21 et 22 septembre (Cross des couleurs de la CS des Rives-du-Saguenay), le 14 octobre (Championnat régional de cross-country et une tranche du circuit collégial) ainsi que les 21 et 22 octobre (Championnat provincial scolaire). Ça fait beaucoup d'événements et l'an prochain, on sera dans la même situation parce que nous recevrons encore le (championnat) provincial.»
«Côté bénévoles, on a une équipe assez stable parce qu'on travaille avec les jeunes du programme sport-études et leurs parents. Mais ça demande beaucoup d'énergie », convient-il. Dimanche dernier, Martin Tremblay, d'Événements 2 M, a lui aussi été confronté à une diminution de la clientèle avec quelque 600 participants contre environ 800 l'an dernier. « Notre clientèle s'est profilée pas mal au cours des dernières années et ceux qui viennent sont vraiment des mordus. (...) On va se questionner pour l'an prochain si on voit que la clientèle diminue, mais si ça reste stable, on devrait être de retour », avait commenté Martin Tremblay lorsqu'interrogé à ce sujet.