Martin Pouliot ne pouvait cacher sa déception, jeudi.

Voyageurs: «Tout le monde y croyait»

Au lendemain de l’élimination des Voyageurs de Saguenay, en raison d’un revers de 5-0 dans le 7e et ultime match de la série face aux Diamants de Québec, l’entraîneur-chef Martin Pouliot regarde maintenant le verre à moitié plein.

« C’est sûr que j’aimerais mieux changer le score que d’opinion, a répondu Pouliot à propos de sa vive déception, lui qui était complètement vidé après la rencontre de jeudi soir, devant une salle comble au Stade Richard-Desmeules.

« Si j’avais le pouvoir, c’est sûr que je changerais le pointage », a-t-il laissé tomber.

La semaine dernière, avec son équipe en retard 0-3, Martin Pouliot a lancé un appel à la fierté de ses vétérans de 22 ans dans la tentative de renverser la vapeur. Il avait notamment rappelé que contrairement aux années précédentes, où il avait sacrifié des vétérans en pensant à l’avenir, cette fois, il est allé chercher du renfort en faisant l’acquisition de quatre joueurs des Alouettes de Charlesbourg.

« Si tu regardes ça positivement, ils ont répondu au message de l’entraîneur, acculés au pied du mur. C’était le temps. Ce sont des gars que j’ai dirigés pendant trois ans et j’irais à la guerre avec eux », de souligner Martin Pouliot.

« Ces gars-là ne l’ont pas eu facile dans leur carrière junior. Si tu regardes leur fiche globale, selon moi ils ne jouent pas pour .333. De les voir savourer ça, c’est magique. C’est ça qui fait le plus mal. Tout le monde avait un bon feeling. Les entraîneurs, les joueurs, les partisans et les journalistes se disaient qu’on allait le faire. Tout le monde y croyait. C’est comme s’il arrive un gars un soir et il gâche le party », a-t-il repris à l’égard de la performance du partant des Diamants, Vincent Ruel, qui a été magistral avec un match complet de quatre coups sûrs et 83 tirs.

« Quand je me suis levé ce matin, le sentiment qui m’habitait, c’est qu’on était pas juste 2-3 à y croire. Il y avait les quatre entraîneurs, les 20 joueurs et 2000 personnes. Tout le monde pensait qu’on allait réaliser un exploit. Tu pars la première manche, bang ! bang ! , quelques coups sûrs, Ruel embarque et a été intraitable. Il ne nous a donné aucune chance », de reconnaître Martin Pouliot, soulignant le travail des officiels lors de cette rencontre ultime.

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L'ENTRAÎNEUR-CHEF INTÉRESSÉ À REVENIR

Après avoir écoulé la dernière année de son contrat, Martin Pouliot est intéressé à revenir avec les Voyageurs de Saguenay. 

Il passera les prochains jours à Washington, pour le début du camp d’entraînement des Capitals de la Ligue nationale de hockey. Il sera ensuite de retour au Saguenay au début du mois d’octobre. En plus de tracer le bilan de la dernière saison, il aura des discussions avec la présidente des Voyageurs, Audrey Tremblay, et le gouverneur Guy Hébert à propos d’une possible nouvelle entente. «Je suis ouvert à un paquet de choses», d’annoncer Martin Pouliot, conscient que l’an prochain, l’organisation entamera une «reconstruction de A à Z», mais il se dit prêt à faire partie de la relance. 

À l’entendre parler, il a grandement apprécié ses trois années avec les Voyageurs. «Ce serait facile de m’en aller ailleurs, mais je vais toujours avoir le sentiment que la meilleure place pour faire du baseball, c’est là», d’insister Martin Pouliot. 

«Je l’ai dit quand je suis arrivé et je le redis. La plus belle place à jouer dans le baseball junior élite, c’est au Saguenay. J’ai joué toute ma carrière à Charlesbourg, j’ai dirigé huit ans à Charlesbourg, autant à Québec et je viens de faire trois ans au Saguenay. Il n’y a pas une concession dans la ligue que l’équipe visiteuse arrive pour la pratique au bâton et que le parc est plein. Je vais toujours avoir ça dans mon coeur», indique-t-il. 

«Les partisans, je les adore. Ce sont des partisans en or. J’aimerais tellement ça leur donner un championnat. J’y croyais. Je pensais qu’on reviendrait, malgré que le reste de la route n’aurait pas été facile», de laisser tomber Martin Pouliot.