Un match ultime à Jonquière

Contre toute attente, il y aura du baseball au Stade Richard-Desmeules jeudi soir. Avec une victoire sans équivoque au compte de 10-0 sur les Diamants de Québec, cette fois au parc Henri-Casault de Charlesbourg, les Voyageurs ont forcé la présentation d’un match numéro sept devant leurs partisans, eux qui tiraient de l’arrière 3-0 dans la série.

Devant plus de 200 bruyants amateurs du Saguenay, les Voyageurs ont tonné dès leur premier tour au bâton, envoyant neuf frappeurs à la plaque pour quatre points aux dépens du partant David Leclerc. Avec les buts remplis et un seul retrait, Félix Castilloux a d’abord frappé un simple, suivi d’un double de Mathieu Tremblay bon pour deux points. Jean-Nicolas Lebrun a ensuite cogné un simple pour permettre à Tremblay de marquer. Étienne Le Roy-Audy s’est amené sur le monticule des Diamants en deuxième manche, ce qui n’a pas freiné les ardeurs des Jonquiérois. 

Héros du match de dimanche, Jean-Philippe Chagnon a produit deux points à l’aide d’un simple à la suite d’un double vol parfaitement orchestré. Avec une avance déjà confortable de 7-0, le coup de grâce est survenu en début de sixième manche quand Félix Castilloux et Mathieu Tremblay ont frappé des doubles consécutifs. Tous les joueurs des Voyageurs ont frappé au moins un coup sûr. 

« On joue avec émotion. On a parti le match de la bonne façon », a souligné l’entraîneur-chef Martin Pouliot, très expressif à l’autre bout du fil après cette troisième victoire consécutive. « C’était fou. Avant que le match commence, il y avait plus de monde de notre bord dans les estrades. »

Pendant ce temps, le partant des Voyageurs, Alexandre Laprise, a complètement menotté les frappeurs adverses, ne permettant que trois petits coups sûrs pour n’affronter que deux frappeurs de plus que le minimum de 21. Auteur d’un match complet, le vétéran de 22 ans a permis son premier coup sûr en quatrième manche. Au total, il a effectué 81 lancers, dont 63 prises.

Le vétéran Alexandre Laprise a affiché des statistiques impressionnantes dans la victoire des siens. Il n’a eu besoin que de 81 lancers pour compléter un match complet, dont 63 prises.

« Ces sept manches, c’est vraiment bon pour nous parce que ça nous donne de la latitude au monticule. On va commencer avec Maxime Dumas jeudi, mais on a aussi Derek Côté et Yan-Éric Tremblay. Ça sent bon, vraiment bon », de partager Martin Pouliot, vantant le travail défensif de ses troupiers, une crainte avant le début des éliminatoires. 

Laprise a également été aidé par sa défensive avec deux doubles jeux, réalisés par le Chicoutimien William Tremblay qui a encore animé l’attaque avec deux coups sûrs et trois points marqués. « C’est un vrai Sags pure laine. Il joue de la grosse balle. Il nous aide vraiment », d’analyser l’entraîneur, estimant que la foule hostile jonquiéroise pourrait jouer un rôle-clé dans le duel décisif, jeudi soir. 

« Il faut que ce soit le zoo. Ça nous prend une atmosphère de carnaval. C’est ce que j’ai dit aux gars avant le match qu’on était à mi-chemin avec le momentum. Il n’y avait pas de meilleur scénario avec des victoires en 7e manche sur un circuit et un double. Là, on leur fait mal et vous avez la chance jeudi de vous présenter et vivre un beau moment de votre carrière junior », de partager Martin Pouliot qui a encore bien en mémoire à 22 ans, en 1989, quand les Alouettes de Charlesbourg se sont inclinés face aux Voyageurs dans un match ultime devant des gradins remplis au Stade Richard-Desmeules.

« Tu sentais vraiment que les gars voulaient le faire et le vivre, de noter Pouliot, rappelant la température idéale annoncée. On peut écrire une page d’histoire. J’ai dirigé pendant 19 ans et je l’ai fait une fois. Il n’y a pas beaucoup de clubs qui peuvent revenir d’un retard de 3-0. On finit le travail demain. Les gars sont vraiment crinqués et ont hâte de jouer. »