Le nouvel entraîneur-chef des Voyageurs, Michaël Bélanger, espère pouvoir tenir des entraînements avec tous ses effectifs d’ici la fin du mois de juin.
Le nouvel entraîneur-chef des Voyageurs, Michaël Bélanger, espère pouvoir tenir des entraînements avec tous ses effectifs d’ici la fin du mois de juin.

Un début mouvementé avec les Voyageurs pour Michaël Bélanger

La première année de Michaël Bélanger à la barre des Voyageurs de Saguenay pourrait difficilement être plus mouvementée. Après un début de saison retardé par la COVID-19, qui a bien failli forcer l’annulation complète, le nouvel entraîneur devra maintenant former son équipe dans des circonstances inhabituelles en vue d’une saison écourtée.

De très bonne humeur après avoir appris la bonne nouvelle d’un début de saison probable le 15 juillet, Michaël Bélanger espère maintenant pouvoir tenir un entraînement complet en réunissant tous ses joueurs au Saguenay durant la fin de semaine des 20 et 21 juin, ou la fin de semaine suivante, et pouvoir disputer quelques matchs préparatoires au début du mois de juillet. La semaine prochaine, les directives permettront de tenir des entraînements avec des joueurs d’une même région. Ceux de l’extérieur seront donc invités à se joindre à une équipe midget AAA ou senior dans leur secteur afin de reprendre le rythme de croisière.

« On s’aventure un peu dans des trucs sans trop savoir ce qui va être annoncé et ce qu’on va être capable de faire ou ne pas faire. On se trouve dans une situation évolutive. C’est sûr que ce n’est pas une situation idéale où je dois gérer des gars de plusieurs régions », convient l’entraîneur-chef qui est lui-même touché par les restrictions parce qu’il demeure à Chambly, en banlieue de Montréal.

« Il va falloir que ça change parce que je ne pourrai pas continuer à “coacher” de mon salon encore trois semaines », lance-t-il en riant. Pour le moment, les entraînements dans la région se feront donc sous la supervision du directeur général Dany Coulombe et l’adjoint Pierre-Alexandre Tremblay.

« L’idéal, c’est de pouvoir réunir tout le monde au même endroit. Toutes les équipes de la ligue sont dans la même situation. L’important, c’est qu’on puisse toucher un peu au terrain et quand on va avoir le go pour des entraînements complets dans la région et finaliser l’équipe, on va être prêts et on va s’organiser pour pouvoir le faire. Il y a trop de restrictions et de trucs qui restent en suspens en ce moment », souligne Michaël Bélanger.

Au cours des derniers mois, les joueurs ont usé d’originalité pour garder la forme du mieux qu’ils le pouvaient de manière individuelle et Michaël Bélanger a tout de même pu faire de l’enseignement grâce aux réseaux sociaux. « On a le temps de se préparer quand même. Ça nous donne un mois. La plupart des gars ont quand même essayé de rester en forme et en santé. L’important, c’est qu’on puisse commencer dans les dates et faire au moins une mini-sélection. Je connais quelques joueurs, mais les gars qui se présentent au camp, je ne les connais pas tous par coeur et je ne les ai pas tous vus non plus. C’est important que je sois capable de tous les évaluer et de faire une équipe. D’un autre côté, comme on a seulement un mois pour se préparer, je ne veux pas trop étirer le processus non plus », annonce l’entraîneur-chef, qui s’attend d’accueillir plus d’une trentaine de candidats au camp, un sommet par rapport aux dernières années.

« Il va falloir qu’on fasse une certaine sélection rapide et on ne pourra pas trop l’étirer non plus. On va avoir une équipe vraiment jeune et on doit préparer les gars à jouer au baseball le 15 juillet. C’est une situation particulière, mais je pense que le plus important, c’est qu’on puisse faire du baseball, pour nous et les partisans », exprime l’expérimenté homme de baseball, ayant notamment dirigé les Ducs de Longueuil en 2015.

Michaël Bélanger faisait partie de ceux qui avaient commencé à faire une croix sur la saison 2020. La semaine dernière, un de ses employés au programme sport-études du Collège De Mortagne, qu’il dirige depuis 2016, lui avait prédit que la saison débuterait le 15 juillet, ce qu’il a pris avec un grain de sel au départ, mais qui s’est finalement avéré. Pour lui, une saison de 21 matchs représente non seulement une belle surprise, mais un très bon compromis, surtout avec une jeune équipe avec laquelle le nouveau personnel en place devra faire du développement et instaurer une philosophie.

« On a tellement de jeunes joueurs qu’une année perdue, ça serait une grosse année d’expérience en moins », annonce Michaël Bélanger. Ça semble banal, mais quand tu prépares un plan de 3 à 5 ans, c’est là que tu mets les bases. Les 21 matchs est un peu plus écourté que 38, mais ça va nous donner le temps en masse de mettre notre empreinte sur l’équipe, de se mesurer aux autres et de voir où on se projette dans trois ans. C’est à partir de cette année où on se voit beaucoup plus compétitif que quand les gars qu’on a repêchés et nos jeunes joueurs seront à maturité. On ne voulait pas la perdre cette année-là. »

« Si on a 21 matchs pour le faire, tant mieux », reprend-il, ayant bon espoir de confondre les sceptiques alors que les Voyageurs ne feront pas du tout partie des équipes favorites en début de saison, notamment grâce à un bon repêchage et quelques échanges au cours des derniers mois.

« On était confiant avec l’équipe qu’on avait de pouvoir surprendre. C’est une bonne chose que ça puisse commencer et ça va servir de motivation aux gars. J’ai hâte de parler aux gars et leur véhiculer les commentaires que j’entends depuis quelques semaines. Ça va être une source de motivation pour les prochains matchs et les séries », annonce-t-il.

Camp annulé

Les Voyageurs avaient opté pour une nouvelle formule, au camp d’entraînement en mai, avec une fin de semaine de perfectionnement à l’Université d’Albany qui a été annulée en raison de la pandémie. Au cours du périple, les Voyageurs devaient se frotter cinq fois à la formation universitaire américaine. « Il n’y a pas beaucoup d’équipes qui pouvaient se vanter de pouvoir se préparer avec un mini-camp face à une aussi grosse université », signale Michaël Bélanger, avouant que la déception était palpable au moment de l’annonce de l’annulation.

La présidente des Voyageurs, Audrey Tremblay, admet que l’organisation jonquiéroise aura besoin d’une aide financière de Saguenay pour passer à travers cette année difficile.

Aide municipale réclamée

Les dirigeants des Voyageurs ont confirmé leur présence pour cette saison écourtée lors d’une rencontre des membres du conseil d’administration, mercredi soir. Si cette étape était une formalité, boucler le budget de la prochaine saison sera beaucoup plus complexe et, pour ce faire, la présidente de l’organisation, Audrey Tremblay, compte sur l’aide financière de Saguenay. Le montant de la subvention d’un peu plus de 50 000 $ avait été approuvé avant la pandémie et le processus municipal doit maintenant être refait.

« Oui, on veut embarquer, mais on va devoir avoir le support de la Ville, par exemple. Sans leur appui avec au moins une partie de la subvention qui devait être versée, c’est sûr qu’on ne pourra pas aller de l’avant », raconte Audrey Tremblay, qui s’attend également à une baisse importante au niveau des commandites.