L’entraîneur et directeur général des Voyageurs, Martin Pouliot, participera à la réunion de la Ligue de baseball élite du Québec ,samedi, à Québec. Il tentera de convaincre ses homologues de mettre en place des territoires libres.

Plaidoyer pour des territoires libres

Même s’il n’a pas encore officiellement de contrat en poche pour diriger les Voyageurs la saison prochaine, l’entraîneur et directeur général Martin Pouliot se chargera d’une importante réunion de la Ligue de baseball junior élite du Québec (LBJEQ), samedi, en plus du repêchage des joueurs de 17 ans des territoires partagés par la formation jonquiéroise avec les Diamants de Québec et les Alouettes de Charlesbourg.

Peu importe le déroulement des négociations sur un nouveau contrat pendant l’entre-saison, Martin Pouliot avait assuré qu’il allait être en poste lors de ce repêchage crucial pour l’avenir de chaque équipe.

Lors de la réunion de samedi à Laval, Martin Pouliot poursuivra son cheval de bataille, qu’il livre depuis son retour en 2016, afin de mettre en place des territoires libres au sein du circuit provincial. Au total, cinq repêchages de joueurs de 17 ans se dérouleront samedi, ce qui exclut Trois-Rivières et Gatineau, qui conservent la totalité des joueurs sur leur territoire.

Dans le repêchage avec les deux clubs de la Capitale-Nationale, chaque équipe a pu protéger les deux meilleurs joueurs de leur territoire. Pour Martin Pouliot, cette manière de fonctionner est mauvaise pour la parité entre les différentes formations. « Tant et aussi longtemps que dans la ligue, on ne voit pas clair et qu’on ne regarde pas ça de même, ce sont toujours les mêmes équipes qui vont gagner, plaide celui qui a également dirigé les Alouettes et les Diamants. Il faut qu’on arrête le fait que les championnats soient gagnés par les équipes qui ont le plus de territoire. »

Pour expliquer concrètement, lors du repêchage de samedi, les Voyageurs détiennent le premier choix. À moins de transactions, ils parleront aux rangs 1, 4, 7, 10, 13 et 16 pour cette sélection de six rondes. Le classement de la saison 2017 prévaut, auquel l’organisation jonquiéroise a moins bien figuré que l’été dernier. L’exercice devait initialement avoir lieu en plein milieu de l’été, mais a été repoussé. Toutefois, comme quatre joueurs ont été protégés par les deux formations de la Capitale-Nationale, en quelque sorte, Pouliot détient le 5e choix, et non le premier. Les Voyageurs ont également pu protéger deux éléments, soit le voltigeur chicoutimien Simon Menier, qui évoluait avec la formation de 16U de l’Académie de baseball du Canada la saison dernière, ainsi que le joueur d’avant-champ du Bas-Saint-Laurent Thomy Lévesque.

« Ce que je souhaite sincèrement, c’est que les équipes championnes, comme dans tous les autres sports, soient construites à coup de repêchages et d’échanges », annonce Martin Pouliot, qui assure faire cette démarche pour le bien de la ligue, et non pour des motifs personnels. Il rappelle que l’an prochain, les Voyageurs auront le dernier choix en première ronde, en raison de leur championnat de division en saison régulière.

Pour bien illustrer son point, Pouliot mentionne que sans la protection de joueurs en marge de ce repêchage, le lanceur des Diamants Vincent Ruel, qui a été intraitable lors du match numéro 7 de la deuxième ronde des dernières séries, aurait normalement fait partie de l’autre camp, avec les Voyageurs. « Il faut que ça arrête, un moment donné. Il faut qu’on soit forts et qu’on cesse ce protocole ridicule », tranche Martin Pouliot, qui tentera également de faire inclure Trois-Rivières dans le même processus.

« Toutefois, il ne faudra pas capoter si un gars d’Alma ou de Chicoutimi s’en va jouer à Québec. On veut ça. On ne pourra donc pas tous les garder chez nous. Si on le veut tant que ça, on va avoir l’occasion de faire une transaction pour lui », signale-t-il, prenant la peine de préciser qu’à talent égal, un joueur régional sera sélectionné.

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À LA RECHERCHE D'UN CONTRAT DE QUATRE ANS

Martin Pouliot est prêt à traverser la prochaine reconstruction des Voyageurs. Toutefois, il veut s’assurer d’être toujours en poste lors des meilleurs jours. 

Invité à commenter le processus de renouvellement de contrat, le natif de Québec a signifié son accord avec les propos de la présidente de l’équipe, Audrey Tremblay, qui disait, plus tôt cette semaine, que le dossier était réglé à plus de 80%. Pouliot précise être à la recherche d’une entente de quatre ans, lui qui s’était entendu avec l’organisation sur un premier contrat de trois ans en 2016. «Avec trois ans, tu as seulement une chance. Notre club est à reconstruire. J’aimerais ça avoir quatre ans et deux chances», d’insister Martin Pouliot, conscient qu’il sera difficile pour les Voyageurs de prendre part aux séries lors des deux prochaines saisons. 

«J’ai un plan en tête. Je veux m’en aller avec des gars nés en 2000 et en 2001, et avec peut-être quelques joueurs de 1999. Je veux monter une gang», indique-t-il. 

Transactions avec Charlesbourg

Même si les Voyageurs ont été écartés au deuxième tour éliminatoire, Martin Pouliot vit très bien avec la méga transaction de juillet dernier avec les Alouettes de Charlesbourg. À ce moment, il rappelle que les Jonquiérois avaient 12 victoires, contre 14 pour leurs rivaux des Diamants de Québec. Il a donc transigé avec les Alouettes de Charlesbourg pour mettre la main sur Maxime Dumas et Alexandre Laprise, ainsi que les joueurs de position Jean-Philippe Chagnon et Félix Castilloux. En retour, il a cédé Érik Lantigua, Jacob Thériault et Alexis Lefrançois, ainsi que des considérations futures. Au final, les Voyageurs ont remporté le championnat de division en saison, mais les Diamants ont eu le dernier mot en séries. 

La semaine dernière, le moment était venu pour les Voyageurs d’acquitter le reste de la facture à l’ouverture de la période des transactions. Les dirigeants des Alouettes pouvaient choisir trois joueurs dans une liste établie de cinq joueurs. Ils ont opté pour l’avant-champ Jean-Nicolas Lebrun, le frappeur de puissance Raphaël John Leblanc et le receveur jonquiérois Nicolas Doré. 

«Je ne regretterai jamais cet échange-là, jamais, jamais, jamais», tranche Martin Pouliot, rappelant qu’il avait initié les pourparlers avec son homologue des Alouettes. 

Du même souffle, il mentionne que Nicolas Doré ne lui a pas signifié en personne, mais il a fait savoir à d’autres membres de l’organisation qu’il était prêt à être inclus sur la liste afin d’amener du renfort en vue des séries éliminatoires.