Présidente des Voyageurs de Saguenay, Audrey Tremblay est la première femme à occuper cette fonction au sein de la Ligue de baseball junior Élite du Québec. À l’aube de sa troisième année dans cette fonction et de la nouvelle saison, la Jonquiéroise a pris de l’assurance et compte continuer à faire progresser la structure et le sport dans la région.

Audrey Tremblay: tailler sa place dans un monde d'hommes

Seule femme à présider une équipe dans la Ligue de baseball junior Élite du Québec (LBJEQ), Audrey Tremblay a su faire sa place dans cet univers masculin. Si elle a toujours été bien accueillie à la table du circuit provincial, la présidente de l’organisation des Voyageurs de Saguenay avoue qu’elle se sent beaucoup plus à l’aise maintenant, elle qui entame sa troisième saison dans cette fonction.

La première année, je dirais que j’ai été plus passive. J’observais et je ne m’impliquais pas beaucoup, admet-elle en riant. Mais je me souviens qu’au premier banquet du junior Élite, j’avais parlé avec Rodger Brulotte et ce dernier, lorsqu’il a pris la parole au micro, a dit que la LBJEQ voulait souhaiter la bienvenue à la première présidente d’une équipe de la ligue, Mme Tremblay du Saguenay. Ça faisait vraiment typique, Mme Tremblay du Saguenay. Ç’a été le fun parce que déjà, j’ai développé une belle relation avec M. Brulotte!» 

Pour les Voyageurs, cette année-là fut celle du changement puisqu’en plus de la nouvelle présidente, l’entraîneur-chef Martin Pouliot s’amenait à la barre de l’équipe jonquiéroise. Par contre, Audrey Tremblay a su bien s’entourer et elle a pu compter sur un pilier du baseball régional en Guy Hébert. Un atout puisqu’à sa première année, elle essayait de concilier ses nouvelles fonctions avec son désir de suivre les débuts de son fils aîné, Nicolas Doré, fraîchement admis à l’Académie de Baseball Canada (ABC) U18. «Il y a eu des critiques comme quoi je n’étais pas présente au (stade de Jonquière), sauf que je voyais les Voyageurs sur la route aussi», met-elle en relief.

L’an dernier, elle a pris de l’assurance et elle a commencé à apporter sa touche personnelle en mettant notamment l’emphase sur le développement de partenariats. L’argent est le nerf de la guerre et elle a notamment conclu des ententes pour l’hébergement avec l’hôtel Le Montagnais tandis que Gaétan Girard, père de Frédéric, a offert son aide pour l’organisation du tournoi de golf au profit de l’équipe qui sera de retour pour une troisième édition en mai.

Audrey Tremblay n’a jamais senti de mépris de la part des dirigeants des autres clubs du circuit provincial. «Il faut juste ne pas avoir peur de prendre sa place, mais il faut aussi être capable d’encaisser quand on se fait dire que ce n’est pas comme ça que ça marche», explique celle qui a l’humilité de reconnaître ses limites et qui «n’a pas peur de dire que je ne sais pas quelque chose quand c’est le cas.»

Par contre, il faut plus qu’un simple ‘‘non’’ pour qu’elle renonce à ses idées. «Ce n’est pas dans la nature des femmes de se faire dire non, lance-t-elle en riant. Je ne lâche pas prise et je vais essayer d’amener mon point différemment. Je vais toujours travailler dans l’intérêt des Voyageurs et c’est certain que je vais tout faire pour essayer d’arriver à mes fins!»

Bons coups

Depuis son arrivée à la tête de l’organisation, y a-t-il des réalisations dont elle est particulièrement fière? «Ce dont je suis la plus fière, c’est que la saison dernière a été une super belle année, autant au niveau de la structure financière des Voyageurs même si on n’a pas fait un grand bout en série. Je suis fière aussi d’avoir monté une équipe de confiance au sein du conseil d’administration, souligne-t-elle.

«Il y a aussi eu l’accueil de l’équipe nationale junior de Cuba, alors que nous sommes le stade où il y a eu la deuxième foule la plus importante de la tournée (provinciale). Chaque équipe organisait des activités, mais quand tu te fais dire par Rodger Brulotte qu’on a offert l’accueil le plus apprécié de toutes les régions, c’était comme Wow! Mission accomplie», ajoute-t-elle avec une fierté légitime. 

La présidente et son équipe avaient concocté un programme d’activités pour les jeunes Cubains qui passaient un peu plus de temps dans la région.

Parmi les défis qu’elle souhaite voir se concrétiser, elle aimerait mettre en place une équipe de plus en plus compétitive dans le circuit, laquelle alignerait plus de joueurs de la région. «C’est difficile, mais ça s’en vient! Cette année, au camp midget AAA, ce sera la première année qu’on a une vingtaine joueurs de la région et un de l’extérieur qui a fait notre équipe il y a deux ans. C’est le fun parce que ça veut dire que notre bassin de joueurs augmente et le talent aussi grâce au sport-études et à la structure du bantam AA et du midget AAA», conclut celle qui souhaite aussi augmenter le sentiment d’appartenance des joueurs au sein de l’équipe.  

UNE VÉRITABLE PASSION FAMILIALE

Native de Chambord, Audrey Tremblay a toujours aimé le baseball, même si «à l’époque, je jouais, mais j’étais vraiment mauvaise», confie-t-elle en riant. Plus sérieusement, elle raconte que cette passion que lui a transmise son père, Rémi Tremblay. «J’ai toujours aimé le baseball. Mon père était un fan des Expos (de Montréal). Et quand je suis déménagée à Québec, j’avais le terrain de baseball à côté de chez nous et je me disais toujours que si j’ai un garçon, j’espère qu’il va jouer au baseball.» Ses espoirs se sont concrétisés puisque ses deux fils, Nicolas et Alexandre Doré, âgés respectivement de 19 et bientôt 15 ans. Ils ont fait leurs classes au sein de la filière des Voyageurs. «Nicolas baigne dans le baseball depuis qu’il est petit. Mon père l’a emmené voir le dernier match des Expos à Montréal. Quant à Alexandre, il a suivi les traces de son grand frère», mentionne celle qui est revenue dans la région en 2003.

Son aîné jouant au baseball, Audrey a naturellement joint l’organisation du baseball mineur de Jonquière en même temps qu’Éric Dion. «Pendant trois ans, je me suis occupée des jeunes du Rallye cap, puis de l’atome», relate celle qui était déjà l’une des rares femmes à oeuvrer dans le baseball. Après une pause, elle a repris du service, cette fois pour l’implantation du sport-études qui célèbre son 10e anniversaire de fondation cette année. Ce sera d’ailleurs là qu’elle fera ses premiers pas à la direction d’une organisation de baseball. «Il y avait Éric Dion, Steve Laviolette, Alain Fournier et Luc Tremblay. J’étais la seule fille du groupe et j’étais administratrice. Puis, avec le départ d’Éric (2011-12), j’ai pris la présidence. La structure a ensuite changé pour devenir l’Académie de baseball performance de Robert Fatal qui a pris en change la gestion du sport-études. (Depuis le départ de Fatal), j’ai toujours le mandat de la gestion locale. Je suis comme son bras droit. Je m’occupe des négociations avec les commissions scolaires et des communications avec les parents pour le suivi, etc.», mentionne la Jonquiéroise qui est toujours responsable de ce programme.

Il y a cinq ans, Audrey Tremblay a accepté de donner un coup de main à Robert Fatal et d’agir comme responsable du midget AAA au sein de l’organisation des Voyageurs de Saguenay. Chargée des communications avec Baseball Québec, elle a commencé à développer un réseau de contacts. «Je m’occupais de la planification de l’équipe lorsqu’on partait jouer à l’extérieur, des cotisations, des plaintes des parents, etc. J’étais en quelque sorte la gérante de l’équipe et j’avais des liens avec les gérants des autres équipes du Québec», énonce celle qui a assumé cette tâche pendant deux ans. À l’époque, il  y avait quelques femmes dans ce rôle, mais la Saguenéenne se distinguait de par son contact direct avec Baseball Québec, dont Sylvain Saindon, directeur technique.

Audrey Tremblay a ensuite succédé à Robert Fatal à la direction de l’organisation des Voyageurs, puisque le grand manitou du baseball régional est allé oeuvrer à Montréal.