Vingt nageurs amateurs affronteront le lac Saint-Jean

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Il n’y aura peut-être pas de Traversée internationale du lac Saint-Jean cet été, mais le défi de nager le Piékouagami sera tout de même tenté, alors qu’un groupe d’une vingtaine de nageurs espère parcourir les 32 km entre Péribonka et la place de la Traversée, à Roberval, le 22 août.

Michel Dufour, qui a réussi sept fois la traversée, a lancé l’idée sur un groupe Facebook de nageurs en eau libre au printemps.

« Nous devrions le faire malgré les circonstances particulières. Ceci rendra l’exploit encore plus grand. Ma réflexion s’est faite à partir des premiers nageurs de longue distance. Je pense particulièrement à Robert Cossette et Jacques Amyot. Robert me disait souvent que dans le temps, il n’y avait pas de piscine intérieure. Alors, que faisait-il pour être prêt à réaliser l’exploit ? Il s’entraînait en gymnase et à partir du mois de mai, il s’entraînait dans des lacs à l’extérieur. Pourquoi ne pas s’inspirer de ces athlètes? », s’était alors interrogé M. Dufour.

« Je sais que ce n’est pas l’idéal, mais ce sera notre façon de démontrer qu’il y a une vie en présence de la COVID-19. Qui est partant ? Il s’agira d’un exploit unique qui marquera l’histoire sportive. Pensez-y: la Traversée internationale a été annulée. Une gang de nageurs amateurs réalisera l’exploit? Ce serait extraordinaire », avait-il poursuivi.

Si plusieurs le feront à relais, huit soldats tenteront la traversée en solitaire, malgré un entraînement un peu réduit en raison de la pandémie. « On a passé près de trois mois sans pouvoir s’entraîner, ce qui a un peu compliqué les choses, mais tout le monde s’est entraîné à un bon rythme et on a bon espoir de réaliser l’exploit, chacun à sa vitesse », a expliqué Michel Dufour.

La majorité des participants en seront à une première expérience, dont six des huit qui le feront en solo. Parmi eux, Sonia Tremblay a décidé de s’offrir ce défi à l’occasion de son 50e anniversaire. « C’est quelque chose de gros, mais je pense que... non, je ne pense pas: je vais réussir. Je me trouve choyée d’être encore autant en forme à 50 ans. J’ai réalisé plusieurs choses du point de vue sportif dans ma vie, mais la traversée, c’était un rêve. Avec la pandémie, c’était l’année pour ça, alors je me suis lancée. Ce sera un voyage intérieur pour moi. »

Elle avoue que le support du M. Dufour joue un gros rôle dans sa préparation. « Avec Michel, mon idole, qui nous aide et qui nous donne des rendez-vous pour s’entraîner, ça aide vraiment. On est une belle gang et peut importe ce qu’il va arriver, juste de les avoir côtoyés cet été, ce sont de beaux moments. »

Son avis est partagé par Luc Gagnon, qui tentera l’exploit pour une troisième fois, à 71 ans. « Le plus beau cadeau, c’est Michel. C’est lui qui est derrière tout ça. Il nous a motivés et préparé tout un programme d’entraînement. C’est un amoureux de la natation et c’est grâce à lui tout ça. »

De son côté, ce qui fascine M. Dufour, c’est la provenance de ses acolytes. « Ce qui est intéressant, c’est que les gens qui participent, ce sont des travailleurs et il y en a plusieurs qui ont de jeunes familles. Ils trouvent le temps de s’entraîner pour ça. Je pense que ça, c’est exceptionnel. Ce sont des gens qui mettent beaucoup d’efforts là-dedans et ils méritent qu’on en parle. »

Une première fois... chaque fois

Michel Dufour en sera à une huitième traversée, mais selon lui, chaque fois est unique. « C’est toujours différent d’une fois à l’autre. Une fois, c’est la température; l’autre fois, ce sont des malaises ou une mauvaise journée. C’est comme la première fois à chaque occasion. L’important, c’est de ne pas se laisser distraire par les éléments externes. »

Luc Gagnon partage cet avis. « Le lac Saint-Jean, c’est une mer intérieure. Tu peux partir dans certaines conditions et ça peut changer très rapidement. Il suffit de garder sa concentration et de maintenir son rythme. Il ne faut pas essayer de suivre les autres. »

Pour réussir, les nageurs ont mis beaucoup d’heures à l’entraînement. Pour certains, le cap des 400 km de nage sera dépassé dans les prochaines semaines. « Pour un nageur, ce qui est important, c’est la régularité. Il faut nager beaucoup, cinq ou six fois par semaine, pour réussir quelque chose comme ça. C’est ce qui est bien de le faire en groupe. Ça nous permet de nous motiver entre nous, de discuter de nos expériences et de nous rassurer », a mentionné Emmanuel Colomb, qui tentera l’exploit en équipe, le jour même de son 55e anniversaire.

Un Manque de bateaux

Bien sûr, il est impossible de tenter l’exploit sans avoir un bateau qui suit chaque nageur afin d’assurer sa sécurité. Le groupe est d’ailleurs à la recherche de deux gentilles personnes pour les accompagner. « Il nous manque en ce moment deux bateaux. Sans eux, c’est impossible de réaliser la traversée. »

M. Dufour invite quiconque voudrait leur venir en aide, à communiquer avec lui sur Facebook.