Pour David Gendron, propriétaire de Gendron Bicycles à Chicoutimi, les ventes de vélos vont bon train, mais la disponibilité de certains modèles complique les choses.
Pour David Gendron, propriétaire de Gendron Bicycles à Chicoutimi, les ventes de vélos vont bon train, mais la disponibilité de certains modèles complique les choses.

Vélos et espadrilles se font de plus en plus rares

La course à pied et le vélo font partie des activités qui ont connu une forte hausse de popularité durant le confinement. Tellement que plusieurs boutiques de sports, ici comme ailleurs, ont de la difficulté à répondre à la demande. Dans certains cas, il y a même une pénurie chez les fournisseurs habituels, comme on a pu le constater lors d’appels logés dans quelques commerces de la région.

Complètement fou !

Propriétaire de la Boutique VO2 du boulevard Talbot à Chicoutimi, Dominic Piché avoue que la forte demande en vélos et en chaussures de course a quand même causé une surprise. « Au mois de mai, c’est toujours une période très achalandée, mais cette année, c’est complètement fou ! On n’a pas perdu le contrôle, mais c’est fou. Dans le vélo, c’est en rupture de stock chez plusieurs fournisseurs et on fait des pieds et des mains pour être capables de trouver des vélos pour nos clients », confirme-t-il.

« Il y a beaucoup de nouveaux cyclistes et la pandémie a créé beaucoup de nouveaux coureurs. Je connais plein de gens autour de moi qui n’avaient jamais couru parce qu’ils n’avaient pas le temps et ce sont de nouveaux coureurs. Les gens se sont dit qu’il fallait bouger et le vélo et la course à pied sont deux sports où la distanciation sociale est facile à respecter », explique-t-il.

Les espadrilles sont donc devenues très populaires. « C’est moins pire que le vélo parce que les distributeurs ont un peu plus de volume, mais la semaine passée, dans nos marques, on n’avait plus rien. On avait fait des commandes qui n’étaient pas arrivées, alors on est tombé en rupture de stock. Mais il y a de l’inventaire chez les fournisseurs d’espadrilles, alors c’est un peu plus facile (d’en avoir) que dans le vélo », note celui qui a constaté que chez les fournisseurs, il est quasi impossible de trouver des vélos coûtant moins de 1000 $ ou de 1500 $ actuellement.

La gestion des commandes représente aussi un beau défi avec la reprise des activités. Fermée lorsque le Québec a été mis sur pause, la boutique a d’abord été accessible aux clients par les médias sociaux, les courriels et le téléphone. Mais maintenant que la boutique est rouverte, les gens continuent d’utiliser tous ces moyens de communication. Ce qui représente un beau défi de gestion pour répondre à la clientèle.

À la Boutique VO2, les espadrilles et les vélos trouvent rapidement preneurs et le propriétaire Dominic Piché fait des pieds et des mains pour maintenir l’approvisionnement.

« L’achalandage (à la boutique), c’est malade ! C’est comme jamais », assure Dominic Piché, qui ne se plaint surtout pas de la situation. « C’est un beau problème, mais il faut être capable de garder le contrôle afin de pouvoir répondre aux clients, car on ne veut pas en perdre non plus ! »

Rareté

Chez Sports Experts/Atmosphère à Alma, l’approvisionnement commence à être plus difficile pour certains articles. « Nous ne manquons pas de stock, mais si ça continue comme ça, ça va venir, admet le copropriétaire Olivier Maltais. Dans le département de la chaussure, j’ai déjà replacé plusieurs commandes depuis qu’on a rouvert et j’en ai reçu parce que sinon, j’en aurais manqué. Dans le vélo, j’ai là aussi replacé des commandes, mais c’est plus difficile. Et il y a certains articles comme des ballons de football que je ne suis pas capable d’avoir avant la mi-juillet. »

Combinée à une hausse de la demande depuis le début de la pandémie, la fermeture des usines durant quelque temps a provoqué la rareté, voire la pénurie de certains équipements de sport. « C’est sûr qu’en ne voyageant pas aux États-Unis cet été ni à l’étranger l’hiver prochain, les gens prennent leur dollar-loisir pour l’investir chez eux. Donc, oui, la demande est plus (forte) que d’habitude en patins à roues alignées, planches de skate, vélos, etc. », convient M. Maltais.

Inventaires

Propriétaire de Gendron Bicycles sur la rue Price Est, à Chicoutimi, David Gendron doit lui aussi composer avec des pénuries pour certains modèles de vélo. « On sent un engouement. Pour nous, le printemps est déjà une forte période, mais ce qui est différent, ce n’est pas tant la vente de vélos que la disponibilité de vélos », nuance-t-il.

« Il faut croire que j’ai un commerce qui va vraiment bien, car les ventes sont similaires à l’an passé et on fournit autant qu’on est capable, sauf qu’on ne peut plus répéter parce que nos fournisseurs n’ont plus d’inventaire. »

Chez Sports Experts/Atmosphère d’Alma, l’approvisionnement en articles de sport se maintient, mais si ça continue, il pourrait y avoir de la rareté, notamment dans le vélo. Et certains articles, comme les ballons de football, ne seront pas disponibles avant la mi-juillet. Ci-haut, la copropriétaire Christine Maltais.

Le confinement en Asie a fait en sorte que les productions ont arrêté et les inventaires provenant de ces fournisseurs ont été réduits alors que la demande était en hausse. « C’est un problème parce que nous n’avons plus de stock », déplore M. Gendron, qui venait de perdre deux ventes parce qu’il n’était pas en mesure d’avoir les vélos désirés.