Après 11 ans passés en patinage de vitesse courte piste, la Baieriveraine Valérie Maltais a trouvé une nouvelle source de motivation avec le patinage de vitesse sur longue piste.

Valérie Maltais vise les Jeux de 2022

Au cours de la dernière décennie, le Saguenay–Lac-Saint-Jean a fourni de nombreux olympiens en patinage de vitesse courte piste, notamment chez les filles. Des trois derniers Jeux olympiques, il ne reste que Valérie Maltais encore en piste. Mais c’est toutefois en longue piste qu’elle a décidé de poursuivre sa carrière sportive, et ce, jusqu’aux Jeux de Beijing, en Chine, en 2022.

À 28 ans, la Baieriveraine est en effet la seule encore en lice de cette cuvée exceptionnelle de Bleuettes en haute performance. Les Marianne Saint-Gelais, Marie-Ève Drolet, Kasandra Bradette ont toutes pris leur retraite depuis les Jeux de Pyeongchang. Contrairement à ses anciennes coéquipières, Valérie n’a jamais envisagé accrocher définitivement ses patins. Mais le changement pour les longues lames est devenu l’option idéale pour retrouver la motivation.

«Après 2018, je savais que pour moi, le courte piste était terminé. Je n’avais plus envie de faire du courte piste, mais j’avais encore envie de m’entraîner beaucoup. De m’en aller en longue piste, ça m’a donné un élan de fraîcheur. L’an passé, si je ne m’étais pas qualifiée sur l’équipe nationale, oui, ça aurait été la retraite», explique-t-elle lors d’une entrevue téléphonique au Progrès alors qu’elle se trouvait en Alberta.

L’olympienne avait plus de difficulté à composer avec le côté ‘‘roller derby’’ du courte piste. «Ça fait partie de la beauté du sport, mais en même temps, c’est ce qui est difficile. J’étais un peu fatiguée de ça. T’arrives super en forme et il arrive toujours quelque chose. Ça devient épuisant émotionnellement. J’en étais rendue là», concède-t-elle.

«Mes parents m’ont toujours donné comme valeur d’avoir du plaisir à faire ce que je fais.» Comme le plaisir était moins présent, mais que le désir de s’entraîner était toujours aussi grand, le longue piste s’est avéré la réponse à ses aspirations.

Même si la technique était différente, l’ancienne porte-couleurs du club F18 de La Baie croyait en ses chances de faire l’équipe nationale. «Tu le sais et tu le sens que tu vas performer à un moment donné. Je n’avais jamais fait de longue piste et j’espérais que ça fonctionne. J’avais l’impression que ça allait fonctionner, que j’avais suffisamment de talent pour performer dans ce sport-là même si on n’est jamais certain à 100 %.»

Bien sûr, tout n’était pas lié à sa qualification dès sa première saison. «Si ça n’avait été qu’une question de quelques secondes, je n’aurais pas pris ma retraite automatiquement», nuance celle qui nourrit de belles ambitions pour la prochaine saison. «Je vais essayer de continuer de faire les coupes et les championnats du monde. Je veux aussi essayer de monter dans le groupe A parce que la saison dernière, j’ai fait beaucoup de courses dans le groupe B. Et pour la poursuite par équipe, on a atteint la 4e position au Championnat du monde, alors cette année, d’atteindre un podium ensemble, ce sera l’objectif», énonce-t-elle.

«Mon objectif est de me qualifier pour les prochains Jeux. Après cela, pour le moment, ce serait la retraite. C’est comme ça que je me prépare. Je m’entraîne encore trois ans et après, on va voir.»

Apprivoiser la retraite

Même si elle avoue que la retraite lui fait peur, Valérie Maltais l’apprivoise en évoquant le sujet plus souvent. «Depuis les Jeux de Pyeongchang, j’en parle de plus en plus. Je me suis inscrite à des programmes pour vraiment me préparer de plus en plus à la retraite. De plus en plus, je sens que ça arrive et j’essaie de me préparer le mieux possible. Je suis une fille anxieuse qui aime planifier ses affaires et voir à long terme. Quand la retraite arrive, il y a beaucoup d’incertitudes et ça me rend nerveuse, donc j’en parle.»

Bien qu’elle ait son diplôme collégial en diététique en poche, elle aimerait bien se diriger en communications, un atout qu’elle s’est découvert au fil des ans et des entrevues. «J’essaie de voir mes qualités en tant que personne et non en tant qu’athlète», indique celle qui s’est inscrite à un bac général en arts (communications) via TÉLUQ. La formation à distance est en effet une option intéressante pour celle qui partage son temps entre le centre national de Calgary en Alberta, où elle réside avec son amoureux, le patineur longue piste Jordan Belchos, et son pied-à-terre à Montréal.

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1000 KM POUR LE CANCER DU SEIN

Malgré un horaire serré en raison des entraînements, Valérie Maltais a accepté de s’associer à la cause du cancer du sein en s’inscrivant à la Virée rose. L’idée a germé après avoir pris part au Spinning des célébrités, une autre activité de la Fondation du cancer du sein tenue au printemps, durant sa pause d’entraînement. 

L’athlète de 28 ans était déjà sensible à la cause. «C’est fou comment je suis entourée de gens qui sont aux prises avec le cancer du sein, énonce-t-elle en entrevue. C’est la fondation qui me rejoint le plus. Dans ma famille, j’ai trois de mes tantes et ma grand-mère (qui ont été touchées).» Entre-temps, elle a appris que la belle-soeur de sa meilleure amie venait elle aussi d’être diagnostiquée du cancer du sein.

Elle a donc communiqué avec la fondation pour savoir si elle pouvait s’inscrire à d’autres événements. C’est ainsi qu’on lui a proposé la Virée Rose. «Ce qui est le fun avec ce défi, c’est que ça se passe tout l’été jusqu’au mois de septembre. Les gens peuvent s’inscrire pour se donner un défi et accumuler des kilomètres, que ce soit à la course, du vélo ou n’importe quoi comme les tâches ménagères, monter les marches de vélo, etc.»

Ce défi lui plaît parce qu’elle incite à bouger et à changer des habitudes de vie pour de nouvelles tout en ramassant des fonds pour la cause.

«Ce défi est vraiment super pour moi parce que tu combines l’activité physique, tu en fais la promotion et en même temps, tu peux te donner l’option de donner de l’argent.»

Dans son cas, elle s’est fixé comme objectif d’amasser 1000 $, soit un dollar par kilomètre effectué, mais elle ne veut pas «achaler» les gens avec ça, comme elle dit. «Il y a beaucoup de sollicitation pour de nombreuses fondations et ce sont toutes de bonnes causes. Moi, mon objectif est d’amasser 1000 $, mais ce n’est pas la fin du monde si je ne l’atteins pas», assure la Baieriveraine.

Les personnes qui souhaitent l’encourager dans son défi et contribuer à sa cause peuvent le faire avec ce lien: https://bit.ly/2ZIEoLZ.

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LE CENTRE MARC-GAGNON, UN ATOUT

Valérie Maltais a été à demi surprise de la retraite de Kasandra Bradette et de Samuel Girard. Elle les savait en réflexion quant à leur avenir en courte piste, mais la décision de Samuel, à 22 ans, l’a quand même étonnée. 

Par contre, elle comprend très bien les raisons qui les ont motivés. D’ailleurs, la Baieriveraine plaide en faveur de garder les jeunes dans leur milieu au moins jusqu’à la fin de leurs études secondaires. 

Les athlètes du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont la chance d’avoir un atout comme le centre Marc-Gagnon. «C’est un enjeu pour plusieurs athlètes de s’en venir à Montréal ou ailleurs. Maintenant, ils (centres nationaux) demandent aux jeunes de s’en venir en plein milieu de leur secondaire. Moi, je suis allée à Montréal à la fin de mon secondaire, à 17 ans. 

«Je continue à promouvoir de leur laisser finir leur secondaire dans leur milieu, avec leur famille. Avec le centre Marc-Gagnon, on a été chanceuses parce que nous avions une bonne gang d’athlètes qui étaient tous forts. On pouvait s’entraîner à un bon niveau et pouvoir rivaliser quand même avec les membres de l’équipe nationale. À l’époque, nous étions tous partis après notre secondaire. Mais on dirait que les attentes des centres ont changé», a-t-elle conclu.