Même si elle estime qu’elle a encore beaucoup de pain sur la planche, la patineuse de vitesse de La Baie, Valérie Maltais, s’est bien adaptée au longue piste. Elle pourra se mesurer avec l’élite mondiale en décembre où elle prendra part à deux étapes de la Coupe du monde.

Valérie Maltais: une transition réussie

Valérie Maltais a toujours été vite sur ses patins, que ce soit sur longues lames, à roues alignées... ou dans la vie.

Après les Jeux olympiques de PyeongChang, la Baierieveraine a annoncé qu’elle passait de la courte piste au longue piste. Trois mois après avoir apprivoisé son nouveau sport et son nouvel environnement à Calgary, l’athlète de 28 ans a pris part à ses premiers Championnats canadiens en longue piste où elle a réussi une 3e place au 3000 m. Même si elle n’a pas réussi le standard, sa progression est suffisamment bonne pour obtenir son billet pour les coupes du monde 3 et 4 en Pologne (7 au 9 décembre) et aux Pays-Bas (14 au 16 décembre).

En entrevue téléphonique, la Saguenéenne avoue que la transition ne s’est pas faite en un tournemain. « Quand j’ai commencé sur la longue piste, j’ai réalisé que ce ne serait pas pareil. Je pensais que ce serait un peu plus facile de m’adapter au niveau de la technique, mais au début, il a fallu que je fasse quelques séances seule avec l’entraîneur », relate celle qui a eu plus de difficultés à s’adapter aux accélérations dans les lignes droites.

Dès le départ, elle s’est retrouvée dans le groupe d’élite, avec les membres de l’équipe nationale. « Au début, je n’étais même pas capable de suivre les accélérations, car c’est un patin qui est différent avec la glace, etc. Mais je n’ai jamais eu peur de poser des questions que quelqu’un de l’équipe nationale ne poserait pas. Les portions droites des tracés qui sont très courts en courte piste constituent une partie vraiment importante en longue piste. Alors j’ai mis mon ego de côté et j’ai recommencé à la base. J’ai posé beaucoup de questions et demandé des conseils », raconte la Baieriveraine qui était hors de sa zone de confort.

« C’est vraiment à un mois des Championnats canadiens que je me suis dit que je fonçais vers les Championnats canadiens avec de plus en plus d’outils en poche pour faire une performance à la hauteur de ce que je souhaite. Je les ai faits dans cet état d’esprit et je me suis retrouvée dans une zone de compétition que je connais et dans laquelle je suis confortable », avoue Maltais, qui avait quand même appris la gestion du stress avec l’expérience de trois Jeux olympiques derrière la cravate.

« Je n’ai pas fait la performance que j’aurais voulue. J’ai terminé troisième (au 3000 m) et j’étais vraiment contente de cette position, mais moins du temps (4 : 10.42), car j’avais fait un meilleur temps la fin de semaine précédente », souligne celle qui s’est installée à Calgary en mai, mais qui a gardé son pied-à-terre au Québec.

La jeune femme admet que malgré ses nombreuses années d’expérience en Coupe du monde et aux championnats canadiens, la fébrilité était encore bien présente. « Lorsque j’ai fait mes premières coupes du monde en courte piste, c’était à l’automne 2008. Et là, à l’automne 2018, je vais faire mes premières coupes du monde en longue piste et on dirait que je suis aussi fébrile qu’à mes débuts. Mais ce vent de fraîcheur fait du bien. »

Du temps et du travail

En courte piste, Valérie Maltais s’est toujours distinguée par son endurance, une qualité qui la sert en longue piste, même si pour l’instant, elle se concentrera sur les distances du 1500 m et du 3000 m en Coupe du monde. « Faire des tours pas trop vite pendant longtemps, ç’a toujours été mon genre et c’est ce qui se reflète en longue piste actuellement. »

Fidèle à ses habitudes, la Baieriveraine ne rechigne pas à l’ouvrage pour s’améliorer. « La seule façon de m’améliorer et de prendre confiance, c’est de faire des courses. Je fais de petites erreurs techniques qui me coûtent une demi-seconde au tour, ce qui est énorme, et c’est pourquoi j’ai besoin de prendre de l’expérience de course. Il faut mettre du temps et du travail. J’ai la capacité physique, mais il faut que je sois capable de la transmettre sur la glace. »

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EN PAYS DE CONNAISSANCE

Lorsqu’elle s’est pointée à Calgary pour amorcer sa nouvelle carrière en patinage de vitesse longue piste, elle était en pays de connaissance. Elle a renoué avec Ivanie Blondin et Keri Morrison, deux anciennes patineuses courte piste et deux autres patineuses longue piste qu’elle avait connues durant les Jeux olympiques.

Malgré cet avantage, il fallait quand même qu’elle fasse sa place au sein de l’équipe tout en respectant celles qui en faisaient déjà partie. « Au début, c’est toujours intimidant de faire sa place dans l’équipe. Mais la fille d’adon du Saguenay est sortie et ça s’est vraiment bien passé », raconte-t-elle en riant.

En fin de semaine, la Baieriveraine a aussi pu renouer avec ses anciennes coéquipières puisque Calgary est l’hôte de la première étape de la Coupe du monde sur courte piste. « La seule chose qui me manque, c’est ma gang de filles (du courte piste), mais j’en ai une (autre) ici maintenant et je m’entends super bien avec les filles avec qui je m’entraîne », assure-t-elle.

Valérie avoue avoir regardé les Championnats canadiens en courte piste. « Pour moi, c’était un bon test pour savoir si j’étais passée à autre chose et si j’étais à la bonne place. J’étais excitée de regarder les compétitions, mais je ne me voyais pas à cet endroit. Je pense que je suis vraiment à la bonne place. » Même son entraîneur en courte piste, Fred Blackburn, lui a dit qu’il était content pour elle et qu’elle était à la bonne place. 

Sereine, Valérie Maltais amorce donc un autre cycle de quatre ans. « Si les performances sont là, je veux continuer jusqu’aux prochains Jeux olympiques. Mon objectif est de continuer quatre ans, mais j’y vais une année à la fois », a-t-elle nuancé.