L’artiste-peintre spécialisée dans le design de masques de hockey, Sylvie Poitras, a réalisé les trois masques du nouveau membre du Panthéon du hockey, Martin Brodeur, en vue des activités liées à son intronisation. Dont le match de dimanche de la Classique des légendes du Temple de la renommée du hockey.

Une touche de Sylvie Poitras aux trois masques du cerbère

Même si on retrouve ses créations aux quatre coins de la planète, l’artiste-peintre saguenéenne Sylvie Poitras a de nouveau vécu un beau moment de fierté en voyant le gardien Martin Brodeur arborer l’un des trois masques de gardien de but qu’il lui avait commandés en vue des activités entourant son intronisation au Temple de la renommée du hockey.

La spécialiste des créations en aérographie (airbrush) n’en est pas à ses premières œuvres pour le célèbre cerbère #30 des Devils du New Jersey qui a officiellement joint le Panthéon du hockey lundi soir. Mais pour cette nouvelle mission, elle a dû travailler rapidement, car au lieu des deux exemplaires habituels, elle en a réalisé trois, chacun étant différent l’un de l’autre. Dimanche, Brodeur et son fils aîné Anthony faisaient en effet partie de l’Équipe Belfour contre l’Équipe Fuhr dans le cadre de la Classique des légendes du Temple de la renommée du hockey disputée au ScotiaBank Arena.

« Au départ, (Martin Brodeur) devait porter un masque différent pour chaque période, d’où la commande de trois », explique l’artiste peintre qui ne savait pas précisément le sort qui serait réservé à ses œuvres par la suite. « C’était une commande spéciale pour le Temple de la renommée du hockey. (...) Si je ne me trompe pas, ils seront mis aux enchères », avance-t-elle.

Lors de ce duel des légendes, Brodeur fils a amorcé la rencontre avant de laisser sa place au paternel pour finalement revenir devant le filet et terminer la rencontre. Les spectateurs auront donc pu admirer au moins l’une des œuvres de ce trio de prestige.

Belle carte de visite

Habituellement, Sylvie Poitras réalise deux exemplaires similaires pour les gardiens de hockey, un qu’ils utilisent tout le temps et l’autre en réserve. Après discussions avec le joueur, elle concocte une œuvre en fonction des attentes de son client. Cette fois-ci, ce fut différent.

« Quand les masques sont arrivés (à mon atelier), les designs étaient déjà faits. J’ai discuté avec celui qui les avait faits et j’ai proposé certaines choses. On les a modifiés un peu. Normalement, ça me prend en moyenne 20 heures pour faire un masque. Pour ce projet, ça ne m’a pas pris 60 heures parce que je les ai faits un à la suite de l’autre, mais ça m’a pris de deux semaines et demie à trois semaines », mentionne celle qui œuvre dans ce domaine depuis une quinzaine d’années.

Le premier cerbère de la LNH à lui faire confiance a été l’ancien des Sags, Marc Denis. Puis, ce fut au tour de Mathieu Garon, lequel lui a permis de se faire connaître davantage dans la LNH. « À l’époque (2007-2008), Reebok m’avait offert de faire un masque spécial pour Mathieu Garon », relate celle dont Garon fut le plus fidèle client. « À partir de ce moment-là, on a continué de travailler ensemble jusqu’à la fin de sa carrière. »

« J’ai commencé à travailler avec Mathieu lorsqu’il était avec les Oilers d’Edmonton. Dans la même année, il a été échangé aux Penguins de Pittsburgh où il a gagné la coupe. J’ai donc une belle photo de mon masque dans la coupe Stanley, mentionne-t-elle avec un grand sourire. Par la suite, il est allé à Colombus (2009 à 2011) avant de jouer à Tampa Bay (2011-13). »

Ce premier contrat lui a ouvert des portes. « Une fois que j’ai eu fait (le masque de) Mathieu Garon, Reebok m’a offert, un peu plus tard dans la même saison, de faire la même chose pour Martin Brodeur parce qu’il voulait un peu de changement. C’est sûr que j’ai dit oui, avec plaisir ! »

Ce fut le premier d’une dizaine de créations pour Brodeur, dont celle qui se retrouve sur la pochette du jeu vidéo NHL14 produit par EA Sports. « (Les gens de EA Sports) m’ont parlé pour obtenir des photos du masque de Martin afin qu’ils puissent le reproduire le plus fidèlement possible dans le jeu, raconte la Saguenéenne. Avant, ils ne reproduisaient pas les peintures sur les masques, mais parce que c’était Martin, ils ont décidé de la reproduire le plus fidèlement possible. »

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UN ÉTERNEL RECOMMENCEMENT

Le talent de Sylvie Poitras commence à être reconnu dans le milieu du hockey professionnel, mais l’artiste-peintre ne tient rien pour acquis.

« Oui, je commence à être reconnue, mais ça ne fait pas longtemps, nuance-t-elle en entrevue. De travailler avec Martin (Brodeur), ça m’a offert une belle visibilité », convient-elle.

La Saguenéenne avoue qu’elle doit constamment travailler à développer une nouvelle clientèle et à se tenir au courant des nouvelles tendances. « C’est un éternel recommencement. Mais je suis chanceuse ; j’ai eu comme client Martin Brodeur qui est l’un des meilleurs gardiens de but qui aura existé. (...) Mais maintenant, tout change tellement vite. Même pour moi, les outils et techniques de travail changent. Et avec le Web, on voit tout ce que tout le monde fait. Tu ne peux plus faire de cachette », fait valoir celle qui doit toujours être sur le qui-vive pour rester dans le coup.