Marianne St-Gelais a chuté une deuxième fois en autant de jours lors des Championnats du monde de patinage de vitesse courte piste, à Montréal. Vendredi, elle était tombée au 1500 mètres. Samedi, elle a chuté plus lourdement en demi-finale du 500 mètres.

Une séparation surprise pour les parents de Marianne

Les parents de Marianne, Gaétan Saint-Gelais et Francine Privé, n’ont jamais vu venir la séparation de leur fille et de Charles Hamelin qui formaient un couple depuis dix ans.

«Moi, j’ai eu comme un coup de poing dans le ventre, image Francine Privé. Je ne l’ai pas vu venir.»  

Lors de leur séjour chez Charles et Marianne durant les Fêtes, rien ne semblait clocher entre les tourtereaux.

«On ne s’y attendait pas parce qu’on ne vit pas avec eux. On les voit à Noël et de temps en temps à l’été. Un couple ça se fait et ça se vit à deux. Des fois, tu vois des couples se chicaner et tu te dis que ça va mal, mais eux, on ne les voyait pas se chicaner», explique le paternel.

Les parents de Marianne ne font pas un pas dans l’aréna Maurice-Richard sans qu’on leur parler de Marianne, de sa rupture avec Charles ou de ses derniers  moments comme athlète qui ne se déroulent pas comme Marianne l’aurait souhaité. Généreux comme à leur habitude, ils répondent aux questions dans la mesure du possible, car ils estiment que la décision de Charles et Marianne ne regardent qu’eux.

Cela dit, ils ne se sentent pas déchirés et se réjouissent autant des succès de Charles et de sa décision de poursuivre sa carrière que des derniers moments de Marianne avant sa retraite. «On a eu l’onde de choc et un coup passé, on a respecté leur décision. Ce n’est pas parce que ce sont des athlètes qu’ils sont pires ou mieux que d’autres. À mon avis, ils ont plus heureux comme ça», résume Francine Privé. Quand ils ont appris la nouvelle, les parents de Marianne n’ont fait ni une ni deux et sont allés voir leur fille même si cette dernière affirmait bien aller. Mais ses parents voulaient avoir l’heure juste, face à face, pas par téléphone ou Facebook. «On s’était amenés du bagage pour la semaine, mais on est resté deux jours’» mentionnent les parents qui sont repartis rassurés.

D’autre part, Mme Privé a démenti les rumeurs voulant que Marianne devait se marier au Zoo sauvage de Saint-Félicien en août. «Je pense que peut-être Marianne a dit qu’elle aimerait se marier au zoo, mais il n’y avait rien d’organisé. On a même rencontré Lauraine Gagnon, la directrice du zoo, et je lui ai demandé si elle savait que Marianne s’y mariait. Ç’a ben l’air que non. Je pense que ç’a été une rumeur qui plaisait aux gens. Elle a peut-être dit qu’elle aimerait s’y marier, mais ils en ont fait une réalité. Quand on lui en avait parlé, elle nous avait dit: "T’sé maman, des noces ça se prépare quasiment un an d’avance. Tu ne peux pas finir ta saison et te marier au mois d’août, c’est impossible." Je ne sais pas où ils sont allés chercher ça.»

«Je pense que les gens se sont laissé embarqués par la magie du conte de fée: ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. C’était comme le couple chéri des Olympiques», avance-t-elle.

Malgré l’absence de Marianne, les autres patineuses de l’équipe féminine, soit Valérie Maltais (La Baie), Kasandra Bradette (Saint-Félicien), Kim Boutin (Sherbrooke) et Jamie Macdonald (Colombie-Britannique) ont accédé à la finale au relais.

La retraite

À l’exception de Bastien, retenu par ses études, toute la famille Saint-Gelais était présente pour partager avec Marianne ses derniers moments en courte piste. Marjorie, son conjoint et leur fille Livia, 16 mois, ainsi que Catherine étaient sur place. Tous savourent les derniers instants de la carrière bien remplie de Marianne en courte piste.

«Je suis contente parce qu’elle patine devant ses fans (samedi et dimanche) et c’est ce qu’on lui souhaitait. De passer les qualifications pour pouvoir patiner devant ses fans. On ne lui demande d’être la championne du monde. Je pense que les derniers Olympiques et le championnat du monde ne représentent pas ce qu’elle est. Ce n’est pas ce qu’elle voudrait, mais elle n’est peut-être pas à son maximum», mentionne sa mère en référant à la séparation de Charles et Marianne. «Mais elle prend du mieux. On le voit  et on commence à retrouver notre Marianne. Ce n’est pas facile, mais on a vécu pire», ajoute le paternel en référant aux Jeux de PyeongChang où leur olympienne n’a pas obtenu les résultats escomptés.

«Elle fait sa job et elle essaie des choses, mais ça n’a pas fonctionné, souligne sa mère. On lui souhaite toujours de faire au moins les demi-finales. On sait qu’elle est capable de faire des finales et de monter sur le podium. Sinon c’était correct aujourd’hui: elle a fait une bonne course et elle a tout tenté mais ça n’a pas passé.»

Selon eux, Marianne est prête à passer à autre chose. «Elle nous a dit: pourquoi je ferais un an de plus si je n’ai pas le goût de faire quatre ans. Elle a toujours dit qu’elle avait hâte d’avoir une vie comme tout le monde. Elle n’a pas eu de jeunesse. Elle est partie à 17 ans (pour Montréal) mais elle s’entraîne depuis l’âge de 10 ans» rappelle sa mère.

Marianne devrait  rester à Montréal et continuer à faire des chroniques à l’émission Entrée principale. Ses parents s’attendent à la voir un peu plus puisqu’elle aura du temps. «D’habitude, elle fait un voyage dans le Sud, mais cette année, c’est un peu spécial parce qu’elle doit se chercher un autre logement et qu’elle se réorganise dans sa vie.

«Elle veut profiter un peu plus de son été. On lui a dit que peut-être qu’elle va travailler et qu’elle ne pourra pas profiter tant que ça de ses vacances, racontent ses parents. Elle est partie à rire! Elle veut prendre ça relax.»

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EN BREF

• Les parents de Valérie Maltais, Gérald Maltais et Martine Simard, étaient évidemment très déçus de voir que leur fille ne prendrait part qu’au relais, alors qu’elle aussi fait un peu ses adieux au courte piste. Après Jeux olympiques, elle a annoncé qu’elle allait faire le saut en longue piste après les mondiaux. «On estimait que Valérie méritait sa place aux épreuves individuelles. C’est comme un petit départ pour elle, a expliqué sa mère. «Nous étions une vingtaine de personnes de la famille qui venaient pour la voir et ils ne savaient pas si elle patinerait pour le relais. Je leur ai téléphoné pour dire de venir, qu’elle ferait le relais.»

• Dure journée au bureau pour Marianne Saint-Gelais qui a chuté en demi-finale du 500m. Même si elle a terminé sa course dans les épais matelas, elle a eu l’épaule gauche endolorie. Rien de grave, mais il a été jugé préférable qu’elle ne prenne pas part à la demi-finale du relais...

• Malgré l’absence de Marianne, les autres patineuses de l’équipe féminine, soit Valérie Maltais (La Baie), Kasandra Bradette (Saint-Félicien), Kim Boutin (Sherbrooke) et Jamie Macdonald (Colombie-Britannique) ont parfaitement accompli leur mission en prenant le deuxième rang de la demi-finale derrière les puissantes Coréennes. Elles seront donc de la finale dimanche, tout comme l’équipe masculine. Les spectateurs seront bien servi en terme d’intensité et d’émotions...

• En remportant l'épreuve du 1500 mètres samedi, Charles Hamelin a été sacré champion du monde de la distance. Samuel Girard, de Ferland-et-Boilleau, a été pénalisé lors de la finale. Hamelin mène après deux épreuves au classement cumulatif. Chez les femmes, Kim Boutin a remporté le bronze, le même résultat que lors des Jeux olympiques de Peyongchang. Elle se retrouve au 4e rang au général après deux épreuves...

Charles Hamelin est champion du monde au 1500 mètres. Il a confirmé son titre avec la victoire samedi. Il mène également au cumulatif après deux épreuves.