Une équipe imposante s’était réunie pour rencontrer les médias, mardi, en prévision de la Traversée du lac Saint-Jean à vélo. Les 300 participants attendus, le week-end prochain, devront probablement composer avec des conditions très difficiles.

Une rude traversée en vue

Avec des vents annoncés de 40 à 60 km/h samedi, ainsi que deux bordées de neige de plus de 15 centimètres de neige attendues au cours des prochains jours, la Traversée du lac Saint-Jean à vélo s’annonce épique et difficile pour les 300 cyclistes attendus.

Alors qu’on attend plus de 15 centimètres de neige mercredi, les bénévoles qui s’occupent de damer la piste seront à l’œuvre une partie de la nuit pour permettre au premier groupe de 50 cyclistes de traverser le lac jeudi. Heureusement, ils auront un vent de dos pour les aider à pédaler les 32 kilomètres qui séparent Roberval de Péribonka, note le responsable, David Lecointre.

Alors que la météo du vendredi s’annonce clémente, les choses se gâteront un peu samedi. Un vent d’ouest de 40 à 60 km/h nuira sans doute grandement à la progression des coureurs qui devront l’affronter en pleine face, ajoute David Lecointre.

« On ne s’attend pas à avoir des records de vitesse pour samedi, car le vent est le pire ennemi des cyclistes », dit-il.

Le roi de 2018, Léandre Bouchard, un cycliste de la région, tentera tout de même de conserver sa couronne, tout comme Laurence Lévesque, chez les femmes. Une trentaine de participants internationaux, en provenance de six pays, tenteront aussi de leur ravir le titre.

Les intempéries forceront la centaine de bénévoles à rester aux aguets, particulièrement le samedi, pour sortir des coureurs au besoin.

« Il y a trois ans, des vents forts ont fait en sorte que seulement 20 des 124 participants ont franchi la ligne d’arrivée, remarque David Lecointre, qui souligne l’importance des motoneigistes pour assurer la sécurité. Sans eux, il n’y aurait pas de traversée. »

À Péribonka, près de 50 bénévoles s’activent déjà pour accueillir tous les cyclistes qui complèteront leur traversée, remarque Guylaine Proulx, conseillère municipale à Péribonka.

« Dans un petit village de 500 personnes, ça représente 10 % de la population », dit-elle.

Plus les conditions météorologiques sont intenses et plus l’aventure sera grandiose pour les coureurs… et pour les médias internationaux. Alors que Red Bull TV a diffusé l’événement dans plus de 80 pays l’an dernier, c’est Vojo magazine, un média spécialisé dans le monde du vélo, qui assurera cette année la visibilité internationale. Ce média a entre autres fait rayonner la Traversée du lac en vélo lors du Roc d’Azur, le plus grand rassemblement de vélo de montagne en Europe, qui attire plus de 20 000 cyclistes chaque année.

« Pour les médias internationaux, notre événement est exotique, renchérit-il. C’est quelque chose d’unique au monde. Il n’y a pas d’autre endroit où l’on traverse un lac en reliant les deux rives en vélo. »

« On a un hiver à vendre », mentionne pour sa part Luc Simard, le préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, qui souhaite voir ce type d’événements se multiplier dans la région.

Même son de cloche pour Lucien Boivin. Le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy est emballé par le concept implanté l’an dernier, lequel vise à offrir des courses sur trois jours, soulignant que l’événement a remporté le Grand prix du tourisme canadien dans la catégorie tourisme d’aventure en 2018.

Sabin Côté, le maire de Roberval, a profité de la tribune pour marteler l’idée que sa ville est la destination hivernale par excellence.

« Ici, on accueille l’hiver et on l’embrasse pour en profiter pleinement. On a réussi à tirer une fierté locale en mettant en place un événement d’une telle envergure », a-t-il mentionné en levant son chapeau aux organisateurs.

C’est donc un rendez-vous, à compter de jeudi, pour profiter du « défi givré » sur un « pont de glace réinventé entre Roberval et Péribonka », comme le dit si bien David Lecointre.