Pierre-Luc Gilbert, directeur général de l’Association régionale de soccer (ARS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean/Chibougamau.
Pierre-Luc Gilbert, directeur général de l’Association régionale de soccer (ARS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean/Chibougamau.

Une reprise du soccer à la fin du mois serait plus réaliste

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la ministre déléguée aux Sports et aux Loisirs, Isabelle Charest, a pris de court les organisations de sports collectifs extérieurs en annonçant que celles-ci pourraient amorcer la phase 1 de leur plan de retour au jeu dès le lundi 8 juin, laissant même entrevoir la possibilité de disputer des matchs à la fin du mois.

« Ça va bien. C’est une super nouvelle, mais la date est rapide ! », a convenu d’entrée de jeu Pierre-Luc Gilbert, directeur général de l’Association régionale de soccer (ARS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean/Chibougamau. « J’ai été très surpris de l’annonce d’aujourd’hui [jeudi] disant qu’ils allaient peut-être donner le feu vert à la fin du mois pour des matchs ! On ne s’attendait pas à avoir quatre jours pour tout mettre en place. »

Car habituellement, le gouvernement faisait une annonce deux semaines à l’avance, de sorte que les organisations avaient le temps de finaliser les préparatifs de déconfinement tels qu’établis par les fédérations provinciales. La nouvelle de la ministre Charest les a donc pris par surprise, mais au moins, ils sont heureux de pouvoir enclencher le processus de retour au jeu.

Plus fin juin

Heureux d’avoir enfin une date de reprise des activités, le DG de l’ARS avoue toutefois qu’aucun des clubs ne sera prêt à accueillir les jeunes dès lundi et qu’il sera plus réaliste de parler de la fin juin.

« Nous ne serons pas prêts pour le 8 juin, parce que c’est impossible de mettre des joueurs sur le terrain en quatre jours. Nos clubs ont des plans de relance à soumettre à la fédération provinciale de soccer et ils doivent d’abord être approuvés. Les terrains doivent être balisés et la distanciation respectée, le plan d’évacuation, l’entrée et la sortie des terrains, les ratios de joueurs, le plan d’aménagement des terrains, etc. Le message a été lancé (jeudi), mais je ne croirais pas que même Soccer Québec puisse être en mesure de mettre des joueurs sur les terrains le 8 juin », souligne-t-il.

Bien sûr, le plan de relance du soccer était prêt depuis le 14 mai et il n’y a pas eu de retouche à faire pour satisfaire la Santé publique, mais la fédération n’avait pas encore obtenu le feu vert du gouvernement.

Pour la phase 1, il y aura la possibilité que quatre groupes de 15 jeunes de 9 ans et plus puissent exercer leur sport sur une partie de terrain avec chacun un entraîneur, en plus d’un « Horacio » par groupe, soit la personne responsable du respect des mesures sanitaires sur le terrain, et ce, dès l’arrivée des joueurs au terrain.

« Pour nos clubs, on vise plus une réouverture pour la fin juin, avec la fin des classes, estime le DG. Pour être optimiste, en régions, on nous a toujours dit que ça nous prenait au moins deux semaines de préparation, ce qui nous amènerait à la fin des classes. Et il se peut aussi que rendu là, la ministre nous annonce que nous serons rendus en phase 2, qui permettra des matchs entre les mini-groupes. Et si tout va bien, ça se pourrait même que ce soit des matchs interclubs et que nous n’ayons pas à offrir la première phase avec distanciation sociale. Si on est raisonnables dans la région, on pourrait peut-être se dire qu’on va débuter en phase 2, mais ce qui est sûr, c’est que personne n’est prêt dans la région à commencer dès lundi. »

Car en plus des inscriptions, les clubs doivent aussi recruter leurs entraîneurs et travailler avec les municipalités pour s’assurer que les terrains soient bien balisés. Les plans doivent ensuite être soumis pour approbation à l’ARS. « On doit ensuite les soumettre à Soccer Québec, qui va tout analyser les plans et donner le feu vert. Donc, même si les clubs de Saguenay ou d’Alma étaient prêts demain matin à commencer, s’ils n’ont pas obtenu l’approbation de Soccer Québec, ils ne peuvent pas mettre des jeunes sur les terrains tant et aussi longtemps que Soccer Québec n’aura pas donné son aval », insiste M. Gilbert.

Quatre pôles dans la région

Sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le DG de l’ARS s’attend à ce que quatre points de service accueillent les joueurs de leur secteur, mais aussi des environs. Car quelques petits clubs qui sont gérés par des bénévoles ne seront pas en mesure de répondre aux nombreuses exigences du protocole de retour au jeu. D’où la possibilité que leurs joueurs soient référés aux quatre principales organisations en attendant que les étapes permettent le retour de leurs joueurs.

« Les libérations de clubs sont quand même assez complexes, mais pour la première phase, on s’est entendu avec Soccer Québec qu’un joueur pourra partir de son club d’origine si ce dernier n’offre pas la phase 1 », explique le DG de l’ARS.

Les clubs Venturi de Saguenay et Boréal d’Alma seront ceux qui accueilleront au besoin les joueurs des environs. Pour le secteur Sud (Saint-Bruno, Hébertville, Métabetchouan/Lac-à-la-Croix, Desbiens, etc.), il reste à déterminer où sera l’endroit pour accueillir les équipes, tout comme pour le secteur de Roberval et Saint-Félicien.

« Nous avons des réunions prévues la semaine prochaine avec le secteur Sud pour être en mesure de déterminer un ou deux endroits où les jeunes pourront se regrouper. Dans le Haut-du-Lac, on parle d’un point de service entre ces deux municipalités. Et à Chibougamau, ils vont tenir la phase 1 également. »

Inscription en baisse

L’incertitude quant à la reprise des activités, et surtout la possibilité de disputer des matchs a certes refroidi l’intérêt des joueurs et de leurs parents. « Soccer Québec estime qu’environ 33 % des membres pourraient être de retour. Dans la région, on pourrait s’attendre à avoir les mêmes chiffres. Mais plus vite on va obtenir le feu vert pour faire des matchs, plus vite le membership va augmenter. Je sais que nos clubs vont s’ajuster et qu’il y aura des tarifications ajustées en fonction de la phase 1, de la phase 2, etc. », souligne Pierre-Luc Gilbert.