Jean-François Lanoue (de la Commission scolaire de l'Estuaire), et les copropriétaires de l'école Voile Mercator, Jacques et Jean-Michel Hébert, posent fièrement en compagnie des cadets de la marine, pour le dévoilement du nouveau programme d'éducation à l'environnement et aux milieux marins par la voile.

Une première canadienne sur le fjord

Le fjord du Saguenay sera le théâtre d'une première canadienne en août, alors que l'école de voile croisière Mercator permettra à 12 jeunes d'apprendre les rudiments de la navigation en voilier tout en les sensibilisant à l'environnement et aux milieux marins. Ce programme novateur dévoilé hier résulte d'un partenariat avec la Fédération canadienne de la faune (FCF) et Voile Canada.
Copropriétaires de Voile Mercator, Jacques Hébert et son fils Jean-Michel étaient fiers et heureux de dévoiler les grandes lignes de ce projet destiné aux jeunes de 10 à 14 ans. En plus de leur enseigner les rudiments de la navigation sur un voilier, les responsables du programme souhaitent conscientiser à l'importance de protéger l'environnement, ainsi qu'à la chance qu'ils ont de vivre dans un milieu riverain.
Pendant cinq jours, à raison de quatre heures par jour, deux groupes de six jeunes vont naviguer dans l'estuaire du Saint-Laurent et le fjord du Saguenay à bord d'un voilier de 41 pieds basé à Tadoussac. »Très peu de gens naviguent le fjord du Saguenay et on aimerait que plus de jeunes puissent le faire", notent les porte-parole de l'école de voile qui accueille davantage une clientèle adulte.
Grâce à la participation de la FCF, du Parc Marin Saguenay-Saint-Laurent, de la Commission scolaire de l'Estuaire et de la Marina de Tadoussac, un premier groupe de six jeunes de l'école Notre-Dame de Sacré-Coeur a pu vivre l'aventure en activité parascolaire en juin. Le projet-pilote a dépassé les attentes comme en a témoigné Jean-François Lanoue, directeur à la Commission scolaire de l'Estuaire. »En arrivant à la marina, j'ai vu des sourires chez les jeunes que je n'avais jamais vus en quatre ans. Et ils n'étaient pas encore sur le bateau! On s'est dit que ça promettait", raconte-t-il, visiblement ravi des résultats. Pour ces jeunes, l'expérience leur a non seulement permis de se dépasser, de collaborer et d'améliorer leur estime de soi, mais aussi de découvrir leur environnement et son potentiel. »Ils ont découvert qu'il y avait des îles sur le Saguenay et ils habitent à Sacré-Coeur, sur le fjord. Ils en ont une en vue", note-t-il. Pour certains, le projet leur aura permis de prendre conscience des beautés naturelles de leur milieu, de la chance qu'ils ont d'y vivre et même de pouvoir la partager avec d'autres.
En août, six autres jeunes de Tadoussac se joindront à eux. Grâce à l'appui financier des partenaires, le coût du stage a été réduit à 100$ par jeune. Une fois cette première expérience terminée, Jacques et Jean-Michel Hébert bonifieront le programme concocté par la FCF pour qu'il puisse être offert ailleurs.
Porteur d'avenir
Le projet pourrait aussi ouvrir de nouveaux horizons. »Pour les populations de la Haute-Côte-Nord et du Bas-Saguenay, le développement récréotouristique est quelque chose d'assez nouveau. Souvent, les jeunes n'ont pas l'impression que ça leur appartient, mais que c'est fait pour les touristes", avance Jean-François Lanoue. Pour certains jeunes, la voile pourrait être une voie d'avenir, que ce soit comme un emploi d'été à la fois intéressant et stimulant ou même un métier d'avenir.
C'est d'ailleurs l'un des objectifs que souhaitent concrétiser les promoteurs du projet-pilote. Le tourisme d'apprentissage est en croissance. »Le touriste veut autre chose que les ''wow! '' et prendre des photos. Ils veulent en apprendre sur le milieu (visité) et connaître les us et coutumes. On espère pouvoir rendre les jeunes fiers et conscients que ce n'est pas partout comme ça. C'est pourquoi ils doivent être fiers de leur milieu et contribuer à en faire la promotion et à le protéger", soulignent Jacques et Jean-Michel Hébert.
Ces derniers rêvent déjà d'étendre le programme à d'autres municipalités riveraines et même de pouvoir créer un programme sport-études pour les jeunes d'ici et d'ailleurs. La FCF vise d'ailleurs à implanter ce programme partout au Canada, dans toutes les écoles de voiles. Même les cadets de la marine, qui ont leur camp aux installations toutes neuves de l'Anse-à-Benjamin, pourraient tirer profit de ce programme qu'ils pourraient intégrer dans leur formation. »On est au début de quelque chose de grand pour l'éducation à l'environnement par la voile", a conclu Jacques Hébert, fier que l'expertise de leur école de voile ait été reconnue pour mener à bien ce projet.
Jstpierre@lequotidien.com