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Youri et Fabrice Boutin, les deux propriétaires d’Atelier 1 Cycles et café, à Saint-Félicien.
Youri et Fabrice Boutin, les deux propriétaires d’Atelier 1 Cycles et café, à Saint-Félicien.

Une pénurie de vélos qui s’annonce pire que l’an dernier

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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La pandémie a un impact énorme sur la chaîne d’approvisionnement des manufacturiers de vélos en tout genre. Résultat : la pénurie à prévoir cette année sera encore pire que l’année dernière.

« Nos vélos 2021 sont déjà vendus à 90 % », lance Fabrice Boutin, le copropriétaire d’Atelier 1 Cycles et café de Saint-Félicien, avec son frère Youri. « On en a commandé plus que l’an dernier, mais les quantités étaient limitées. On aurait pu en vendre deux fois plus. » Plusieurs vélos sont déjà vendus à l’avance et les clients ont déjà commencé à commander des vélos à pneus surdimensionnés (fatbikes) pour l’hiver prochain, ajoute-t-il.

David Régnier-Bourque, directeur du développement des affaires chez Devinci, souligne que la situation est le résultat de l’arrêt causé par la pandémie au printemps 2020 et la progression de la popularité pour le vélo. « La pression est énorme sur la chaîne d’approvisionnement mondial, notamment sur la production et le transport en Asie », dit-il.

Pour un manufacturier comme Devinci, la forte augmentation de la demande représente un « beau » problème. Les ventes sont en hausse, mais l’entreprise saguenéenne aurait pu en vendre deux ou trois fois plus cette année, remarque David Régnier-Bourque.

Plusieurs vélos sont déjà vendus à l’avance chez Atelier 1 Cycles et café.
Atelier 1 Cycles et café a déjà vendu 90% des vélos commandés pour la saison.

« Plusieurs détaillants voulaient doubler les commandes, mais on doit rationner les quantités pour être équitable et maintenir notre réseau de distribution », ajoute-t-il. Alors qu’il est habituellement possible de réapprovisionner les détaillants pendant l’année, tous les vélos sont déjà vendus, cette année, malgré la croissance.

Étant donné les délais tout au long de la chaîne d’approvisionnement, la livraison des vélos est souvent retardée. « On aurait dû recevoir les vélos 2021 à l’automne 2020, mais on en attend encore plusieurs et certains vélos arriveront juste à l’automne », explique Fabrice Boutin. Pour les clients touchés, la boutique de Saint-Félicien essaie de trouver des produits de remplacement, dit-il. Certains manufacturiers doivent même annuler la livraison de quelques vélos.

Plusieurs cadres de Devinci sont fabriqués au Saguenay, mais il faut plus de 150 pièces pour monter un vélo.

Pénurie de pièces aussi

Sans surprise, les pièces de vélos sont aussi très prisées. Chambres à air, chaînes, plaquettes de frein et pneus représenteront aussi un gros défi d’approvisionnement.

« Toutes les pièces qu’on change souvent sont très en demande », note Fabrice Boutin. Les pièces qui sont déjà commandées seront reçues, parfois avec du retard, mais il sera difficile de commander à nouveau au cours de la saison, dit-il. Pour certaines pièces, il faudra attendre à octobre ou novembre afin de refaire le plein.

Les délais d’approvisionnement pour certaines pièces sont passés de 60 jours à plus d’un an, souligne David Régnier-Bourque.

« Même si on voulait doubler notre production, nos fournisseurs ne sont même pas en mesure de répondre à nos demandes », dit-il, précisant qu’il faut plus de 150 pièces pour monter un vélo.

Même si plusieurs cadres sont conçus à Saguenay, le manufacturier demeure dépendant des livraisons de ses fournisseurs. « C’est la pièce qui arrive en dernier qui dicte la date de production », ajoute le directeur. À l’heure actuelle, ce sont les selles de vélo qui limitent le plus la production, car très peu de compagnies en fabriquent.

Même si Devinci aurait pu vendre deux ou trois fois plus de vélos, les fournisseurs n’auraient pas pu répondre à la demande.

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VÉLO EN LIGNE: AIDER LES ADEPTES À TROUVER

Dans l’industrie du vélo, une nouvelle entreprise de recherche de vélos, dénommée Vélo en ligne, tente de tirer son épingle du jeu à travers cette pénurie. Son approche : former des partenariats avec les détaillants pour aider les adeptes à trouver le vélo qu’ils recherchent.

Par exemple, au début de l’hiver, Vélo en ligne a aidé un client du Saguenay à trouver le fatbike recherché dans une boutique de Baie-Comeau, pour un montant fixe de 60 dollars. 

« On travaille avec près de 25 détaillants partout au Québec et ce nombre est en croissance », mentionne Ismaël Raymond, le directeur des communications et du marketing. Tous les détaillants peuvent profiter d’un tel partenariat, car il permet de rejoindre un plus gros bassin de clients, une option particulièrement intéressante pour les boutiques en région, ajoute-t-il. 

Keven Minier, Ismael Raymond et Pascal Côté, de Vélo en ligne.

La pénurie de vélos frappe aussi la jeune pousse saguenéenne lancée à l’été 2020, avec un choix plus restreint, mais le client a plus de chance de trouver ce qu’il cherche avec l’aide de Vélo en ligne, estime Ismaël Raymond.

Pour les détaillants, la formule fonctionne, ajoute Fabrice Boutin, d’Atelier 1. « On était sceptiques au début, mais on a réussi à sortir des vélos, dont certains étaient en inventaire depuis deux ans, pour un client de Brossard », dit-il. 

Le message à retenir, selon les personnes interviewées: prenez-vous à l’avance et commandez dès maintenant ! Et surtout, ne blâmez pas les détaillants, qui sont à la fin de la chaîne, conclut David Régnier-Bourque, de Devinci.