Le match de finale de dimanche a été marqué par des douleurs et des crampes pour Bianca Andreescu, ressenties non seulement sur le terrain, mais aussi lors de la conférence de presse d’après-match.

Une complicité gagnante entre Andreescu et son coach

En dépit de ses 18 ans, Bianca Andreescu a bousculé quelques-unes des plus imposantes pointures du tennis féminin en route vers un impressionnant triomphe à Indian Wells dimanche. Mais également à cause de ses 18 ans, elle a involontairement réservé un traitement semblable aux organisateurs du tournoi, quelques heures plus tard.

Selon ce qu’a raconté son entraîneur Sylvain Bruneau lundi matin, les organisateurs du tournoi ont l’habitude de préparer une petite fête pour honorer la gagnante, accompagnée d’un peu de champagne.

«C’était sympathique, et c’était drôle aussi, parce qu’aux États-Unis, [Bianca] n’a pas l’âge de boire [de l’alcool]. Ils ont dû changer leurs plans et trouver du champagne non alcoolisé. Je pense qu’ils n’étaient pas préparés!» a-t-il ajouté en ricanant.

Cette savoureuse anecdote a apporté un peu de légèreté à un dimanche de grandes émotions pour l’Ontarienne. Un dimanche marqué par des douleurs, des crampes, ressenties non seulement sur le terrain, mais aussi lors de sa conférence de presse, et qui ont nécessité deux séances de traitement de la part des physiothérapeutes de la WTA.

Il y a même eu une randonnée longue de trois heures, dans un trafic monstre près de Los Angeles, pour retrouver un kinésithérapeute, Vince Disala, devenu un précieux allié au fil des derniers mois, qui a accepté de prodiguer d’autres soins à Andreescu entre 22h30 et minuit.

Ce fut aussi un dimanche marqué par les hauts et les bas inhérents à la plupart des matchs de tennis joués à ce niveau de compétition, incluant, surtout, l’ivresse d’une première victoire en carrière sur le circuit de la WTA, contre l’Allemande Angelique Kerber.

Ce triomphe a mis en relief la belle complicité pouvant exister entre Andreescu et Bruneau, qui se côtoient à temps plein depuis environ un an.

Deuxième visite

Cette complicité a été particulièrement visible lors de la seconde visite de Bruneau sur le court, dans les instants qui ont suivi un bris de service de Kerber qui lui permettait de se donner une avance de 3-2 dans la manche ultime.

L’échange, capté par les caméras et les micros autour du terrain, a semblé donner un second souffle à Andreescu. Elle a gagné quatre des cinq jeux suivants, incluant trois consécutifs au service de Kerber, pour finalement vaincre la huitième joueuse mondiale.

«Mon intervention était plus sur le plan mental», a relaté Bruneau lors d’une entrevue téléphonique lundi matin.

«Je sentais qu’on était en fin de match et il fallait pousser. [Bianca] est une grande battante, mais je la sentais un peu affectée physiquement, selon ce qu’elle me disait, que tout ça commençait à peser. Il y avait une poussée finale à faire, et j’ai essayé de lui donner un petit peu d’énergie pour qu’elle se rende au fil d’arrivée. Je lui ai peut-être donné quelques conseils, mais essentiellement, le message portait sur l’aspect mental.»

Lors de cette conversation, Andreescu a laissé tomber une phrase qui en disait beaucoup sur ses états d’âme : «I want it so badly!» («Je veux tellement gagner!»). Cinq mots qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd.

«En l’entendant dire cela, j’ai senti qu’il y avait un feu encore là, en elle. J’ai misé un peu là-dessus. Ç’a peut-être même orienté un petit peu ce que je lui ai dit. Je trouvais que c’était important, ce qu’elle a dit.»

Dans le tourbillon qui continuait de l’envelopper lundi matin, Bruneau ne se souvenait pas des termes exacts qu’il a employés pour relancer sa protégée. Peu importe, ils ont eu un tel impact qu’Andreescu n’a pas oublié de remercier son entraîneur lors de sa conférence de presse d’après-match.

«Il m’a vraiment aidée avec des mots tellement incroyables. De la façon dont il dit les choses, vraiment, ça me donne des frissons. Je suis contente de l’avoir appelé à ce moment-là», a déclaré Andreescu.

Omnium de Miami

Reste à voir, maintenant, comment Andreescu pourra canaliser toutes ses émotions et se rétablir de tous ses bobos, alors qu’elle devait traverser les États-Unis d’ouest en est lundi pour participer à l’Omnium de Miami.

La Canadienne devait arriver à Miami à 22h lundi, mais son premier match ne devrait pas avoir lieu avant mercredi.

Bien qu’elle occupe maintenant le 24e rang du classement mondial, Andreescu n’est pas incluse parmi les 32 têtes de série parce que le tableau du simple féminin a été publié dimanche soir, la veille de l’annonce du nouveau classement. Ainsi, pour atteindre la finale, elle devra jouer six matchs, un de plus que les têtes de série. «Tout ce que je peux dire, c’est que c’est un contexte extrêmement difficile d’enchaîner les deux tournois, a déclaré Bruneau. Elle est hypothéquée physiquement, il y a toute cette vague d’émotions. C’est très difficile de prévoir. On va y aller un jour à la fois.»