Pendant la descente de la Cascada Tomata, au Mexique, François Tremblay devait réaliser plusieurs petits gestes pour s'assurer d'un atterrissage parfait 20 mètres plus bas.

Une chute de 65 pieds

Le Chicoutimien François Tremblay s'est payé toute une expérience pour débuter l'année 2014. Avec deux amis, il s'est offert la descente de la Cascada Tomata, au Mexique, une impressionnante chute d'environ 20 mètres (65 pieds).
Kayakiste expérimenté, François Tremblay, 24 ans, carbure à l'adrénaline, ce que le kayak lui procure sans problème. Il faut préciser que le Saguenéen n'hésite pas à se lancer dans des rivières «extrêmes» avec des rapides de niveau 5. En compagnie de Billy Thibault et Francis Maheu, François Tremblay s'est donc rendu à Tlapacoyan, une petite ville dans les montagnes à environ 3h de Mexico. Le groupe a profité à fond de l'occasion. Ils ont passé 20 jours sur place et ont pagayé pendant 16 jours. Depuis une dizaine d'années, des kayakistes reconnus mondialement s'y rendent afin de vivre des émotions fortes.
Rien n'a été laissé au hasard
François Tremblay soutient que le groupe était bien au courant du danger d'une telle aventure. Rien n'a été laissé au hasard et les trois kayakistes ont mis une journée à tout préparer avant d'effectuer leur saut respectif. Les trois passionnés avaient installé plusieurs caméras tout au long du parcours, ce qui donne des images particulièrement impressionnantes.
«Avant la chute, il n'y a pas de rapides, ce qui permet de bien aligner le kayak au bon endroit», explique-t-il.
«On ne peut pas prendre la chute n'importe où. Il faut trouver l'endroit où le débit de la chute est plus rond, où l'angle est le meilleur et où le niveau d'eau est plus profond afin d'éviter de cogner», poursuit François Tremblay qui précise que la mousse formée au bas de la chute permet d'absorber une partie du choc. Il ajoute que c'était aussi compliqué de sortir de l'eau, car il fallait stopper avant une deuxième chute. Étant donné que la rivière se retrouve dans un canyon vraiment escarpé, une trentaine de minutes d'efforts étaient nécessaires afin de regagner l'aire de départ.
Ne se lance pas qui veut dans de tels sauts. François Tremblay affirme qu'un kayakiste sans expérience risquerait de subir des blessures très importantes. « On pense qu'il s'agit seulement de se jeter, mais ce n'est pas le cas », prévientil. L'étudiant à la maîtrise en hydrologie à l'Université Laval énumère une foule de petits gestes à effectuer pendant la descente afin que tout se déroule comme prévu. Afin d'avoir le bon angle, le kayakiste doit d'abord donner un coup de pagaie au départ et rentrer les jambes avant de toucher l'eau.
Chaque kayakiste a effectué la descente à deux occasions et le Chicoutimien assure que tout s'est bien déroulé. Il a subi une blessure très mineure au dos à la deuxième occasion, mais sans plus. François Tremblay raconte que la meilleure façon que tout se passe bien est d'évacuer tout le stress, ce qui évite de trop penser. « Quand j'approche la chute, je me dis que je ne suis pas obligé d'y aller, ce qui m'enlève toute la pression », indique-t-il.
Déjà mordu de sports extrêmes, François Tremblay est littéralement tombé en amour avec le kayak, dès sa première expérience. « Avec un de mes amis, on avait un été de libre et ça nous prenait un sport pour nous occuper », se rappelle-t-il. Depuis, il a été associé à la fondation d'une communauté appelée Québec Connection dédiée à la promotion du sport et supportée par le magasin La vie sportive. « Dès la première fois où on s'est mis à l'eau, on est devenus accros », soutient le passionné qui recherche toujours de nouveaux défis.
François Tremblay n'en était pas à ses premières folies. Au printemps, il avait effectué un saut semblable de la chute Sault-à-la-Puce à Château-Richer dans la région de Québec. À la fin de l'été, il a effectué la descente de 280 kilomètres de la rivière Magpie entre les limites du Labrador et du fleuve Saint-Laurent, entre Sept-Îles et Havre-Saint-Pierre. Les quatre partenaires dans cette aventure avaient débarqué du train en direction de Schefferville pour pratiquement sauter directement dans l'eau. Le Chicoutimien raconte que la moitié de la distance était composée de grosses rapides. L'expérience de kayak-camping a duré sept jours « à un bon rythme », signale François Tremblay.