Les images de la vedette française avec le bébé phoque ont fait le tour du monde entier. La campagne était supportée par Greenpeace, qui militait contre cette chasse aux mammifères marins.

Une chasse victime de l’image

CHRONIQUE / Le cinéaste Nicolas Lévesque a présenté dernièrement le documentaire Chasseurs de phoques, tourné aux Îles-de-la-Madeleine. Le réalisateur a voulu faire connaître la réalité des chasseurs madelinots et mettre les pendules à l’heure concernant cette chasse victime d’une campagne d’images et de militants anti-chasse surtout en Europe.

En 1977, la comédienne française et mannequin Brigitte Bardot s’est rendue sur les glaces de Terre-Neuve pour se faire prendre en photo couchée sur la banquise avec des blanchons, des bébés phoques de moins de 12 jours.

Les images de la vedette française avec le bébé phoque ont fait le tour du monde. La campagne était supportée par Greenpeace, qui militait contre cette chasse aux mammifères marins. « C’est la seule chasse au monde qui est interdite pour des raisons sentimentales. À partir de ce moment, le Canada a abdiqué devant les activistes et a fait fi de la science », affirme Gil Thériault, directeur de l’Association des chasseurs de phoques Intra-Québec, lors d’une entrevue après la présentation du film.

« Souvent, je ramène ça sur le nez du gouvernement canadien lors des réunions, quand les gestionnaires nous disent : ‘‘La science dit que...’’ Je leur réponds qu’on a arrêté de faire de la science en 1987 avec l’arrêt de la chasse au phoque, n’oubliez pas ça... », rétorque Gil Thériault.

« À une certaine époque, je suis le premier à l’avouer, il fallait resserrer les règles de la chasse, comme c’était le cas pour un paquet d’industries, comme la forêt et l’environnement dans les années 1970. Mais il n’y avait pas de raison d’interdire la chasse au blanchon pour une autre raison que de plier les genoux devant les pressions et les campagnes de mensonges. On s’attend à ce que les gouvernements soient plus forts que ça », soutient le chasseur.

Voici un exemple de photos qui n’est vraiment pas nécessaire de publier sur les réseaux sociaux, ce sont des photos de chasse que les adeptes se permettent de publier, pas des photos de carcasses.

« Les gouvernements auraient pu dire : ‘‘D’accord, on va revoir les méthodes de chasse, les quotas, etc.’’, mais il n’y a aucune donnée scientifique qui nous indique qu’on doit interdire la chasse au phoque », plaide Gil Thérriault.

« Si vous voulez qu’on recommence à parler sérieusement à enlever l’interdiction de la chasse au blanchon, de toute façon, s’il n’y a pas de marché, comme il le dise tout le temps, bien, on ne le chassera pas, au prix que ça coûte, mais je ne verrai pas ça de mon vivant », estime Gil Thériault.

Le Québec compte environ 1500 détenteurs de permis de chasse au phoque, pour environ 700 chasseurs actifs.

« Il y a plus de phoques que jamais, mais les marchés ont été coupés artificiellement par les pressions des groupes activistes », met en relief Gil Thériault.

Gare à votre image

Cette histoire de Brigitte Bardot avec les blanchons me rappelle l’époque où les chasseurs paradaient avec leur tête de panache sur le capot de leur voiture. Avec les années, cette pratique a presque disparu des habitudes des chasseurs, en raison, un peu, de la pression du public et des dénonciations dans les médias.

Quelques personnes m’ont souligné récemment qu’ils trouvaient indignes les images de carcasses d’orignal et de chevreuil que les chasseurs exhibent sur Facebook et les autres réseaux sociaux. J’invite les chasseurs à faire attention avec les scènes sanguinolentes. Les chasseurs doivent ménager les sensibilités, et surtout protéger l’image de leur activité de prédation.

Les images fortes ont une portée incroyable dans le public, et les réseaux sociaux relaient les nouvelles à la vitesse de l’éclair. Il ne faudrait pas que vos comptes Facebook deviennent les capots de voiture d’une époque révolue.