Plusieurs protégés d’Annie Potvin participeront à des compétitions internationales au cours de la période estivale, dont Chloé Royce, classée cinquième au monde en plein air à l’heptathlon chez les moins de 18 ans.

Une année chargée pour l'entraîneuse d'athlétisme Annie Potvin

L’année 2019 s’annonce très chargée pour Annie Potvin. L’entraîneuse d’athlétisme originaire d’Alma se rendra notamment en juillet à Querétaro, au Mexique, en compagnie de l’équipe canadienne pour les Championnats nord-américains, Amérique Centrale et Caraïbes (NACAC) U23 et U17, où au moins cinq de ses protégés seront en action.

Le personnel pour toutes les compétitions d’envergure a été annoncé dernièrement par les dirigeants d’Athlétisme Canada. Pour Annie Potvin, il s’agira d’une deuxième expérience internationale après les Jeux du Commonwealth jeunesse en 2017, aux Bahamas. « Je ne suis pas tellement intéressée à aller faire la scène internationale. C’est seulement que mes athlètes sont rendus là. Ça devient plus intéressant et motivant. C’est un beau défi et une belle expérience », de faire valoir l’ancienne athlète d’heptathlon qui s’est jointe au personnel du club Dynamiques de Laval en 2004.

Au Mexique, sous la direction de Christine Laverty, la native d’Alma aura la responsabilité des épreuves combinées et les sauts chez les femmes. Normalement, cinq de ses protégés participeront à la compétition internationale, dont trois chez les moins de 17 ans. Quelques autres athlètes auraient pu chez les femmes, mais le calendrier chargé a fait en sorte qu’elles seront ailleurs sur le globe. « Ce sera une grosse année avec plusieurs compétitions de niveau international », rappelle Annie Potvin, notant que se dérouleront simultanément les Jeux panaméricains juniors au Costa Rica et les mondiaux universitaires de la FISU en Italie.

« C’est un peu mélangeant et compliqué, mais on vise le plus haut. Si elles n’y accèdent pas, on va prendre les panaméricains juniors ou les CANAC U23, explique-t-elle.

« Comme elles sont encore d’âge junior, on va regarder également leurs chances potentielles de médailles. Si les chances sont meilleures pour les panaméricains, on va favoriser cette épreuve. La FISU, elles ont encore quatre ans pour se qualifier, c’est à chaque deux ou trois ans. Elles seront capables de les faire encore plus tard », de préciser Annie Potvin, donnant en exemple Tatiana Aholou, classé 6e au monde en salle au saut en longueur chez les moins de 20 ans, ainsi que Chloé Royce, cinquième en plein air au heptathlon chez les moins de 18 ans.

« N’ayant pas d’université à Laval ni de piste, on est vraiment performants », signale Annie Potvin à propos du troisième plus gros club au Québec avec 125 membres. La tenue des Jeux du Québec à l’été 2020 permettra d’ajouter l’infrastructure alors que la construction de la piste débutera au printemps. Les athlètes s’entraînent présentement au Centre Claude-Robillard ce qui amène des coûts supplémentaires ainsi qu’une logistique plus importante. Club de l’année en 2017, l’organisation lavalloise était de nouveau en nomination l’an dernier, tout comme Annie Potvin en tant qu’entraîneuse de l’année, ayant été nommée entraîneuse de développement à trois occasions par le passé.

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VERS UNE RETRAITE BIEN MÉRITÉE

Après sa carrière d’athlète émérite, Annie Potvin connaît tout autant de succès comme entraîneuse. Avec plusieurs protégés qui graduent à des niveaux supérieurs, notamment dans les collèges américains, elle commence à penser à une retraite bien méritée. 

L’Almatoise a brillé sur la scène internationale à la fin des années 70 et pendant les années 80 en heptathlon, discipline qui regroupe sept épreuves. Pour faire avancer sa carrière, elle a quitté la région en 1982 et elle a pris sa retraite en 1989, notamment en raison des blessures. L’un de ses plus beaux accomplissements reste une médaille d’argent lors des Jeux Panaméricains, au Vénézuéla. 

«Ça fait un bon bout de temps», laisse-t-elle tomber. Après une pause de quelques années, elle s’est lancée comme entraîneuse, délaissant au passage sa carrière d’enseignante pour s’y consacrer. «Après, je retournerai peut-être à l’enseignement quand je déciderai que c’est assez», de convier Annie Potvin. Dans ses tâches, elle fait également du recrutement, d’autant plus depuis l’instauration d’un programme sport-études. «Il y a énormément de potentiel. Il faut les détecter et aussi les intéresser au sport», d’insister Annie Potvin. Les efforts rapportent pour les dirigeants du programme lavallois avec plusieurs athlètes qui gravissent les échelons, ce qui amène des séparations difficiles pour Annie Potvin. 

Quatre athlètes, Tatiana Aholou (Kentucky), Chloé Royce (Maryland), Ashley Germain (recrutée, mais pas de choix) et Jaymie O’connor (South Dakota State) font ou feront bientôt partie d’un programme universitaire américain. 

«Ce n’est pas mon objectif, mais pour elles, c’est leur rêve. C’est plate parce que je les construis et elles s’en vont, mais c’est comme ça», souligne-t-elle. 

«Ce n’est pas que je suis tannée, au contraire. Je fais plusieurs activités par rapport à l’athlétisme qui m’intéressent beaucoup. Quand tes athlètes s’en vont, ça devient démotivant. Il faut recommencer à la base avec d’autres, mais la route est longue», de raconter l’Almatoise, précisant qu’elle a présentement sous la main d’excellents athlètes de 15 et 16 ans qu’elle veut aider à cheminer, ce qui sera probablement son dernier groupe, avoue-t-elle.