Guillermo Bertola est le champion en titre du marathon de 32 km de la Traversée internationale du lac Saint-Jean.

Un titre à défendre

Maître du marathon de 32 kilomètres l’an dernier, Guillermo Bertola est de retour à Roberval rempli d’une belle confiance. Nouveau détenteur du record à l’épreuve reine de la Traversée internationale du lac Saint-Jean, l’Argentin pourrait cependant affronter des conditions différentes.

Il y a un an, la température de l’eau avait fait en sorte que le port de la combinaison thermique était optionnel, au grand plaisir de Bertola qui avait terminé plus de quatre secondes devant Philippe Guertin, après 6 h 19min23sec d’efforts.

Au moment d’écrire ces lignes, la température du lac Saint-Jean est au-delà des 20 degrés Celsius, ce qui signifie que la combinaison thermique serait interdite. Une dernière mesure sera prise deux heures avant le départ, samedi matin, et elle dictera l’équipement à utiliser.

« Ça va être un problème pour moi parce que je ne suis pas un très bon nageur dans l’eau froide, a convenu Guillermo Bertola. Pour le moment, j’espère que le wetsuit sera permis, sinon, je vais utiliser une autre stratégie, habituellement basée en fonction de l’utilisation du wetsuit. On ne sait jamais ce qui peut arriver à quelques heures de la course, donc on va voir. Ça va être très difficile de terminer la course si je ne porte pas de combinaison. Ça va être à moi de démontrer que je peux le faire. »

Peu importe la température de l’eau, le sympathique Argentin espère revivre les mêmes émotions que l’an dernier, lorsqu’il avait touché la plaque dans la rade de Roberval, sous les acclamations de la foule.

« Je respecte tous les nageurs parce que je sais qu’ils se sont tous entraînés fort pour gagner ici, a d’abord signalé Bertola. Après avoir gagné l’an passé, je me sens encore plus fort mentalement et je souhaite vraiment ressentir ce que j’ai ressenti l’an dernier quand je suis arrivé premier. Célébrer à mon arrivée dans le stade était merveilleux. »

Guillermo Bertola ne peut pas dire s’il se retrouve dans une meilleure forme que l’an dernier, sauf que son triomphe de 2017 a signifié un grand pas en avant pour la suite de sa carrière. « Je ne sais pas si je suis plus fort, mais j’ai plus d’expérience, a partagé l’athlète de 28 ans. Je suis toujours dans une forme différente à chacune de mes courses, donc on va voir. Je sais toutefois quoi faire pour gagner et je connais les autres nageurs. J’espère faire une course intelligente afin de l’emporter à nouveau. »

Vainqueur du marathon l’an dernier à sa première présence à Roberval, Guillermo Bertola est en quelque sorte devenu une vedette au Lac-Saint-Jean. Le principal intéressé est charmé par cette attention, même s’il se retrouve plutôt loin de ses terres d’origine.

« Il y a beaucoup de gens ici et c’est différent, a-t-il observé. Tout le monde connaît mon nom et pour moi, ça me rend encore plus fort. C’est spécial. »

Et pour la pression ? Elle n’empêche surtout pas Guillermo Bertola de dormir. Il a d’ailleurs dormi 11 heures dans la nuit de mercredi à jeudi, après un long voyage !

«Il y a toujours de la pression lors d’une course, et encore un peu plus lorsque tu es le champion en titre, a-t-il fait valoir. Les gens m’ont aussi dit que je détenais le record de la distance, mais ce n’est pas trop de pression et je vais tenter de m’en servir pour faire une bonne course. »

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L'HISTOIRE D'AMOUR ENTRE LES ARGENTINS ET LE LAC SAINT-JEAN

Guillermo Bertola est l’un des 10 nageurs de l’Argentine inscrits au marathon de 32 km de la Traversée internationale du lac Saint-Jean. L’histoire d’amour entre les Argentins et le lac Saint-Jean ne date pas d’hier, loin de là.

Le célèbre Claudio Plit détient le record pour le nombre de participations à la Traversée du lac Saint-Jean, avec 26, réalisées entre 1973 et 1994. Il a aussi remporté le 32 km une fois, en plus de s’imposer quatre fois de 1985 à 1988, à une époque où les nageurs faisaient la traversée aller-retour, pour un total de 64 kilomètres.

Ironie du sort, Guillermo Bertola a été entraîné par Claudio Plit au début de sa carrière. Il a aussi été inspiré par Diego Degano, vainqueur à deux reprises de la traversée et présent quatre fois entre 1990 et 1994.

« J’ai beaucoup appris de ces deux hommes et c’est maintenant à mon tour d’apprendre aux plus jeunes », a exprimé Bertola, indiquant que la nage en eau libre en Argentine est passablement populaire.

« Il y a une tradition en Argentine et nous avons de bonnes écoles de nage en eau libre, a-t-il expliqué. Les enfants regardent les plus grands nageurs et il y a beaucoup de promotion qui se fait sur les épreuves longue distance. Nous avons plusieurs nageurs longue distance. C’est une culture chez nous. »

Pour ce qui est du lac Saint-Jean, il n’y a que la température de l’eau qui le dérange, parce que sinon, les conditions sont meilleures que dans son pays.

« L’eau est beaucoup plus sale en Argentine, donc je considère que c’est très clair ici », a soutenu Guillermo Bertola.

La salubrité discutable de l’eau pays d’Amérique du Sud n’a pas empêché le nageur de s’imposer, en février dernier, de l’épreuve ultramarathon de la FINA de 57 km. L’événement avait lieu à Santa Fe.