Dès leur retour des compétitions internationales en Europe, le couple de patineurs de vitesse en longue piste, Valérie Maltais de La Baie et Jordan Belchos de Toronto, ont dû se placer en quarantaine. Une période difficile mentalement et physiquement, mais qui s’estompe maintenant.
Dès leur retour des compétitions internationales en Europe, le couple de patineurs de vitesse en longue piste, Valérie Maltais de La Baie et Jordan Belchos de Toronto, ont dû se placer en quarantaine. Une période difficile mentalement et physiquement, mais qui s’estompe maintenant.

Un retour au pays difficile mentalement et physiquement pour Valérie Maltais

Confinée à Calgary depuis son retour des finales de la Coupe du monde de patinage de vitesse longue piste aux Pays-Bas, au début mars, Valérie Maltais avoue avoir vécu difficilement les deux premières semaines dans son condo situé tout près des installations de l’Anneau olympique. Pas juste par peur d’avoir contracté sans le savoir le coronavirus durant son séjour en Europe, mais aussi par crainte d’infecter son voisinage.

Heureusement, elle est confinée en compagnie de son conjoint Jordan Belchos, lui aussi patineur de vitesse longue piste, ce qui lui permet de partager ses appréhensions. Mais il n’en reste pas moins que la situation est inhabituelle. En fait, c’est la plus longue pause sportive qu’elle ait vécue. « D’habitude, on court d’un bord pis de l’autre, même durant la saison morte, signale-t-elle en riant. Mais là, c’est pas mal tranquille parce qu’on est obligés d’être à la maison. Les deux premières semaines, j’ai trouvé ça vraiment difficile. Mentalement et physiquement parce qu’on ne sait pas ce qui se passe ni quand ça va finir. »

Quarantaine

Le couple est revenu d’Europe le 10 mars en compagnie des autres membres de l’équipe canadienne et il s’est donc retrouvé en quarantaine. « Heureusement, on a pu aller faire notre épicerie parce que les consignes n’étaient pas encore aussi sévères. Mais on faisait vraiment attention. On avait nos lingettes et tout. Ça s’est quand même bien passé et on continue de le faire en ce moment parce que je trouve ça tellement stressant de sortir dehors ! »

Bien sûr, Valérie Maltais a eu peur de l’avoir contracté à son insu. « C’était ce qui était fatigant émotionnellement. On arrivait de l’Europe avec les effets du décalage horaire et à Calgary, comme nous sommes un peu en altitude, c’est toujours sec quand on revient. On se sentait la gorge sèche et on se demandait si on était en train de tomber malade, mais finalement, on a rien eu, raconte-t-elle avec soulagement. Par contre, comme ils demeurent dans une tour d’habitation de 16 étages où résident plusieurs personnes âgées, ils ont maintenu la vigilance et font attention pour rester le plus possible dans leur condo. « C’est stressant de penser que tu es correct et de sortir. C’est cette partie-là qui me stresse », mentionne-t-elle.

En confinement loin des siens, les petits bonheurs ne sont pas très compliqués. Pour la Baieriveraine Valérie Maltais, la présence de son chat Hudson en fait partie. La patineuse de vitesse longue piste est restée à Calgary en attendant de pouvoir rentrer au Québec. 

Bonne nouvelle, personne de la délégation canadienne n’a été infecté par le coronavirus. Une personne a été malade, mais son test s’est avéré négatif. « C’est ce qu’on oublie d’ailleurs. Qu’on peut aussi attraper un virus autre, mais il faut aller à l’hôpital quand même », affirme la patineuse.

Retour au Québec

Normalement, Valérie Maltais devait rentrer au Québec le 25 mars, après une dernière compétition.

« Mais il a fallu que j’annule mon vol et attendre que ça se calme. Techniquement, on aurait pu revenir au Québec, mais il aurait fallu être encore en quarantaine deux semaines. Et être encore en isolement sans pouvoir rien faire de plus ni aller voir ma famille, on a décidé d’attendre que ça se calme », mentionne celle qui possède toujours un pied-à-terre à Saint-Lambert.

Même au loin, le couple s’informe régulièrement de la santé de leurs proches. « Je m’ennuie beaucoup de ma famille cette année. Durant certains moments de la saison, je me suis sentie loin d’elle, avoue la Baieriveraine qui avait prévu rester au Québec une bonne partie de l’été pour s’entraîner avec l’équipe de Montréal.

Loin de ses proches, Valérie a au moins pu se consoler en récupérant son chat Hudson. « Ça aussi ça m’a fait me sentir mieux », confie-t-elle. Elle l’avait fait garder à Toronto pendant leurs compétitions en Europe, mais avec le confinement du retour, elle ne pouvait aller le chercher. Il a toutefois pu être rapatrié par avion en bonne forme, pour le plus grand bonheur de ses maîtres !

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LE DÉFI, RESTER MOTIVÉE SANS SAVOIR LA SUITE DES CHOSES

Même si elle n’en est qu’à sa deuxième saison en longue piste, la patineuse de vitesse Valérie Maltais a surpris par ses performances lors des derniers mois. 

La Baieriveraine et ses coéquipières Ivanie Blondin et Isabelle Weidemann ont même établi un record en poursuite aux Mondiaux, en plus de devenir les premières Canadiennes à remporter un titre de la Coupe du monde en poursuite par équipe depuis 2012 et d’être sacrées championnes de la Coupe du monde 2019 à la poursuite par équipe. Pas étonnant que Maltais se retrouve en lice pour le titre de Partenaire de l’année au Gala de SPORTQUÉBEC. Cela dit, pour l’instant, son plus gros défi est de rester motivée face à l’inconnu ! 

En entrevue téléphonique, la Saguenéenne se sent privilégiée d’avoir pu terminer sa saison sans qu’elle ne soit écourtée par la COVID-19. « Il me restait une dernière compétition à faire autour du 20 mars, mais simplement pour prendre plus d’expérience en course parce que mon classement canadien est déjà établi. C’est donc un bon timing, puisqu’on est comme dans notre saison morte », estime celle qui a recommencé à s’entraîner progressivement au début avril, même si l’entraînement officiel reprendra dans deux semaines.

« En longue piste, on touche à la glace juste en juin. Habituellement, on est en courte piste en avril et mai et si on n’y est pas, je pense que ce ne sera pas la fin du monde. Il y a comme une ligne du temps qui fait que notre saison pourrait être normale, mais ça reste à voir. C’est mondial, alors c’est tout le monde qui est dans la même situation. »

Par contre, l’athlète de 29 ans trouve difficile de garder la motivation quand elle ne sait pas quand ni comment la prochaine saison va se présenter. « Quand je me mets à penser, c’est sûr que c’est stressant parce que j’aime savoir ce qui s’en vient. Mais en même temps, on ne le sait pas. Oui, ça me fait plaisir de sortir et de bouger. Mais de reprendre l’entraînement, c’est difficile. Difficile de retrouver la motivation d’aller faire des entraînements avec intensité et de donner mon 100 % quand tu ne sais pas quand sera ta prochaine compétition. Toutefois, dans ces moments-là, on a des rencontres avec nos psychologues sportifs pour en parler et trouver des solutions », explique celle qui a depuis retrouvé ses repères. 

« On dirait que j’ai développé mes (nouvelles) habitudes, souligne-t-elle. Je me fais une petite liste le soir en vue du lendemain. On a recommencé à faire du vélo à l’extérieur. On en faisait à l’intérieur parce qu’il ne faisait pas beau, mais là, le beau temps s’installe tranquillement. Il y a une partie (de ce qu’on fait) qui ressemble maintenant à notre routine d’entraînement. »

De fait, en attendant que les salles d’entraînement et l’aréna rouvrent, son conjoint Jordan Belchos et elle se sont fabriqué un « slideboard » maison qui est une sorte de planche de bois polie au Pledge pour simuler une surface glacée et reproduire les mouvements de patinage. Jeudi, ils ont pu rouler un beau 70 kilomètres de vélo à l’extérieur. Marcher, courir et faire du yoga meublent aussi leur temps en attendant le retour d’une certaine « normalité ».