Un premier trophée Aramis pour Luc Vallée

Le 20 juin, Luc Vallée est devenu le tout premier officiel de la région en compétitions équestres à mériter un trophée Aramis dans la catégorie Officiel de niveau québécois-canadien, dans le cadre de la Soirée virtuelle des Aramis 2020 de Cheval Québec.

Le Laterrois oeuvre comme officiel pour Canada Équestre depuis 2003 et la fédération québécoise a tenu à souligner sa contribution comme mentor pour plusieurs commissaires au Québec. « Il démontre une belle communication et un esprit d’équipe hors pair, avec l’ensemble de ses coéquipiers sur les terrains de compétition. Il est d’un calme exemplaire et d’une grande logique lors des événements sportifs. En 2019, il a agi à titre d’officiel à dix reprises au Québec, du niveau Bronze au niveau FEI (Fédération équestre internationale) », souligne-t-on dans le communiqué émis.

Pour Luc Vallée, c’est un premier prix en carrière et une belle reconnaissance pour une passion qu’il a développée depuis 1996. « Un prix Aramis, c’est toujours quelque chose de gratifiant, parce que le travail que l’on fait n’est pas toujours évident », admet le Laterrois, qui possède des chevaux. 

Souvent, les officiels sont un peu perçus comme la police, « mais on est là pour aider les gens en compétition. On est là pour le respect des règlements et le bien-être des chevaux, pour que la compétition se déroule rondement et qu’elle soit équitable pour tout le monde », explique en entrevue téléphonique celui qui est bien connu pour avoir oeuvré à CKRS-Radio par le passé.

Heureusement, il constate qu’au fil des ans, la perception dans le milieu des concours équestres a changé. « Les gens nous voient plus comme étant là pour donner un coup de main et les supporter et même chose pour les organisateurs », observe-t-il. 

Luc Vallée (à gauche) a eu la chance de vivre les Jeux équestres mondiaux qui ont eu lieu à Tryon, en Caroline du Nord, en 2018. Une expérience enrichissante de par son côté international. Il est ici accompagné du Québécois Daniel Dubé et d’officiels de tous les horizons, soit un Européen, deux Américains et le commissaire-chef Jan Poslyuszny, de la Pologne. Ces jeux devaient initialement avoir lieu à Bromont, au Québec.

Formation

Si la formation comme telle pour devenir officiel n’est pas nécessairement longue, c’est l’expérience sur le terrain qui commande plus de temps. « Pour quelqu’un qui veut commencer, tu as une clinique à suivre, un examen à passer et, ensuite, tu dois participer à trois concours avec un officiel reconnu pour avoir le statut d’officiel. Il y a différents niveaux. Plus ça fait longtemps que tu es là, plus tu as des niveaux, explique le Laterrois, qui partage cette passion avec sa conjointe, Isabelle Tremblay.

Depuis quelques années, le Saguenéen oeuvre comme officiel pour la Fédération équestre internationale (FEI) dans trois disciplines, soit la chasse et le saut d’obstacles au niveau national (Québec/Canada) et une étoile FEI en attelage, ce qui a fait qu’il a pu participer aux Jeux équestres mondiaux en 2018, en Caroline du Nord.

Le perfectionnement vient avec le nombre de compétitions. Quand un candidat a participé à un certain nombre de concours de niveau national, il peut demander une certification pour le niveau supérieur, et c’est la FEI qui l’autorise. Par exemple, Luc Vallée est détenteur d’une étoile pour officier en sauteur, ce qui lui permet d’agir comme commissaire, mais non d’être responsable ou commissaire-chef d’une compétition.

Comme les concours se déroulent les fins de semaine ou du mercredi au dimanche, selon le calibre, cela fait en sorte qu’il doit passer beaucoup de temps loin de la maison. « Depuis 1996, je n’étais jamais à la maison l’été ! », avoue Luc Vallée, qui a tenu à remercier sa conjointe d’avoir tenu le fort au cours des dix dernières années.

En sabbatique

Cette année, le hasard a bien fait les choses puisque Luc Vallée avait décidé de prendre une année sabbatique comme officiel. La pandémie n’est donc pas venue chambouler ses projets, mais ses collègues lui ont quand même tendu une perche pour savoir s’il voudrait prendre du service en cette saison particulière. Ce qu’il a décliné, même s’il a hâte de renouer avec sa passion, dans laquelle il continue à se perfectionner.

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EN RÉFLEXION POUR LES JO DE PARIS EN 2024

Après avoir vécu les Jeux équestres mondiaux comme officiel en 2018, Luc Vallée a les yeux tournés vers les Jeux olympiques de 2024, à Paris, en France, où il pourrait oeuvrer comme bénévole. Le Laterrois est tenté par l’aventure, mais cela demande une bonne réflexion. En homme posé, il se donne donc un peu temps avant de se lancer dans ce projet qui ne manque pas d’intérêt, surtout que les compétitions équestres devraient se dérouler sur le site du Château de Versailles, ce qui ajoute à l’attrait.

Pour les Jeux de Tokyo 2020-2021, le dossier est réglé, puisque tous les officiels et les bénévoles sont déjà choisis. Pour Paris, même si ça semble bien loin, il faut y penser dès maintenant. « Je vais voir comment ça se déroule. Les Jeux olympiques sont particuliers parce que c’est sur invitation et quand tu n’es pas invité, tu peux y aller comme bénévole. Je pourrais faire ça, mais ça va dépendre comment les choses vont aller », avance Luc Vallée, qui n’est pas prêt à prendre sa retraite.

« J’ai encore le goût d’en faire, surtout en recevant un prix Aramis. C’est quelque chose de valorisant et en plus, au Québec, ils ont développé un nouveau site à Bécancour. Ils peuvent faire des concours intérieurs avec deux grands manèges. Ils sont préparés à accueillir des concours pour toutes les disciplines », fait-il valoir, en parlant du complexe aménagé pour recevoir des compétitions internationales.

Mémorable 2018

En près de 25 ans en carrière, Luc Vallée place les Jeux équestres mondiaux (World Equestrian Games), tenus du 11 au 23 septembre en Caroline du Nord, en 2018, comme la plus belle expérience vécue... « même si ç’a été une catastrophe à bien des niveaux », ajoute-t-il en riant.

L’organisation de Tryon avait pris la relève de Bromont, qui avait déclaré forfait, et ce, avec un an pour préparer la tenue de l’événement regroupant huit disciplines équestres reconnues par la Fédération équestre internationale (FEI). Le défi était important puisque c’était seulement la deuxième fois seulement que ces Jeux étaient tenus hors de l’Europe.

En effet, depuis 1990, ces Jeux, qui se tiennent tous les quatre ans, en alternance avec les Jeux olympiques, avaient toujours lieu sur le Vieux-Continent. En 2010, le rendez-vous de l’élite internationale s’était déroulé pour la première fois de son histoire en Amérique du Nord, au Kentucky. Mais pour ce deuxième rendez-vous en sol américain, disons que les obstacles n’étaient pas que sur les parcours ! Car l’ouragan Florence est venu perturber la compétition, et ce, même si le site était situé à plus de 1000 kilomètres.

Luc Vallée y avait été délégué pour ses compétences dans l’attelage, mais son mandat s’est élargi une fois sur place. « J’ai été là-bas 21 jours et c’était plus que pour ma discipline. J’ai fait tous les Jeux équestres. Je donnais un coup de main dans d’autres disciplines, mais j’étais principalement à l’attelage, souligne-t-il. C’était vraiment particulier et c’était la plus haute compétition que j’ai faite. »

« J’étais content d’y participer parce que de tels événements, ça donne l’occasion de rencontrer des gens d’un peu partout à travers le monde. Les officiels provenaient d’Afrique du Sud, de Russie, d’Australie, etc. »

Par contre, plusieurs athlètes n’ont guère apprécié leurs Jeux. « Il y a eu beaucoup de controverse. Des plaintes à l’effet que c’était mal préparé, que les compétitions avaient lieu en plein jour, par grande chaleur. Ce sont des choses que les spectateurs ne voient pas, mais nous, oui. Ce n’était pas facile pour les cavaliers, et encore moins pour les chevaux. Mais ç’a été un super événement, auquel j’ai eu l’occasion de participer, assure-t-il. C’est un degré de compétition extraordinaire. C’est juste avant les Jeux olympiques ! »

De fait, le rendez-vous était prestigieux avec 702 athlètes représentant 79 pays dans huit disciplines – sauteur, dressage, concours complet, attelage, reining, voltige, endurance et paradressage.

En plus du calibre relevé de la compétition, Luc Vallée a pu vivre la dernière édition de ces Jeux avec les huit disciplines présentées au même endroit.

En effet, en 2022, la FEI a scindé les compétitions, qui seront présentées d’une part au Danemark, et de l’autre, en Italie, un mois plus tard.