Sébastien Blanchette a remporté pour la première fois le Bol d’Or, en fin de semaine dernière. En finale au football collégial division 3, les Lauréats de Saint-Hyacinthe ont eu le meilleur sur les Gaillards du Cégep de Jonquière au compte de 35-20.

Un premier sacre pour Sébastien Blanchette

Malgré la défaite des Gaillards du Cégep de Jonquière en finale du Bol d’Or au football collégial division 3, en fin de semaine dernière, le Jonquiérois Sébastien Blanchette a tout de même célébré. Tout comme son équipe, le coordonnateur offensif des Lauréats du Cégep de Saint-Hyacinthe a savouré son premier sacre.

« C’est merveilleux. C’est un feeling difficile à décrire », souligne Blanchette qui en a abondamment parlé avec les autres membres du personnel d’entraîneurs à la suite de la victoire des siens 35-20 à Montréal. 

« On en revient comme pas. C’est drôle en même temps même si on a l’air d’une gang de bébés. C’est tellement spécial aussi que de l’avoir fait avec ce groupe de joueurs et ces entraîneurs. On a vraiment travaillé en équipe et on a eu une belle année. On est super soudés et on est contents de l’avoir fait ensemble », indique l’entraîneur qui en était à sa deuxième saison dans le personnel des Lauréats qui ont remporté les grands honneurs à leur quatrième année d’existence. 

« On savait qu’on était aspirants en début de saison. À ce niveau, il n’y a pas de surprise, mais est-ce qu’on avait ce qu’il fallait pour gagner ? J’avais un quart-arrière recrue même si on n’avait pas une mauvaise défensive. On savait toutefois qu’avec la défensive qu’on avait, on allait aller loin si on évitait les blessures, ce qu’on a réussi à faire jusqu’à la demi-finale. On était conscients de ce qu’on valait », note Sébastien Blanchette qui entend poursuivre l’aventure avec les Lauréats. En plus de ses responsabilités avec la formation collégiale, le Jonquiérois est également coordonnateur et entraîneur-chef du programme de football juvénile à la polyvalente Hyacinthe-Delorme. Avec cette équipe, il a atteint la finale régionale division 2. 

« On vient de mettre Saint-Hyacinthe sur la carte et on n’a pas fini », lance-t-il, avouant avoir adopté la ville de la Montérégie. « C’est chez nous ici maintenant. J’ai encore ma famille et mes amis au Saguenay, mais je cherchais une opportunité de pouvoir travailler dans le football et c’est ce que je fais. Il n’y a pas beaucoup de monde au Québec qui peut se vanter d’avoir ça. Je suis super heureux ici. Ça va bien et ça va aller en s’améliorant surtout en terme de football. Il y a plein de choses à faire. Ça vient de commencer », promet-il. 

Revanche

Pour Sébastien Blanchette et les Lauréats, cette victoire en finale du Bol d’Or représentait également une douce revanche. L’an dernier, en demi-finale provinciale sur le terrain jonquiérois, les visiteurs n’avaient jamais été dans le coup et avaient baissé pavillon face aux éventuels champions au compte de 34-3. Le scénario a été complètement différent en finale samedi dernier alors que l’attaque des Lauréats, la deuxième meilleure de la division Sud-Ouest en saison régulière, a connu sa performance sa plus solide des séries au bon moment. 

« (Les Gaillards) C’est un club où j’ai dirigé pendant quatre ans et pour lequel j’ai joué au cégep. C’est sûr que j’avais un peu sur le coeur le match de l’an dernier et ça me donnait une motivation supplémentaire. Jonquière, c’est un programme de football pour lequel j’ai beaucoup de respect. C’est chez nous Jonquière. Ça me faisait un petit velours d’affronter mon ancienne équipe, mais je voulais aussi me prouver et montrer que l’an dernier, c’était une erreur. On a fait 35 points et je pense que personne ne s’attendait à ça, d’autant plus qu’on n’avait fait aucun point offensivement en demi-finale face à Rimouski (victoire de 8-3) », de rappeler Sébastien Blanchette. 


On en revient comme pas. C’est drôle en même temps même si on a l’air d’une gang de bébés.
Sébastien Blanchette

Tourné vers l’avenir

À pareille date l’an dernier, l’élimination des Lauréats n’était pas le plus important souci de Sébastien Blanchette. Il venait tout juste de terminer des traitements pour une récidive du cancer de l’oeil. Un an plus tard, il est en rémission et tourné vers l’avenir.  

«J’espère que c’est derrière moi. Je n’y pense pas. C’est sûr que toutes les fois que j’ai des examens pour mon suivi, j’ai toujours un petit stress. Je vais de l’avant et je ne m’attarde plus à ça. Il ne faut pas de toute façon», raconte Sébastien Blanchette. 

En 2014, le natif de Jonquière avait combattu une première fois avec succès un mélanome choroïdien, une rare et sournoise forme du cancer de l’oeil. Des tests dans son suivi régulier avaient révélé une récidive, ce qui l’a contraint à recevoir une nouvelle fois des traitements de radiothérapie qu’il a terminé en novembre 2016. Quelques semaines plus tard, la bonne nouvelle tombait. Toutefois, avec ce cancer, les risques de métastases au foie sont décuplés. Heureusement, les plus récents tests n’ont rien révélé d’anormal. «Je touche du bois», exprime Sébastien Blanchette. 

«Je vois juste le positif et je laisse le négatif de côté. Je suis bien content de ma dernière année, reprend l’entraîneur, soulignant le support qu’il a reçu. 

«Je suis content de la vie que j’ai. Tout va bien et ce n’est pas seulement grâce à moi, mais aussi aux gens autour de moi», précise-t-il.  Dave Ainsley