Le coureur saguenéen Michel Bernard a pris la 3e place à l’ultramarathon de Niagara Falls, une épreuve totalisant 100 kilomètres.

Un podium pour Michel Bernard

Le mercure affichant 28 degrés Celsius a causé l’abandon de la moitié des participants, mais n’a guère ralenti la cadence du coureur Michel Bernard, de Chicoutimi, qui a été le troisième à franchir le fil d’arrivée à l’ultramarathon se tenant à Niagara Falls. Sa course (d’une durée de 10 heures ) de samedi a été selon lui un parfait équilibre de planification, entre force mentale et endurance physique.

L’athlète, qui a été le premier des 45-49 ans à compléter le tracé aller-retour reliant Niagara Falls à Niagara-on-the-lake, semblait presque frais comme une rose lorsque Le Quotidien l’a rencontré. Cumulant les événements de course à pied d’envergure depuis neuf ans (il a notamment complété quatre Ironman), Michel Bernard avoue avoir eu un premier 50 kilomètres commode, car le départ hâtif à 6 h 30 lui a permis de profiter d’une relative fraîcheur. Étonnamment, le parcours sur surface pavée, assez plat (totalisant 550 kilomètres de dénivelé, variant entre le positif et le négatif), lui a semblé davantage exigeant que la course en sentier, un autre domaine où il excelle.

« Cette course exigeait une bonne endurance, car le mouvement est répétitif, et la foulée toujours la même. En plus, j’ai fait partie d’un groupe de coureurs qui a parcouru 1,2 kilomètre dans la mauvaise direction (donc de trop), dès le départ, mais ça n’a pas ralenti mes ardeurs », mentionne le coureur qui avoue avoir additionné près de 940 kilomètres de course en entraînement, depuis janvier, en prévision de cet ultramarathon.

Déjà un habitué du parcours ontarien (qu’il avait réalisé en 2016 avec le coureur laterrois Stéphane Girard), Michel Bernard précise que c’est toutefois l’équilibre qui prévaut sur la connaissance du terrain, lors de ces grandes distances.

« L’aspect psychique est primordial, mais il faut aussi bien gérer et écouter les signaux que le corps envoie durant la course. La gestion de l’hydratation doit être parfaitement équilibrée, pour éviter la déshydratation, mais aussi l’hyponatrémie, soit la surhydratation », précise le féru de distances qui avait complété un challenge endurance (80 kilomètres) se tenant dans les sentiers du parc Bear Mountain, dans l’état de New York, il y a à peine 60 jours.

ADN d’ultramarathonien
Questionné à savoir ce dont a besoin un coureur se mesurant à de telles distances, Michel Bernard rétorque en riant. « Assurément une bonne tête de cochon. Il s’agit de se fixer un objectif qui est audacieux et de se convaincre qu’on va l’atteindre. Ç’a une énorme influence, à la fois dans l’entraînement, mais surtout durant la course en tant que telle, où la planification constitue la mince ligne entre réussite ou retrait », confie le coureur saguenéen, précisant ne pas être un coureur très rapide, mais en contrepartie très endurant, ce qui, selon lui, le prédispose pour ce genre de défis.

En ce qui a trait à l’avenir, Michel Bernard envisage peut-être de participer à un ultra à l’international. Il dispose du nombre de points nécessaires pour se qualifier à l’Ultratrail Mont-Blanc (UTMB), édition 2019, course symbolique (et très convoitée) de l’Ultratrail World Tour, bien qu’un tirage au sort détermine les participants.

« Mais je vis ça au jour le jour, la course. Je vais là pour avoir du plaisir. Je ne suis pas un coureur d’élite qui participe au classement », conclut Michel Bernard, précisant qu’il apprécie la dynamique de groupe au sein de ces événements, où la fraternité est stupéfiante.