À l’invitation de son agent, le défenseur de Mashteuiatsh Charles Émile Duciaume, 17 ans, s’est joint aux Fresno Monsters, en Californie. Un nouveau départ salutaire qui lui a permis de retrouver confiance en ses moyens. Il a même été choisi au sein de l’équipe d’étoiles du mois de la division Pacifique. Il pose ici en compagnie de son partenaire à la défense, Antoine Dumoulin, un joueur de 20 ans natif de Québec qui en est à sa deuxième saison à Fresno.
À l’invitation de son agent, le défenseur de Mashteuiatsh Charles Émile Duciaume, 17 ans, s’est joint aux Fresno Monsters, en Californie. Un nouveau départ salutaire qui lui a permis de retrouver confiance en ses moyens. Il a même été choisi au sein de l’équipe d’étoiles du mois de la division Pacifique. Il pose ici en compagnie de son partenaire à la défense, Antoine Dumoulin, un joueur de 20 ans natif de Québec qui en est à sa deuxième saison à Fresno.

Un nouveau départ pour Charles Émile Duciaume en Californie 

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
Certains joueurs choisissent l’Europe pour pouvoir continuer à jouer au hockey; d’autres, les États-Unis. Charles Émile Duciaume fait partie du second groupe. Vers la mi-septembre, le défenseur natif de Mashteuiatsh a décidé de prendre la direction de Fresno, en Californie, et il ne regrette pas sa décision. L’aventure dans la USPHL (United States Premier Hockey League) lui a permis de prendre un nouveau départ, de retrouver sa confiance et d’amorcer une belle lancée qui porte déjà ses fruits.

En entrevue téléphonique, l’athlète de 17 ans raconte qu’il a pris la décision, avec ses parents, de s’installer à Fresno pour la présente saison, après que son agent, Mathieu Lacharité, de l’agence Unlimited Sports Management (USM), lui en ait fait la proposition.

«En temps de COVID-19, tout était sur pause au Québec. Je me suis dit qu’aller à Fresno était une opportunité. De un, pour apprendre l’anglais ; de deux, pour faire un changement de vie ; et de trois, c’est une belle organisation et un bel endroit pour avoir une visibilité et accéder à un niveau supérieur», énumère le grand gaillard de 6 pieds 2 pouces et 192 livres.

Il n’est d’ailleurs pas le seul du Saguenay–Lac-Saint-Jean ou du Québec à s’être laissé tenté par l’organisation des Fresno Monsters. L’attaquant François Breton, de Chicoutimi, son coéquipier de longue date, notamment chez les Élites midget AAA de Jonquière, s’est lui aussi joint à l’organisation californienne, tout comme Paul Édouard Vollant, de Betsiamites, un ancien joueur des Forestiers d’Amos. Trois autres Québécois évoluent dans la formation de la division Pacifique.

100 % hockey

En 12 matchs, les Fresno Monsters ont un excellent dossier de 10 victoires et deux revers. Charles Émile Duciaume fait partie des éléments qui contribuent au succès de l’équipe puisque la formation accorde très peu de tirs à l’adversaire – moins de 30 par match – et la défensive appuie bien le gardien. Charles Émile a d’ailleurs été choisi défenseur gaucher du mois pour l’équipe d’étoiles de la division Ouest, lui qui avait inscrit un but et récolté six passes à ses cinq premiers matchs, dans cette ligue qui regroupe quelque 60 équipes d’un océan à l’autre.

Depuis ses débuts, Duciaume a récolté neuf points en 11 matchs, dont deux buts. L’entraîneur Cody Key lui donne des responsabilités et le jeune homme a retrouvé confiance en ses moyens.

« Durant les premiers matchs, je jouais environ 30 minutes par rencontre. Notre entraîneur est intense, il est gentil avec les joueurs et il fait beaucoup de correction. C’est ce qui est l’fun pour un joueur de hockey. C’est un des meilleurs que j’ai eus », assure-t-il, en rappelant que Key est un ex-joueur étoile qui a joué à Fresno dans l’ancienne ligue, les Fresno Monsters ayant intégré la USPHL cette année.

La USPHL, ligue dans laquelle évolue Charles Émile Duciaume, lui permet de découvrir de magnifiques endroits, comme cette patinoire extérieure en Oregon, bordée d’arbres majestueux.

Avant de se lancer dans l’aventure à Fresno, Charles Émile avait reçu de bons commentaires quant à l’organisation et la ville de la part d’un ami défenseur. Pour un jeune hockeyeur, c’est un peu une vie de rêve. « On a environ deux à trois heures de pratique sur glace par jour et toujours environ une heure et quart de gym par jour, tout cela trois ou quatre jours par semaine. Et on joue toujours trois matchs la fin de semaine », souligne le jeune joueur, avide de s’améliorer.

Même s’il réside dans une ville où le soleil est omniprésent – la dernière fois qu’il a plu, c’était le 14 février 2019 –, le calibre de jeu l’a agréablement surpris, tout comme les nombreux fans de l’équipe et la qualité des installations. « J’ai fait le saut au début parce que le hockey n’est pas leur sport principal, en Californie », avoue-t-il.

L’équipe attire de 5000 à 6000 visiteurs et le Selland Arena s’avère un bel amphithéâtre.

Dans cette ligue, le jeu est aussi très robuste. En 11 matchs, Duciaume cumule 19 minutes de pénalité. Son coéquipier, François Breton, a passé 31minutes au cachot en sept matchs.

« Ça joue du gros jeu robuste, avec de grosses mises en échec. Des fois, il y a des minutes de bagarres. Ça joue trop rough de temps en temps. Je suis avantagé au niveau gabarit, mais sinon, on a beaucoup de minutes de punition et c’est un de nos pires défauts en ce moment », admet le Jeannois.

Formateur
Depuis son arrivée à Fresno, il y a deux mois, Charles Émile Duciaume réside dans une famille de pension, où il a pu grandement améliorer son anglais parlé. Il découvre la cuisine d’influence mexicaine et de belles villes où l’équipe se rend jouer, comme Las Vegas, Los Angeles et San Diego. « Ça fait de belles expériences. On revient de l’Oregon où, la semaine passée, on a joué sur une patinoire extérieure bordée d’arbres. Il a même neigé et c’était super le fun », mentionne-t-il.

Pour amorcer la saison et apprivoiser son nouvel environnement, Charles Émile avait préféré ne pas s’inscrire à l’école pour effectuer une sixième année secondaire, ce qui lui ouvrirait les portes universitaires. Plus à l’aise en anglais, cette option pourrait se concrétiser pour la prochaine moitié de saison. « Grâce à mon début de saison, je me suis fait une bonne réputation. Ce pourrait être une option de revenir l’an prochain dans la même équipe ou à un niveau supérieur, si je reçois une invitation. »

Les Fresno Monsters disputent leurs matchs au Selland Arena. L’équipe, très populaire, attire de 5000 à 6000 spectateurs par rencontre.

Car le circuit dans lequel il évolue lui permet de se faire voir par des recruteurs universitaires en quête de talent pour les équipes de la NCAA. « On a deux showcases, dont un tout de suite après les Fêtes, à Boston, et un autre environ trois semaines plus tard, à Las Vegas », souligne-t-il.

Bien sûr, cette expérience chez les voisins du Sud n’est pas gratuite, mais sans en connaître le fin détail, Charles Émile estime que ce n’est pas si dispendieux, et de par certains aspects, c’est moins cher qu’au Québec. « J’ai vraiment aimé avoir l’opportunité de venir ici. On vit des belles activités qu’on n’a pas la chance de vivre au Québec et on a la chaleur. La seule chose, c’est que je m’ennuie un peu de mes proches », avoue le #81, qui s’ennuiera aussi de sa motoneige.

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ATTEINT DE LA COVID-19

La pandémie s’infiltre partout et l’équipe des Fresno Monsters n’y a pas échappé. Lors de l’entrevue, l’athlète de Mashteuiatsh Charles Émile Duciaume venait d’apprendre depuis peu que son test s’est avéré positif.

Dans son cas, les symptômes se limitent à la perte du goût et de l’odorat et un peu de toux, mais il ne ressent pas de fatigue intense.

L’équipe a tout de même pris les grands moyens. Malgré que ça aurait été le premier match local des Monsters à Fresno en fin de semaine, l’organisation a décidé de prendre une pause de deux semaines et de sortir les joueurs positifs de leur pension pour les regrouper dans une seule résidence durant leur quarantaine. Le Jeannois semblait bien vivre cette situation.