Jeff Gagnon a conquis le Machu Picchu le 7 juin dernier lors du Marathon Inca Trail.

Un marathon de 11 heures sur le Machu Picchu

Il a eu besoin de plus de 11 heures, mais le Robervalois Jeff Gagnon est devenu l’un des rares privilégiés à pouvoir compléter le Marathon Inca Trail sur le site du Machu Picchu, au Pérou, le 7 juin dernier. Il en a toutefois bavé afin de rallier le fil d’arrivée.

« Je n’ai jamais trouvé une course aussi éreintante, aussi difficile, tant sur les plans mental que physique. Quand tu dis que tu atteints tes limites, j’ai atteint les miennes », d’admettre Jeff Gagnon.

Confirmation effectuée par les organisateurs, Jeff Gagnon est devenu seulement le cinquième Québécois à participer à cette épreuve très sélecte, lui qui a terminé 8e sur 25 participants. En raison des problèmes de détérioration du site, les autorités péruviennes ont grandement limité l’accès au marathon. Dans ses démarches, Jeff Gagnon a été aidé par une agence américaine. « Je suis content de l’avoir vécu. Je me sens choyé d’avoir participer à ce marathon vraiment réputé mondialement comme étant le plus difficile », exprime-t-il.

« Une belle expérience, mais je ne referai pas un marathon de la sorte », précise-t-il, tout de même lors de l’entrevue téléphonique.

Dans l’esprit de Jeff Gagnon, l’Inca Trail ne peut pas être qualifié de marathon dans le sens pur et dur du terme. Il s’adresse plus aux spécialistes de la randonnée et de trekking. « Je dirais que tu peux courir seulement la moitié et le reste, tu dois te débrouiller », image le Robervalois. Il se dit impressionné par le niveau des autres coureurs, dont le gagnant qui a terminé à une quinzaine de minutes du record absolu (7 h 12 min), établi par un Américain en 2014.

« Il y avait beaucoup de passes d’escalade à faire sur un parcours très accidenté et parfois même dangereux. On longeait des ravins assez profonds merci », de confier Jeff Gagnon, rappelant les cinq abandons sur 25 participants. « Il fallait vraiment porter attention où l’on mettait les pieds. »

Difficile
Le coureur régional a souffert lors de l’épreuve, particulièrement dans le dernier droit. D’abord, afin de s’habituer à l’altitude et au sommet de la course à 13 000 pieds, il a effectué deux sorties de sept kilomètres avant le jour J, ce qui n’est pas dans ses habitudes. Puis, la veille, avant de se rendre à l’endroit du départ — « un plateau complètement hallucinant tellement que la vue était magnifique entouré des montagnes » – les participants devaient parcourir une dizaine de kilomètres. Ajoutez une nuit glaciale et quelques heures de sommeil dans une tente, et tous les ingrédients étaient réunis pour une longue journée.

En prime, Jeff Gagnon a raté trois stations d’hydratation et s’est donc retrouvé en manque de liquide. « J’étais vraiment fatigué mentalement et physiquement. Pour les six derniers kilomètres, j’ai marché. J’ai dû piler un peu pas mal sur ma fierté sportive. Jusqu’au 36e kilomètre, j’étais 6e et j’ai perdu deux rangs », raconte le coureur régional. Avec ce qu’il avait vu avant de prendre le départ, il pensait pouvoir faire sous 10 heures, soit le double pour un marathon du genre, mais a finalement fait stopper le chronomètre à 11 heures 11 minutes, un temps qu’il qualifie de hors-norme.

« Au départ, j’étais en short et amicalement, les autres participants me demandaient si j’étais fou. Je répondais que j’étais Canadien et que j’étais capable d’en prendre », de relater Jeff Gagnon, qui portait son traditionnel uniforme de course, un chandail de football #13 des Dolphins de Miami.

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7000$ POUR DEUX CAUSES 

De retour dans son patelin, Jeff Gagnon a établi un nouveau record pour les causes qu’il supporte. Parallèlement à ses activités de coureur, le Robervalois amasse des fonds afin de venir en aide aux jeunes grâce au Pied-Thon Jeff Express. Cette année, il s’est associé avec le propriétaire du P’tit Bar, Sylvain Leclaire, qui de son côté, a choisi d’appuyer la maison de fin de vie Le Havre du Lac-Saint-Jean. Différentes activités ont permis de dépasser l’objectif initial de Jeff Gagnon. Une dernière activité samedi au P’tit Bar, Barman d’un jour, permettra de compléter le tableau. Tous les pourboires amassés de 13h à 19h seront remis aux deux causes et après coup, le montant final sera dévoilé. Jeff Gagnon a bon espoir de dépasser le cap des 7000$, un sommet pour lui. Il avoue que de penser aux deux causes l’a motivé à terminer le marathon du Machu Picchu quand il s’est mis à souffrir. 

«Après 8-9 heures, il y a plein de choses qui te passent par la tête», de convenir Jeff Gagnon, qui rêve maintenant de participer aux marathons de Londres ou de Tokyo. Si jamais son plan A ne fonctionne pas, il regardera la possibilité de courir à Rio, au Brésil, ou à Rome, en Italie.