Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Gilles Courteau aura de grands défis à relever au cours des prochains mois.
Gilles Courteau aura de grands défis à relever au cours des prochains mois.

Un long et productif règne

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / La LHJMQ célèbre depuis quelques jours les 35 ans de règne de Gilles Courteau.

Vrai qu’il en a fait du chemin, l’ancien statisticien des Draveurs de Trois-Rivières.

Sous son leadership, sa ligue s’est transfigurée au fil des décennies.

Elle a été dépouillée des éléments folkloriques qui la bordaient. Adieu les bagarres générales, le vaudeville dans les médias, la promotion autour de la robustesse. La clientèle a changé dans les gradins, la ligue est beaucoup plus professionnelle et elle a, en conséquence, développé des partenariats avec de grandes sociétés.

Au chapitre des réussites du commissaire, il y a bien sûr l’expansion dans les Maritimes. Le renouvellement des franchises, maintenant appuyées en grande partie par des propriétaires aux poches profondes. Ça aide à traverser une crise sans précédent comme la COVID! Et à étoffer de plus en plus les services offerts aux hockeyeurs.

La LHJMQ se démarque de ses deux ligues voisines à plusieurs chapitres. Elle s’attaque plus sévèrement aux bagarres depuis quelques années, par exemple, même s’il y a encore des conservateurs autour de la table. Elle continue de faire un spectacle à grand déploiement de son repêchage, investissant temps et argent pour faire vivre un week-end de rêve aux jeunes joueurs midgets de l’Est du Canada. Et puis Courteau a réussi à négocier une bonne entente avec le gouvernement pour permettre à son circuit de continuer à opérer en pleine pandémie.

Au rayon des échecs, il y a les incursions ratées aux États-Unis. Par deux fois, à Plattsburgh et Lewiston, la LHJMQ a tenté de s’implanter de l’autre côté de la frontière. Le ciment n’a pas pris. Dommage, car la ligue est désavantagée par rapport à la OHL et la WHL sur les bassins de joueurs américains accordés à chaque circuit canadien en raison de son absence au pays de l’Oncle Sam. Pas pour rien que Courteau veut refaire une troisième tentative américaine un de ces jours… à condition de trouver deux bons marchés à proximité l’un de l’autre!

Courteau n’a jamais réussi non plus à stopper ceux qui manipulent les repêchages. Ces joueurs qui jurent s’enligner vers la NCAA mais qui changent subitement d’idée une fois qu’un gros marché réclame leurs droits… beaucoup plus loin que prévu à la séance de sélection. La ligue a mis certains mécanismes en place, comme des choix compensatoires, le nombre de cas a chuté un peu. Mais ça reste un problème qui plombe l’équilibre des forces, année après année.

Dompter les récalcitrants avec des mesures encore plus ciblées serait une belle cible pour les prochaines années du règne de Courteau, qui n’a aucun plan de retraite à l’horizon. Le terrain semble fertile pour s’aventurer dans cette opération, de plus en plus d’équipes font valoir leur mécontentement. Incluant des organisations, comme les Remparts, qui ont profité des largesses du système pour recruter des gars comme Angelo Esposito et Anthony Duclair par le passé!

Une ligue à relancer

Mais bon, avant de s’attaquer à ce genre de dossier, Courteau devra trouver une façon de relancer sa ligue quand la COVID sera maîtrisée. L’aide gouvernementale ne sera pas éternelle, il faudra recommencer très bientôt à boucler les budgets avec les revenus traditionnels.

Ce sera tout un défi.

Est-ce que la vaccination va convaincre les fans de revenir s’entasser dans les arénas l’automne prochain? Rappelez-vous, le public du circuit est quand même assez vieillissant. Pas pour rien que des efforts importants sont faits pour attirer les familles et les jeunes adultes. Il y avait des marchés déjà dans le pétrin financièrement avant la pandémie, ils ne peuvent certainement pas se permettre une chute de billets vendus…

Et puis il y a le volet des commandites. Certaines entreprises ont traversé le désert durant la dernière année. Est-ce que les budgets de promotion seront revus à la baisse? De nos jours, c’est un dossier tout aussi important que le nombre de billets vendus dans les arénas, et il est encore plus complexe…

Ce qui n’aide pas le commissaire, c’est que la LHJMQ n’a pas la visibilité prévue au contrat avec son diffuseur depuis le début de la saison. TVA Sports doit, en principe, diffuser une quarantaine de matchs. Or vous avez assez des doigts d’une main pour répertorier le nombre de rencontres qui ont été présentées au petit écran jusqu’à maintenant. Il reste du temps, certes, et normalement il y a un certain crescendo en séries mais disons que le cap des 42 matchs semble très loin en ce moment.

Ça fait mal.

Sans cette visibilité, partenaires commerciaux et fans sont tentés d’aller voir ailleurs. Pas évident de croire qu’ils seront tous de retour pour la saison 2021-22. Ce n’est certes pas la webdiffusion qui entretient la flamme. Le produit est très inégal d’un marché à l’autre, et relativement dispendieux.

Courteau aura besoin de toute son expertise pour manœuvrer dans cette mer agitée au cours des prochains mois…