Même si la pandémie les prive de leur implication dans des tournois de hockey cet hiver, Daniel Cyr, Carol Audet, Charley Kearney et Rodrigue Dallaire gardent espoir de pouvoir au moins aller encourager les Marquis de Jonquière au Palais des Sports en compagnie de leurs amis et passionnés de hockey.
Même si la pandémie les prive de leur implication dans des tournois de hockey cet hiver, Daniel Cyr, Carol Audet, Charley Kearney et Rodrigue Dallaire gardent espoir de pouvoir au moins aller encourager les Marquis de Jonquière au Palais des Sports en compagnie de leurs amis et passionnés de hockey.

Un grand vide... à plusieurs niveaux chez les partisans de hockey

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
« Ce ne sera pas la déprime, mais ce sera vraiment plate ! Surtout que le hockey professionnel ne recommencera pas avant décembre ! », lance Charley Kearney, une figure du milieu sportif bien connu à Jonquière.

Les partisans des clubs de hockey des Saguenéens de Chicoutimi et des Marquis de Jonquière risquent de trouver l’hiver bien long s’ils ne peuvent pas aller encourager leurs favoris dans leur amphithéâtre respectif. D’autant plus que pour la grande majorité, le match de hockey est un lieu de rencontre pour les amis qui partagent une passion commune pour leur équipe et le sport.

Charley, Carol Audet et Daniel Cyr sont réunis dans le garage de leur ami Rodrigue Dallaire, leur lieu de rendez-vous pour jaser hockey. Ensemble pour un souper à l’orignal, le quatuor a bien voulu partager sa perception de l’hiver qui se pointe pour les amateurs de sports en ces temps de COVID-19, alors que le début de saison de leur équipe favorite, les Marquis de Jonquière, reste toujours hypothétique au moment d’écrire ces lignes.

« Ce qui est l’fun, au hockey, c’est la camaraderie. On ne va pas voir juste un match de hockey ; on y rencontre aussi du monde qu’on ne voit qu’à ces moments-là. Ça fait partie du plaisir d’aller au hockey », explique Carol Audet, sous le regard approbateur de ses amis, tous des partisans de longue date des Marquis de Jonquière, même à l’époque où le club s’appelait les Condors.

Ils ont leur billet de saison depuis des années et ils sont fidèles au poste au Palais des Sports toutes les fins de semaine, beau temps, mauvais temps. « Moi, ce que j’aime de la Ligue nord-américaine, c’est que ce ne sont pas des joueurs en apprentissage. Les gars savent jouer du hockey et ils savent ce qu’ils ont à faire », fait valoir Carol Audet.

Depuis deux ans, Daniel Cyr et lui donnent même un coup de main à l’organisation et accompagnent l’équipe sur la route. C’est dire leur attachement pour l’équipe. « Tout le monde est fin, les joueurs, les entraîneurs, les propriétaires. Quand tu vas en dehors, à Rivière-du-Loup par exemple, tu rencontres Cindy [Simard, copropriétaire des 3L] et elle est contente de te voir. Ça devient comme une famille », soulignent-ils.

À la blague, leurs amis Charley et Rodrigue les taquinent en disant que par contre, ils n’ont plus le droit de critiquer l’équipe, alors qu’eux, oui !

Même si la pandémie les prive d’une partie de leurs activités sociales, les quatre amis ne croient pas qu’ils vont perdre l’intérêt pour le hockey et les différents calibres qu’ils suivent. « L’intérêt ne partira pas. Ce ne sera que partie remise. On ira l’an prochain », affirme Charley, avec un brin de résignation dans la voix.

« S’il y avait eu un deadline, ça aurait été encore plus triste. Mais là, on va vivre d’espoir », ajoute Carol.

« On espère tous que ça va commencer bientôt », renchérit Daniel, qui s’attend à ce qu’en novembre, le gouvernement hausse suffisamment le nombre de spectateurs permis pour que la LNAH puisse reprendre ses activités. Eux aussi sont restés sur leur appétit, ce printemps, lorsque la pandémie a mis fin abruptement au hockey alors que les séries allaient commencer.

Ils seraient même prêts à accepter une hausse du prix du billet advenant que l’équipe doive composer avec un nombre limité de spectateurs dans les gradins. « Vingt dollars pour trois heures de loisir, ce n’est pas beaucoup », arguent-ils.

Ce qui les tracasse également, c’est que la pandémie les prive aussi de leur implication dans leur milieu. Retraités très actifs, ils donneur de leur temps dans l’organisation de tournois de hockey, comme le Challenge midget AAA et le Tournoi de hockey pee-wee de Jonquière.

« L’hiver va être trrèèèès long ! On perd la Ligue nord-américaine et les beaux tournois pour lesquels on travaillait », soupire Charley, le doyen du groupe.

Des loisirs incertains 

Pour l’instant, le quatuor se consolent en se disant qu’ils pourront au moins assister aux matchs des Élites midget AAA qui ont droit à 250 personnes dans les gradins du Foyer des loisirs. Ces derniers risquent d’ailleurs de voir leurs assistances monter lorsqu’ils reprendront l’action au cours des prochaines semaines puisque ce sont les seuls à pouvoir accueillir des spectateurs à Saguenay actuellement.

Abonné des Marquis, Rodrigue Dallaire songe à se rabattre sur la motoneige s’il ne peut plus aller au hockey. «Je vais partir plus longtemps. Parfois, je ne partais pas parce qu’il y avait une joute de hockey», mentionne-t-il. Mais encore là, il s’inquiète des impacts de la pandémie. Est-ce que les motoneigistes auront accès aux relais et aux installations sanitaires cet hiver si jamais le coronavirus reprend de la vigueur? Même chose pour leur activité de pêche sur glace. Il ne pourra sans doute plus accueillir ses amis comme par le passé.

Même la pratique des quilles a été légèrement modifiée à cause du COVID-19. Pour l’instant, ils peuvent jouer à quatre ensemble plutôt que cinq, mais ils craignent qu’une recrudescence des cas puisse mettre à nouveau cette activité sociale sur pause.

+

UNE PENSÉE POUR LES JEUNES

Partisans de longue date, Carole Lemelin et Réjean Audet sont tristes de ne pouvoir aller encourager leurs Sags au centre Georges-Vézina, mais ils pensent surtout aux jeunes qui seront privés de rencontrer leurs idoles.

Détenteurs de billets de saison depuis près de 20 ans, Réjean Audet et Carole Lemelin vont, bien sûr, s’ennuyer de leur rendez-vous hebdomadaire avec les Saguenéens de Chicoutimi dans la section 27 du centre Georges-Vézina. Mais ils sont aussi tristes à la pensée que les joueurs, qui sont des modèles pour bien des jeunes, ne pourront plus rencontrer leurs jeunes partisans aussi souvent que par le passé. 

« Pour nous, aller aux Sags, c’est aussi une forme d’activité sociale parce qu’on côtoie des gens en dehors de nos milieux de travail et de notre milieu familial, explique M. Audet. Ma conjointe et moi, on a toujours aimé le hockey junior majeur parce que c’est du hockey de développement. Les jeunes ne gagnent pas des millions et la majorité proviennent de l’extérieur. Pour nous, c’est beau de voir ces jeunes vieillir et évoluer. Les partisans, on se comporte comme si on était leurs parents. On les encourage du mieux qu’on peut et c’est facile d’aimer des jeunes qui se donnent pour l’équipe locale. »

Bien sûr, ils ont été déçus de la fin abrupte de la saison dernière, alors que les séries s’annonçaient excitantes. « On s’attendait à beaucoup des Saguenéens. C’était une année charnière. Par contre, la situation de la COVID-19 était évidemment prédominante sur le hockey à ce moment-là. On va avoir une super belle équipe encore cette année. »

Au-delà de ne pas avoir accès à l’aréna, il déplore que les Sags ne pourront plus être aussi près des jeunes qu’ils inspirent. « Ils ne pourront plus faire autant d’activités que par le passé, comme aller dans les écoles pour faire la promotion du hockey junior. En faisant ces activités, ils deviennent de meilleures personnes et ils sont des modèles pour les jeunes qu’ils côtoient. Ils démontrent qu’à force de travail et de persévérance, on peut atteindre de beaux objectifs dans la vie. La COVID-19 met un frein à ça et c’est triste, ça aussi. »

Selon lui, si la télédiffusion des matchs maintiendra l’intérêt, elle ne peut pas remplacer l’avantage d’être sur place. « Le contact visuel à la télé, c’est une chose, mais quand on est sur les lieux et que les jeunes voient les joueurs qui sont allés dans leur école ou qui sont leurs idoles, ça amène une vie qui est vraiment plaisante et qui ne sera pas là cette année. Et il ne faut pas oublier qu’à la télé, on n’a jamais la vision d’ensemble, mais juste l’angle de la caméra, souligne celui qui garde espoir de retourner au CGV cette année. Les partisans des Sags ont toujours été optimistes. Je considère que quand on est un partisan, on l’est toujours et pour longtemps en plus. Que ce soit dans n’importe quel sport, mais particulièrement au hockey junior, on a besoin de ce type d’activités, peu importe le nombre qu’on sera dans l’aréna. La preuve, c’est qu’avant le début de la saison, les Sags organisaient des matchs intraéquipes et on se ramassait 300 à 500 personnes dans l’aréna ! »

Il n’y a pas que les partisans qui risquent d’être affectés par le fait qu’ils ne pourront aller encourager leurs favoris. L’absence du 7e joueur, cette énergie insufflée par la foule partisane, pourrait aussi avoir un impact sur les joueurs. 

« On va s’attarder à ça au cours des prochains jours. On a des rencontres prévues de brainstorming pour trouver des idées et s’assurer que la motivation reste optimale. On va se servir de nos conseillers, de nos préparateurs mentaux, de nos psychologues sportifs. On va s’assurer de travailler avec ces gens-là pour trouver des idées, justement pour garder le groupe motivé », a indiqué l’entraîneur-chef Yanick Jean.