Jonathan Noël (à gauche) a conclu en force sa saison de courses longues distances en sentiers en terminant les 160 km du Bromont Ultra au 4e rang, avec un chrono de 24 h 48mn, lui qui, au départ, avait prévu le faire en 27 heures. Il est accompagné de son «pacer» Stéphane Dubois.

Un été exceptionnel pour Noël

Jonathan Noël a conclu une saison exceptionnelle en ultrafond, lui qui a pris part avec succès à cinq épreuves d’envergure, dont deux « 100 milles ». En fin de semaine dernière, le Chicoutimien s’est d’ailleurs à nouveau distingué en concluant les 160 kilomètres du Bromont Ultra au 4e rang, avec un chrono de 24 h 48mn.

Pour l’athlète de 28 ans, il s’agissait d’une deuxième participation au défi de Bromont, qui fait partie des « 100 milles ».

« L’an passé, je l’avais essayé, mais une blessure a fait en sorte que je n’avais pas été en mesure de le terminer. Cette année, j’ai fait une belle performance et j’ai pu me dépasser », mentionne celui qui s’est quand même surpris.

« L’une de mes idoles, Florent Bouguin, un grand champion québécois, l’avait fait en environ 23 h 50mn. Je visais plus de faire l’épreuve en 27 heures, mais quand j’ai vu que ça allait bien, je me suis dit que je pourrais peut-être viser les 25 heures. Et quand j’ai constaté que je le faisais en deçà de 25 heures, j’étais vraiment content », raconte Jonathan Noël qui visait un top-10, voire un top-5.

Le Chicoutimien vient de conclure une saison très bien remplie. En plus de prendre part à une quinzaine de courses du circuit régional, il a participé en juillet à la Grande Traversée de l’Ultra-Trail du Mont Albert (165 km/100 milles) où il a pris le 7e rang (36 h 04mn45), puis le Québec Méga Trail (50 km), le LK 50 entre Lac-Kénogami et Hébertville, l’Ultra-Trail Harricana de Charlevoix en septembre (125 km) où il a amélioré son temps, avec un chrono de 15 h 34mn47 pour une 14e place au total.

« Ç’a été mon été le plus intense en terme de courses. J’ai fait 23 compétitions en tout ! »

Le jeune homme était d’autant plus fier que c’était sa première avec des «100 milles».

« Ç’a été concluant. J’ai un peu appris de mes erreurs. Au cours de la dernière année, j’ai constaté que les gens qui complétaient des 100 milles avaient beaucoup d’entraînement derrière la cravate. Ils avaient beaucoup de millage et ils couraient rarement très rapidement. Je suis allé dans cette optique et ç’a été très très payant. »

« Je suis encore comme sur un nuage, avoue le Chicoutmien. Même Sylvain Lavoie, qui est un très bon coureur, a vu mes performances et il avait presque de la misère à y croire. Ça m’a encouragé. C’est sûr qu’il y en aura une course à l’extérieur du pays. Je suis déjà en train de regarder pour ça. Avec les temps que j’ai faits cette année, je n’ai plus de barrières. Je suis qualifié pour pas mal toutes les courses ! »

Projets à l’étranger

Jonathan Noël avoue avoir connu une saison au-delà de ses attentes. « C’est vraiment une grosse progression. Je suis en train de regarder pour les prochaines courses à l’extérieur de la province, voire du Canada. Je vais certainement en faire une aux États-Unies. »

Le Mont-Albert et le Bromont Ultra trônent d’ailleurs au sommet de son palmarès des épreuves les plus difficiles qu’il a faites cette année. Mais celle dont il est le plus fier est le Bromont Ultra.

« Bromont est une grande fierté parce que j’étais en fin de saison, j’avais moins d’énergie et peu de temps de récupération après Harricana. Mon gros défi était d’ailleurs Harricana où j’ai fait une belle performance et je me suis amélioré », note-t-il.

Encouragé par ses résultats , Jonathan Noël pense même à devancer sa participation au mythique Ultra-Trail du mont Blanc (UTMB), à Chamonix, en France.

« Je voulais le faire dans deux ans, mais comme j’ai déjà tous mes points, je suis en train d’évaluer la possibilité de le faire l’an prochain. L’idée me trotte dans la tête », concède celui qui est conscient que l’argent sera le nerf de la guerre pour ses prochains projets.

Il a commencé à dénicher quelques commanditaires et a tissé des liens avec d’autres bons coureurs intéressés à faire des courses avec lui, ce qui permettrait d’atténuer les coûts de transport et d’hébergement.

Autres régionaux

Au moins deux autres athlètes de la région ont participé au Bromont Ultra. Bien connu pour ses exploits aux Ironman et cofondateur du Grand défi qui porte son nom, Pierre Lavoie a pris le 3e rang en 6 h 28mn43 pour sa première course en sentier de 55 kilomètres. Dans une entrevue au magazine « Distances + », Lavoie expliquait que sa première participation officielle à une course en sentiers a eu lieu en août dernier, lors du 50 kilomètres entre Lac-Kénogami et Hébertville. Cette 2e expérience s’est donc avérée fructueuse pour le Saguenéen. D’ailleurs, dans cette même publication, on précise que « ce n’est pas seulement l’athlète qui fait le saut vers cette nouvelle discipline : son organisation prévoit, elle aussi, un virage majeur dans l’univers de la course en sentier au cours des prochaines années. » À l’épreuve de 80 kilomètres, le Laterrois Stéphane Girard a pour sa part conclu en 14e position au total, avec un temps de 11 h 02mn.