Francois Laberge vivra une première expérience d’enseignement en ligne.
Francois Laberge vivra une première expérience d’enseignement en ligne.

Un défi stimulant pour François Laberge avec Football Québec

La crise du coronavirus permettra à François Laberge, entraîneur-chef des Gaillards du Cégep de Jonquière, de relever un défi stimulant qui mettra en valeur ses talents de pédagogue et sa passion pour le football. Parmi les entraîneurs recrutés par Football Québec pour offrir des formations virtuelles à d’autres entraîneurs, le pilote jonquiérois est en effet l’un des deux seuls entraîneurs de la division 3 de la Ligue de football collégial à avoir été sollicité pour cette première expérience. « J’aime la pédagogie et le football est ma passion. Donc de pouvoir partager ma passion avec d’autres entraîneurs, c’est sûr que ça me rend heureux », indique François Laberge en entrevue téléphonique.

« J’avais rencontré le coordonnateur technique de Football Québec, Alexandre Gouin-Bourgea, lors d’une formation de gestion de programme de haut niveau qui se donnait à Saint-Hyacinthe, l’hiver dernier, et j’avais justement fait une présentation sur la façon dont j’utilisais mes joueurs de ligne et comment on les avait impliqués dans le jeu, ce que ça nous amenait de plus, etc. Il avait trouvé ça super intéressant et il m’a approché, il y a trois semaines, pour savoir si je voulais présenter cela sous forme de clinique. C’est la première fois qu’ils offrent ce type de formation en ligne », explique le pilote des Gaillards, qui en sera à une première expérience virtuelle. Auparavant, il a déjà fait de la formation en se rendant sur place, à Saint-Félicien, à Alma avec les Lynx du Pavillon Wilbrod-Dufour et à Charles-Gravel, entre autres. Il coachait les entraîneurs et aidait les organisations. « Mais en ligne comme ça, ce sera une première fois ! »

Comme tout se fera via la plateforme Zoom, il faut évidemment qu’il élabore une présentation d’une heure, une heure et quart sur PowerPoint. La présentation sera suivie d’une période de questions. Une première stimulante pour le Saguenéen. « Je me suis fait un plan dans ma tête sur la façon dont je vais structurer ça. Je vais commencer par l’utilisation que l’on fait des joueurs de ligne depuis 2016 principalement, la philosophie qu’on utilise à travers notre cahier de jeux offensifs, etc. On ne fait pas que ça, mais c’est ce que le coordonnateur m’a demandé de préparer parce ce ne sont pas des choses que nous sommes habitués de voir et que ce serait intéressant de le présenter à d’autres entraîneurs. »

Plus de 200 abonnés

La nouvelle formule offerte par Football Québec suscite un bel intérêt dans le milieu des entraîneurs. Plus de 200 personnes se sont abonnées. Le coût pour accéder à une trentaine de formations était de 15 $ jusqu’à dimanche et est maintenant de 20 $ depuis minuit (nuit de dimanche à lundi). La première a été donnée lundi par Alex Surprenant, coordonnateur offensif de l’Université Concordia. Quant à François Laberge, sa présentation sera donnée le 4 mai, à 10h.

« Ce sont des conférences en direct via la plateforme Zoom, de sorte que les gens pourront poser des questions par écrit et je leur répondrai, explique le pilote des Gaillards. J’ai eu une formation la semaine dernière avec Alexandre Gouin-Bourgea. On a utilisé la plateforme et je faisais des essais-erreurs pour voir comment elle fonctionnait. Jusqu’à maintenant, ç’a l’air de vraiment bien fonctionner. »

Pour l’instant, les conférences sont programmées jusqu’à la mi-mai, mais il y aura peut-être un prolongement. Et même si les formations sont en direct, le contenu n’est pas perdu si jamais un abonné rate un rendez-vous. « Par la suite, il sera possible de revoir chaque formation sur la page privée d’un groupe Facebook », souligne-t-il.

Les entraîneurs-conférenciers ne sont pas payés. « Ensemble, on a décidé que s’il y a des surplus, on veut les redonner à un milieu défavorisé qui encourage la pratique du football », précise François Laberge, qui assistera lui aussi à quelques conférences pour augmenter son bagage de connaissances.

Ce dernier est en train de terminer sa formation pour devenir responsable certifié de programmes de haut niveau, une formation qui sera exigée d’ici quelques années pour qui veut devenir entraîneur aux niveaux collégial et universitaire.

« J’étais censé suivre mon dernier bloc de formation il y a deux semaines pendant une fin de semaine complète à Lévis pour terminer ma formation. J’aurais eu ensuite une évaluation avant d’être en mesure de donner des formations, mais la COVID a mis tout cela sur pause », explique celui qui aime bien enseigner et partager ses acquis. « Mon but, dès que ce sera possible, sera de terminer ma formation d’entraîneur-chef du programme collégial, afin d’être en mesure de donner des formations au niveau régional, voire provincial. C’est quelque chose que j’aimerais bien faire. »

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SE PRÉPARER À DIVERS SCÉNARIOS POUR LA REPRISE DES ACTIVITÉS

Les plans de la formation de football des Gaillards du Cégep de Jonquière n’ont pas échappé aux mesures mises en place par les gouvernements pour contrer la propagation de la COVID-19. En effet, l’organisation n’a pas été en mesure de tenir comme prévu tous ses entraînements hivernaux ni son camp printanier. Malgré tout, l’organisation n’aura pas été très pénalisée.

« On a eu le temps de faire seulement deux pratiques hivernales avant que la directive de fermer les écoles tombe. On a donc raté nos trois derniers entraînements hivernaux, en plus de notre camp de printemps. C’est quand même beaucoup de retard qu’on prend, mais comme (la mesure) est provinciale, tout le monde va repartir au même point... en espérant qu’on puisse recommencer normalement en août », note François Laberge, entraîneur-chef des Gaillards.

Le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) a suspendu toutes les activités jusqu’au 30 juin et il devrait réajuster le tir à partir des nouvelles directives gouvernementales. « Présentement, même s’il est trop tôt pour penser jusque-là, j’ai quand même quelques scénarios prévus dans ma tête pour faire face à une saison écourtée, une rentrée tardive, etc. Je veux être prêt pour que si on me dit qu’on ne joue que quatre matchs, on puisse les jouer ces quatre matchs-là. » 

Quant au recrutement, le travail était presque terminé. Les pratiques écourtées ont peut-être fait en sorte que certains jeunes qui voulaient avoir la chance de se faire valoir ne l’auront pas eu. « Mais à 98 %, on a vu tout le monde qu’on voulait voir dans les deux premières pratiques et on savait vers où on s’enlignait », a-t-il conclu.