En plongeant pour tenter d'intercepter un coup, le joueur marocain Aziz Bouhaddouz a marqué dans son propre but, donnant une victoire de 1-0 à l'Iran.

Un but contre son camp coule le Maroc

SAINT-PÉTERSBOURG — Un but marqué contre son camp à la cinquième minute du temps additionnel a offert à l’Iran une victoire de 1-0, vendredi, aux dépens du Maroc à la Coupe du monde.

Envoyé sur le terrain à la 77e minute, l’attaquant marocain Aziz Bouhaddouz a plongé pour intercepter un coup franc dirigé dans la surface, mais il a malencontreusement redirigé le ballon dans son propre filet.

Pendant que Bouhaddouz dissimulait son visage dans le gazon et qu’il était consolé par certains de ses coéquipiers, on a eu droit à une explosion de joie parmi l’équipe iranienne, le personnel d’entraîneurs et les substituts s’amenant en trombe sur le terrain et bondissant de joie.

Il s’agissait de la deuxième victoire de l’Iran en 13 matchs à la Coupe du monde (l’autre est survenue en 1998 contre les États-Unis) et la première d’un pays d’Asie depuis le tournoi de 2010 en Afrique du Sud.

Dépassée, la formation iranienne n’a fait que défendre, se procurant toutefois l’occasion la plus dangereuse du match sur une contre-attaque avant la mi-temps.

Mais Azmoun, l’attaquant vedette de la «Team Melli», pourtant seul face au gardien, a buté sur El Kajoui.

Ce fut sans doute le meilleur moment iranien, l’espace d’un instant fugace. Car le reste n’a été qu’à l’avantage des Marocains, les Iraniens se contentant d’imprimer une certaine intensité physique, flirtant souvent avec la limite.

Départ canon

Dommage pour le Maroc, bien au-dessus pendant l’essentiel de la rencontre. Les hommes d’Hervé Renard ont en effet outrageusement dominé, à l’image de ces 20 premières minutes à sens unique, marquées par 83 % de possession en faveur des «Lions de l’Atlas».

«On s’est fait crucifier», a regretté le technicien français. Les vingt premières minutes ont été largement en notre faveur. Il aurait fallu faire la différence à ce moment-là. [...] Dans le football, quand vous n’êtes pas réalistes, vous le payez cash. [...] Il faut parfois faire le nécessaire pour ne pas perdre les matchs quand on ne fait pas ce qu’il faut pour les gagner.»

«Je savais que les Marocains partiraient fort comme ça pendant les 20 premières minutes. Nous avons essayé de les faire s’effondrer mentalement, de créer de la frustration, de bloquer leurs meneurs de jeu», a de son côté avoué le sélectionneur de l’Iran, Carlos Queiroz, dont l’équipe disputera son prochain match le 20 juin contre l’Espagne.

«On a créé de la panique dans leur équipe et le match a changé. On a su qu’on pouvait gagner», a continué le Portugais. «Des fois, il faut de la chance, mais il n’y a rien de miraculeux dans cette victoire.»

«Superman, c’est dans les bandes dessinées. Ce qui peut se produire en revanche, c’est qu’un groupe uni, qui travaille en harmonie, peut aboutir à de super résultats. Je ne suis pas Superman», a poursuivi l’ancien entraîneur du Real Madrid.

Si la deuxième demie a été un peu plus équilibrée, c’est à nouveau le Maroc qui a été le plus entreprenant. Dans la douleur, puisque les tacles et les mauvais coups ont plu sur la pelouse de Saint-Pétersbourg.

«C’est fou», a avoué l’attaquant iranien Alireza Jahanbakhsh. «J’ai pleuré, j’ai eu la chair de poule. [...] J’ai parlé avec ma famille et mes amis et ils disent que les gens deviennent fous dans les rues et c’est tout ce qui compte.»

Quant aux Marocains, ils tenteront de faire oublier leur revers le 20 juin, alors qu’ils auront la mission de stopper Cristiano Ronaldo et le Portugal.

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DIFFUSION INTERDITE DANS LES LIEUX PUBLICS

Les autorités de Téhéran ont annulé la retransmission vendredi dans le stade et les jardins publics de la ville du premier match de l’Iran au Mondial 2018 de football, contre le Maroc.

Du coup, les Iraniens passionnés de soccer se sont pressés dans les salles de cinéma où était diffusé le match, remporté par leur pays 1-0, ainsi que dans certains cafés à la mode. Les autorités avaient dans un premier temps annoncé que les familles pourraient se rendre au Stade Azadi pour suivre la rencontre, une première.

Mais le site d’informations sportives Khabar Varzeshi a rapporté que ce projet avait été annulé à la dernière minute, sans explications. Il a toutefois précisé que les responsables du stade tentaient d’obtenir des autorisations pour les autres matches de groupe de l’Iran, contre l’Espagne et le Portugal.  AFP

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LE BRUYANT RETOUR DES VUVUZELAS

Elles avaient été une des «vedettes» de la Coupe du monde 2010. Huit ans plus tard, les vuvuzelas, ces bruyantes trompettes qui avaient servi de bande-son en Afrique du Sud, ont effectué un retour à l’occasion du match entre le Maroc et l’Iran, vendredi, à Saint-Pétersbourg. Long de 60 cm, en plastique, ce tube a été le son du Mondial sud-africain, divisant l’opinion avec son bruit de fond caractéristique. Interdite de stade lors de l’Euro 2016 en France, la vuvuzela avait réalisé un retour marqué la veille avec une vidéo montrant un ours fêtant la large victoire de la sélection russe devant l’Arabie saoudite (5-0) avec cet instrument.  AFP

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TROP DE CHAUSSETTES

On entend beaucoup parler de la ferveur islandaise pour le soccer, surtout depuis l’Euro 2016, où la sélection nationale avait atteint la demi-finale. Pourtant, certaines voix s’élèvent sur l’île contre l’équipe, à qui on reproche un surplus de... chaussettes! En effet, les Islandais ont indiqué à la presse avoir emmené pas moins de 2900 paires de chaussettes en Russie. «Excessif et gaspilleur», s’énerve le groupe environnemental Vakandi, qui milite pour la réduction des déchets. Un représentant de la fédération a promis que les chaussettes non utilisées rentreraient en Islande et seront à d’autres équipes.  AFP

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LULA CONSULTANT... DE SA CELLULE

L’ex-président brésilien Lula, incarcéré depuis deux mois pour corruption, entamera la semaine prochaine une nouvelle carrière de consultant sportif, commentant par écrit l’actualité du Mondial 2018 pour une chaîne de télévision locale de Sao Paulo. «Nous avons un nouveau consultant exclusif, Luiz Inacio Lula da Silva. Ce n’est pas une blague», a affirmé dans une vidéo sur Facebook José Trajano, présentateur de l’émission quotidienne à laquelle l’icône de la gauche participera à distance. La première chronique du consultant-prisonnier sera lue lors de l’émission de lundi, au lendemain du premier match du Brésil en Russie, contre la Suisse, sur la chaîne TVT, liée au syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo do Campo, qu’il a présidé dans les années 1970.  AFP