Sylvain Lavoie (à droite) a fini en 2e position du 160 kilomètres (100 miles) du Bromont Ultra couru en fin de semaine. L’épreuve a été remportée par Jean-François Cauchon en 19 h 46mn49.

Un bel exploit de Sylvain Lavoie de 160 km

Le Jonquiérois Sylvain Lavoie a réussi tout un exploit, dimanche, en s’emparant de la 2e position à sa toute première participation à l’épreuve de 160 kilomètres (100 miles) du Bromont Ultra, Un podium après rien de moins que... 23 heures 45 minutes et 38 secondes d’effort ! D’ailleurs, pour ce coureur d’ultra trail, il est clair qu’il aurait abandonné en cours de route s’il n’avait pas eu son amoureuse, Isabelle Simard, pour le soutenir durant cette éprouvante course.

Joint lundi, Sylvain Lavoie (UltraViolet) était en pleine forme et d’excellente humeur même s’il a terminé cette odyssée en sentier tôt dimanche matin. Parti samedi matin sur le coup de 7 h, il a franchi l’arrivée dimanche, vers 6 h 40. Évidemment, la portion de nuit a été la plus difficile, car en plus du froid, les coureurs ont dû composer avec un orage.

Heureusement, l’athlète de 40 ans avait pas mal de kilomètres d’expérience derrière la cravate cette année. Il avait participé au 100 kilomètres du Québec Méga Trail et au 125 kilomètres du Harricana, dans Charlevoix.

« Je finissais ma saison avec le 160 kilomètres du Bromont Ultra. Sauf que pour les deux premiers, je m’étais beaucoup entraîné et je m’étais préparé mentalement. Mais pour le Bromont Ultra, j’avais juste un mois de repos entre les deux. Après une longue course comme le Harricana, il faut décrocher et c’est ce que j’ai fait. De sorte que je n’ai recommencé l’entraînement qu’une semaine avant le Bromont Ultra », raconte celui qui a ressenti son manque de préparation psychologique durant les 40 premiers kilomètres.

« Mentalement, c’était très difficile et au début, je voulais quasiment arrêter. Après 45 kilomètres, il y avait un ravitaillement et il y avait ma blonde et du monde “peppé”, ce qui m’a motivé à continuer, relate-t-il. Le premier 80 kilomètres s’est super bien déroulé au niveau des conditions météo. Durant la nuit, il a commencé à faire extrêmement froid et il est tombé tout un orage. Ma première lampe frontale a cessé de fonctionner après cinq heures de course et les batteries de ma deuxième lampe m’ont lâché un peu avant d’arriver à un ravito où il y avait des batteries de rechange », se souvient le Jonquiérois qui n’avait que des éloges pour l’organisation.

Un 2 $ prémonitoire

« Aux ravitaillements, il y a de l’énergie. Les gens sont contents et nous sommes accueillis avec des trompettes. Ça nous encourage à continuer parce que pendant 160 kilomètres, on a des hauts et des bas. » Cela dit, il a développé une belle complicité avec un autre coureur québécois, Samuel Tousignant (3e en 23 h 50mn21), qui estime d’ailleurs avoir vécu son plus agréable ultra.

« Entre le 50e et le 100e kilomètre, j’ai eu de super bons moments en sa compagnie et on a même chanté ensemble, rigole-t-il. On a couru les 100 premiers kilomètres ensemble. Et petite anecdote, j’ai trouvé une vieille pièce de 2 $ dans la montagne vers le 60e kilomètre et Samuel m’a dit que j’allais finir deuxième. Je l’ai gardé dans mon sac Salomon tout le long de la course et comme de fait, j’ai fini deuxième ! »

Si la présence de sa douce aux ravitaillements l’a requinqué, Sylvain Lavoie est convaincu qu’il aurait abandonné si Isabelle ne l’avait pas accompagné pour les 40 derniers kilomètres à titre de « pacer ». « Je ne croyais pas trop à ça, un “pacer”, mais c’est tellement important, avoue-t-il. Isabelle m’avait aidé pour les 25 derniers kilomètres du Québec Méga Trail et si elle n’avait pas été là, je n’aurais pas fini la course. Elle a de l’expérience et elle m’aide à garder mon focus, car avec la fatigue des 15-20 heures de course, ça devient un peu mécanique. »

Faut dire qu’Isabelle Simard est elle aussi une bonne athlète, ayant remporté le LK50 l’an dernier chez les femmes et conclu en 5e place au 65 kilomètres de l’Harricana. « Courir avec ma blonde, c’était vraiment un moment magique. Je suis parti 12e dans les 32 premiers pour remonter en 9e place vers les 60e kilomètres. Du 60e au 100e kilomètre, j’étais 6e ou 7e. Et au 120e, j’étais 5e pour remonter en 4e place. Puis, les deux premiers ont abandonné », se remémore celui qui a signé la meilleure performance régionale au Bromont Ultra.

Stratégie

« Durant la nuit, il faut savoir bien gérer son énergie et être stratégique. Il faut courir intelligemment », résume celui qui savoure cette deuxième place. « Si tu m’avais posé la question l’an dernier, je t’aurais dit oui, mais cette année, j’ai tellement travaillé fort. J’ai 3500 kilomètres dans les jambes cette année et j’ai bien fait les choses. Elle est méritée. »

Parmi les autres coureurs de la région, signalons la 4e position de Stéphan Perron (24 h 34mn43) et Michel Bernard (31 h 23mn14), 31e chez les hommes. Chez les femmes, la Saguenéenne d’adoption, Joëlle Hébert (UltraViolet) a elle aussi signé un bel exploit, en finissant deuxième chez les femmes.