Depuis lundi, les entraînements avec les mitaines sont à nouveau permis dans les clubs de boxe. Entraîneure au Club de boxe de Chicoutimi, Véronique Dufour ne semble pas avoir trop perdu la main lors de la démonstration avec Michel Desgagné lundi.
Depuis lundi, les entraînements avec les mitaines sont à nouveau permis dans les clubs de boxe. Entraîneure au Club de boxe de Chicoutimi, Véronique Dufour ne semble pas avoir trop perdu la main lors de la démonstration avec Michel Desgagné lundi.

Un autre pas dans la bonne direction au Club de boxe de Chicoutimi

Après avoir ouvert ses portes la semaine dernière, le Club de boxe de Chicoutimi a pu faire un pas de plus vers un retour à des entraînements plus conventionnels puisque depuis lundi, les entraîneurs peuvent recommencer à travailler avec leurs athlètes en utilisant les mitaines (pads).

Lors de l’entrevue mardi matin, l’entraîneure Véronique Dufour a d’ailleurs pu renouer avec cet exercice en compagnie de Michel Desgagné, le pilier du club. «Je suis stressée tellement ça fait longtemps», s’est-elle exclamée en riant avant de frapper les mitaines avec vigueur. Ce qui est certain, c’est qu’elle n’avait pas l’air d’être trop rouillée malgré les quatre mois loin du club!

Toutefois, la façon de faire dans un contexte de pandémie est évidemment plus complexe. De fait, Michel Desgagné devait arborer masque et visière pour cet entraînement. «On s’habitue», confirme-t-il quant au travail avec le port combiné masque/visière, visière qui ne peut être remplacée par des lunettes dans ce cas-ci.

Bien sûr, les athlètes ne peuvent pas encore reprendre les combats simulés, mais c’est quand même une autre étape du plan de relance de la Fédération québécoise de boxe olympique qui compte trois grandes phases. La première, qui comporte les étapes A et B, est maintenant franchie. La prochaine étape à franchir, la phase 2, autorisera un retour des combats simulés (sparring) en «cellule», c’est-à-dire en sous-groupe de quatre personnes ou moins. Ce quatuor devra toujours s’entraîner ensemble pour justement limiter les risques de propagation du virus.

Bonne collaboration
Président du club de boxe, Denis Gravel avoue que la réponse de la clientèle face à l’ensemble des consignes sanitaires à respecter se déroule très bien et est même au-delà des attentes. Pour sa part, il s’occupe de l’entraînement Récréo-boxe et ses troupes sont déjà sensibilisées aux procédures de désinfection. Selon lui, les gens avaient tellement hâte de recommencer à s’entraîner que de devoir se plier aux consignes est un petit compromis qu’ils sont prêts à faire. «Les gens ne veulent pas retourner en arrière et moi, je veux que ça fonctionne et je fais respecter les règles», dit-il.

Même si le club est en saison morte, l’intérêt est bien présent, mais le nombre d’inscrits doit être limité. «D’habitude, on est 25-30 et actuellement, on a droit à 18 personnes en m’incluant comme entraîneur. Présentement, je tourne autour de 10 à 12 personnes par cours», mentionne-t-il.

«Il y a présentement une recrudescence causée par le désir des gens de recommencer à s’entraîner. Mais par rapport au même cours l’an dernier, je suis quand même à la moitié.»

Président du Club de boxe de Chicoutimi, Denis Gravel s’assure du respect des consignes sanitaires dans le gymnase et de la désinfection de l’équipement. La clientèle collabore d’ailleurs très bien.

Entraînement de boxe

Pour la boxe, Véronique Dufour, qui est entraîneure avec Alex Tremblay, confirme que la reprise des activités se déroule de façon bien différente que ce qui se faisait par le passé. «On apprend à faire de l’entraînement de boxe différemment. C’est sûr que la séance est écourtée. On faisait habituellement des séances d’une heure et demie à deux heures avec la technique de base d’entraînement, puis un peu de technique rapprochée pour ensuite finir dans le ring par des combats d’entraînement. Là, on ne peut plus faire ça. On ressemble plus à un centre de crossfit dans le sens où on fait de l’entraînement (sac, push-up, etc.) avec le deux mètres de distanciation», explique-t-elle.

«On fait des stations, de sorte que les gens pratiquent plus leur côté technique, la force musculaire et le cardio pour garder la forme, mais je n’enverrais personne dans le ring à ce moment-ci!».

Sur rendez-vous
N’entre pas qui veut quand il le veut. Les gens doivent prendre rendez-vous avant de se présenter au gymnase pour des séances et ils ne peuvent arriver plus de 15 minutes à l’avance. Ils doivent se désinfecter les mains à l’entrée et inscrire leur nom et numéro de téléphone. Ils doivent aussi signer une reconnaissance des risques. «On prend les présences et quand le cours commence, je viens barrer la porte», souligne Denis Gravel qui limite ainsi les accès au gymnase.


« On ne comprend pas trop la réflexion à l’égard des sports de combat. À la limite, qu’ils permettent des groupes qui travaillent toujours ensemble. On n’est pas reconnu comme des rebelles. C’est un sport de discipline très intense, alors on ne comprend pas trop le cheminement des idées. »
Véronique Dufour

Une fois la séance terminée, les gens quittent, car il n’y a pas d’accès aux vestiaires et les lieux sont à nouveau désinfectés, et ce, même si les équipements l’ont été tout au long de la séance.

Reprise automnale
Bien que ce soit la saison estivale, les dirigeants du club s’interrogent évidemment sur l’évolution de la situation à l’automne. Les opinions divergent quant à un retour à des entraînements plus conventionnels dans un avenir pas si lointain. Bien sûr, pour le trio comme pour bien des gens évoluant dans le milieu de la boxe, les réticences de la Santé publique sont difficiles à comprendre.

«On ne comprend pas trop la réflexion à l’égard des sports de combat. À la limite, qu’ils permettent des groupes qui travaillent toujours ensemble. On n’est pas reconnu comme des rebelles. C’est un sport de discipline très intense, alors on ne comprend pas trop le cheminement des idées», avoue Véronique Dufour qui ne s’attend pas à ce que la boxe retrouve un semblant de normalité avant qu’un vaccin soit disponible.

Michel Desgagné, lui, reste optimiste. À son avis, la Santé publique préconise la politique des petits pas pour la boxe, comme en témoigne l’ajout de l’entraînement à la mitaine cette semaine. Ce dernier croit que l’entraînement et le combat de Kim Clavel pourront servir de référence pour la suite des choses.

Des autocollants permettent d’identifier la distanciation à respecter par la clientèle qui fréquente les installations du Club de boxe de Chicoutimi. Et pour s’assurer du respect du deux mètres, les dirigeants ont aussi retiré des sacs d’entraînement.

«Je parle souvent avec la Fédération et pour l’instant, il n’y a rien qui s’ajoute de plus. J’espère que ça roule à l’automne. Le fait de porter nos masques pour faire de la mite, c’était quelque chose qu’on n’avait pas il y a une semaine, rappelle-t-il. Et il y a le combat de Kim Clavel (mardi soir à Las Vegas). On va voir comment ça va se passer.»