L’Italien Edoardo Stochino est de retour à Roberval pour défendre son titre.

Traversée: un titre à défendre, une couronne à ravir

L’un est venu défendre son titre, l’autre est arrivée pour occuper le siège du trône laissé vacant. Champion de la 64e édition de la Traversée internationale du lac Saint-Jean l’an dernier, Edoardo Stochino est de retour avec l’intention de conserver sa couronne, tandis que Morgane Dornic, deuxième en 2018, espère profiter de l’absence de la championne pour écrire son nom parmi les meilleures.

Première femme à toucher la plaque il y a un an, Barbara Pozzobon a décidé de faire l’impasse sur la Traversée cette année. Dornic était arrivée deuxième, à 19 secondes de la victorieuse.

Rencontrée lors de la traditionnelle rencontre avec les médias, mercredi après-midi, à quelques heures d’un bain de foule pour le Souper dans les rues de Roberval, Morgane Dornic a évité de regarder trop loin devant, même si la volonté de bien faire est présente.

« C’est sûr qu’on a toujours envie de faire mieux, donc ça serait maintenant de viser la première place, mais c’est une course de 32 kilomètres alors tout peut arriver, a soulevé l’athlète de 20 ans. Je pars quand même avec l’envie de gagner cette traversée chez les femmes. »

Morgane Dornic vivait une première Traversée l’an dernier. Elle sait à quoi s’attendre, sachant très bien que le lac Saint-Jean montre rarement le même visage deux années de suite.

« À un certain moment l’année dernière, j’avais vraiment l’impression que le lac était contre nous, avec toutes ces vagues de face à mi-chemin, a-t-elle rappelé. Il semblait nous faire comprendre qu’on n’était pas supposés être là ! C’est également arrivé à un moment de la course où il y a toujours une baisse au niveau mental. Il faut savoir gérer tout ça en sachant qu’on vient de nager quatre heures, mais qu’il nous en reste quasiment autant. »

Morgane Dornic est arrivée deuxième l’an dernier.

La Française originaire de Morlaix a regardé la liste de ses adversaires de samedi, mais elle a rappelé que sur une longue distance, vaut mieux se concentrer sur son propre travail.

« Je me bats pas mal contre moi-même, a-t-elle souligné. On ne sait jamais comment ça va se passer au final. Il y a des noms, mais en eau libre, on n’est pas toutes égales au départ. »

Stochino décontracté

Arrivé à Roberval mardi soir après un long vol et une journée à voyager en auto, Edoardo Stochino paraissait à la fois confiant et un peu détaché de la situation, mercredi, lors de son entretien avec les scribes.

« Je pense que je suis en forme, et je l’espère, a lancé le sympathique Italien. Mon but est de défendre mon titre et de remporter une autre victoire. Je connais actuellement une saison normale. Les meilleures courses s’en viennent et ma préférée est la Traversée. J’aime la température de l’eau, j’aime que ce soit du point A au point B et il y a toujours beaucoup de gens à l’arrivée. J’aime tout de Roberval. »

Présent pour une sixième fois au Lac-Saint-Jean, Edoardo Stochino a parlé de son compatriote Francesco Ghettini comme prétendant au titre, en plus du Néerlandais Marcel Schouten (premier au 10 km l’an dernier) et de l’Argentin Damian Blaum. Sauf que sur une longue distance, dans un lac Saint-Jean imprévisible, bien malin celui qui pourrait prévoir le déroulement de la course.

« C’est impossible de prédire le gagnant parce qu’il y a beaucoup de probabilités », a fait savoir Edoardo Stochino, qui a pris soin de garder sa stratégie secrète.

« Je vais voir et rester derrière », a-t-il annoncé, avant de sourire et d’ajouter : « Je vais faire comme l’an dernier, ou peut-être utiliser une autre stratégie, a-t-il lancé, en riant. Pour le moment, je ne sais pas. »

Une chose est sûre : Edoardo Stochino ne veut rien savoir de la combinaison thermique. « Si on peut l’utiliser, je m’en vais », a ajouté celui qui a décidément le sens de la répartie.

EN RAFALE

• Si le départ avait eu lieu mercredi, les nageurs auraient eu le choix de porter la combinaison thermique (wetsuit). Au moment de prendre la température du lac Saint-Jean mercredi matin, le thermomètre indiquait 67,7 degrés Fahrenheit, soit 19,83 degrés Celsius. Le règlement de la Fédération internationale de natation stipule que les nageurs sont dans l’obligation de porter une combinaison thermique si la température de l’eau est inférieure à 18 degrés Celsius. Le wetsuit est interdit si l’eau est à plus de 20 degrés Celsius, mais entre 18 et 20 degrés Celsius, c’est à la discrétion du nageur. Edoardo Stochino, gagnant l’an dernier sans combinaison thermique, craint que son port soit permis, ce qui aurait pour effet de favoriser certains nageurs moins à l’aise dans l’eau froide. 

• Parlant de nageur peu confortable dans des eaux plus glaciales, Guillermo Bertola avait peiné l’an dernier en sortant du lac gelé comme un glaçon et blanc comme un drap. Il y a deux ans, il avait pourtant été sacré champion du 32 km avec une combinaison thermique.

• Les vaillants bénévoles pourront respirer un peu jeudi puisqu’aucune compétition sportive n’est à l’horaire. Lors des dernières années, le 10 km FINA se déroulait le jeudi, ce qui donnait trois journées chargées pour l’organisation. La tenue du 10 km dimanche dernier a permis à tout le monde de souffler, en plus d’attirer davantage de spectateurs.