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Philippe Belley et sa fille Clara à leur arrivée à Roberval, en août dernier.
Philippe Belley et sa fille Clara à leur arrivée à Roberval, en août dernier.

Traversée du lac Saint-Jean: une aventure père-fille riche en découvertes

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
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Même si le confinement l’a forcé à redoubler d’imagination pour s’entraîner et à puiser au fond de lui-même pour trouver la motivation nécessaire, Philippe Belley garde les yeux rivés sur son objectif, de l’autre côté du Piékouagami. Au-delà de l’épreuve et du documentaire qui en résultera, le réalisateur saguenéen découvre en chemin toute la profondeur de ce grand lac et la grande histoire de sa traversée.

Avec la fermeture des piscines publiques au cours des derniers mois, Philippe Belley a connu un certain creux de vague. Inspiré par la constance de sa fille Clara, avec qui il s’est jeté à l’eau dans ce projet, tout comme par les récits « hallucinants » de ses prédécesseurs, il s’est cependant vite ressaisi, ressortant son fat bike du garage et usant de la réalité virtuelle pour s’entraîner.

Des alternatives qu’il peut désormais combiner à la nage dans les piscines publiques, mais qu’il a bien hâte de remplacer par des entraînements dans de vrais cours d’eau, cet été.

« Le gros défi, c’est quand l’eau libre arrive est que tu peux nager plus que 55 minutes à la fois. […] L’eau libre, c’est la liberté totale, c’est les grands espaces, c’est la nature, c’est les levers et les couchers de soleil, le courant qui te transporte par moment, les vagues de fou qui te font te demander ce que tu fais là. La piscine, c’est sec, ça pique les yeux à la longue, tu as la peau sèche, les cheveux dégueu », dit-il en riant.

De toute façon, l’entraînement, c’est un « prétexte » dans cette aventure. La porte d’entrée vers plus grand. D’abord au cœur d’une histoire aussi riche que les archives qui la racontent, d’un évènement vieux de plus de 65 ans, donc les premiers acteurs ne disposaient pas d’installations et de techniques aussi développées qu’aujourd’hui.

Puis vers des rencontres inspirantes, réalisées en marge du documentaire qui sera éventuellement présenté à Radio-Canada, avec des gens qui ont déjà vécu ce sentiment d’arriver à l’autre bout du lac Saint-Jean, 32 kilomètres plus tard.

« On a vraiment fait des rencontres trippantes et des découvertes le fun. Ça aide aussi la préparation. […] Les gens qui l’ont faite sont capables de te transmettre des choses, comme croire en toi, ne pas voir trop loin quand tu le fais, y aller un pas à la fois, doucement, garder le moral, avoir la bonne attitude. Ce sont plein de principes tout simples, mais dont tu te rappelles quand tu es un peu découragé après une heure et demie de nage. »

Parmi les autres rencontres faites par Philippe Belley depuis le début de cette aventure, en 2019, celle avec sa fille Clara, chez qui il découvre des traits jusque-là insoupçonnés, « une constance, une force » hors de l’ordinaire pour une jeune de 15 ans. En pratiquant la même discipline et en partageant un objectif commun, il a l’impression de parler « la même langue » qu’elle.

« C’est sûr que ça va marquer notre relation père-fille. Peu importe le résultat où on se rend, en bout de ligne ce n’est pas tellement grave. On va avoir travaillé dans ce sens-là ensemble pendant presque deux ans, 22 mois à se dire : OK, on fait ça ensemble dans deux ans. »

Philippe Belley est aussi parti à la rencontre de lui-même dans ce processus, trouvant des leçons qui dépassent le cadre de l’entraînement, « une façon de voir la vie », de se dépasser.

Lui et sa fille ont relevé un premier défi, l’été dernier, en effectuant la traversée du lac à relais. Cela leur a donné une bonne perspective du défi à relever, en août prochain, eux qui restent pleinement conscients du « monde de différences » entre une nage de 10 et de 32 kilomètres.