Traversée du lac Saint-Jean: mission accomplie pour Heidi

Heidi Levasseur ne l’a pas eu facile au cours des dernières heures, mais elle a réussi à rallier la Place de la Traversée de Roberval pour compléter sa traversée aller-retour du lac Saint-Jean, la première depuis 1989.

Partie à 20 h 45 vendredi soir, elle a touché le panneau d’arrivée à 18 h 35 samedi soir. Une épopée de tout près de 22 heures durant laquelle, elle a dû puiser au fond d’elle même pour terminer. « Je suis tout allé chercher. Ce n’est pas parce que les conditions étaient difficiles, mais durant la nuit j’ai eu des haut-le-cœur et des nausées, même jusqu’aux vertiges. »

« Enfin j’arrive à cette fameuse rade que j’espère depuis plusieurs kilomètres. J’étais fière. Je vais profiter des derniers coups de bras, même si mes bras me font tellement mal. » C’est ce que Heidi Levasseur s’est dit lorsqu’elle a aperçu le panneau d’arrivée.

Bien qu’elle pensait le faire en moins de temps, elle ne s’arrête pas sur ce point. « Je pensais que ça me prendrait moins de temps. Des fois on pense arriver à un objectif dans un temps précis, mais l’important c’est d’aller jusqu’au bout, d’être plus patient et plus persévérant. C’est la grande leçon que j’ai apprise aujourd’hui. »

Heidi Levasseur peinait à trouver ses mots, quelques instants après sa triomphale arrivée, où quelques dizaines de personnes l’attendaient. « C’est un mélange de joie... de... je suis comme ébahie. »

Elle était à fleur de peau en voyant l’accueil que lui réservaient les gens présents. « On est tellement bien reçu au lac, mais là c’est vraiment incroyable. Il y a les bateaux qui me suivaient depuis longtemps. Je me sens dépassé par les événements. J’ai quasiment les larmes aux yeux. »

Elle a avoué qu’elle a passé près d’abandonner à mi-chemin. « Rendue à Vauvert, je n’étais pas sûre de revenir. J’ai pris une petite pause de plusieurs minutes. Mon copain m’a fait un petit massage dans le cou. J’ai stabilisé les choses et finalement je suis partie, raconte la nageuse de 39 ans. Je ne pouvais pas laisser tomber les gens qui m’ont encouragée. Fallait que j’aille jusqu’au bout. Je pense que c’est ça qui m’a poussée ».

Elle tenait aussi a remercier ses trois compagnons de route. « Si j’avais été seule là-dedans, peut-être que j’aurais abandonné, mais étant donné qu’il y avait des gens autour, des bonnes personnes, trois personnes fortes qui m’ont encouragée tout le long. » Elle a ensuite souligné l’importance de son équipe. « Même si c’est un exploit que j’ai fait, c’est comme si on l’avait fait tous ensemble. »

Avant le départ, elle voulait dédier son exploit à Jacques Amyot, le premier homme à réussir la traversée du lac Saint-Jean à la nage en 1955. Pour Mme Levasseur, c’est mission accomplie. « Dans les derniers kilomètres, j’ai pensé à M. Amyot, à Mme Cossette et à toute l’organisation de la Traversée. » M. Amyot est décédé en septembre 2018. De son côté, Christine Cossette a été la première personne à réaliser la traversée aller-retour en 1984. Elle avait mis 18 heures et 27 minutes pour réaliser l’exploit à 22 ans.

Elle ne compte pas s’arrêter là. « Je ne sais pas pourquoi, mais ces défis-là m’appellent. À chaque fois, je sais que ça me rend plus forte. » Elle devrait tenter la traversée de l’Atlantique dans les prochains mois. Si elle réussit cette traversée, elle sera la première personne à réaliser l’exploit.